Dévoilé aujourd’hui, le parcours du Tour de France 2019 (qui se déroulera du 6 au 28 juillet) met le cap sur la (très) haute montagne, avec pas moins de sept cols ou ascensions dépassant les 2000 m d’altitude. Trois étapes seront au programme dans les Alpes (Embrun / Valloire, Saint-Jean-de-Maurienne / Tignes et Albertville / Val Thorens) en toute fin de Tour.

Avec 30 cols ou ascensions classés en 2è, 1ère ou hors-catégorie, le Tour de France 2019 s’annonce comme le plus montagneux depuis 1987 (29 cols classés). Mais pour autant, il ne s’annonce pas taillé pour les purs grimpeurs, puisqu’on comptait plus d’ascension hors-catégorie cette année (neuf) qu’en juillet prochain, où elles seront au nombre de cinq (cols du Tourmalet, de l’Izoard, du Galibier, de l’Iseran et montée de Val Thorens). La proportion de contre-la-montre est semblable à ces dernières années, avec un contre-la-montre par équipes de 28 km autour de Bruxelles dès la deuxième étape, et un autre individuel de 27 km (avec seulement une côte de 1 km à 7%) autour de Pau lors de la 13ème étape. Mais, différence fondamentale avec ces dernières années, ce deuxième et dernier contre-la-montre étant placé en fin de deuxième semaine (et non la veille de l’arrivée), il laissera aux grimpeurs des opportunités de reprendre le temps perdu dans les dernières étapes de montagne. A priori une très bonne nouvelle pour les Romain Bardet et autre Thibault Pinot, loin d’être des spécialistes de l’effort solitaire.

En juillet dernier, Albertville avait accueilli le départ d’une étape du Tour de France en direction de la Rosière © Ville d’Albertville

Placées en dernière semaine, les Alpes auront la part belle dans cette édition 2019. Certes, seulement trois étapes alpestres figurent au programme, mais quelles étapes ! D’abord Embrun-Valloire (18ème étape, 207 km, jeudi 25 juillet) avec quatre cols de plus de 2000 m d’altitude au programme, dans l’ordre Vars (escaladé côté Ubaye), l’Izoard (par son versant le plus prestigieux, via la Casse Déserte) et l’enchaînement Lautaret-Galibier depuis Briançon, le sommet de ce dernier étant situé à 18 km de l’arrivée, à Valloire. Vendredi 26 juillet, une étape de 123 km attend les coureurs entre Saint-Jean-de-Maurienne et Tignes, via la montée d’Aussois, le col de l’Iseran (versant Bonneval-sur-Arc, le plus dur, qui n’avait pas été escaladé par le Tour depuis… 1963 !) et la montée finale sur Tignes depuis les Brévières. Seul bémol, le sommet de l’Iseran  se trouve un peu loin de l’arrivée (à 38 km), et la montée finale sur Tignes étant peu sélective, il existe un réel risque que les cadors escamotent cette étape. Et ce d’autant plus que celle du lendemain, à la veille de l’arrivée à Paris, s’annonce copieuse entre Albertville et Val Thorens. Pas très longue (131 km) mais intense avec 4563 m de dénivelé positif cumulé. Trois ascensions au menu : le Cormet de Roselend depuis Beaufort (19,9 km à 6 %), la côte de Longefoy (6,6 km à 6,5 %) et la montée finale sur Val Thorens, via Saint-Laurent-de-la-Côte (33,4 km à 5,5 %). C’est d’ailleurs cette dernière étape qui servira de support, dimanche 21 juillet, à l’Etape du Tour amateurs, qui rassemble chaque année quelque 15000 cyclos venus du monde entier.

Le Slovène Primoz Roglic, ici sur les pentes du Galibier (versant Valloire) avait remporté l’étape La Mure –Serre Chevalier le 19 juillet 2017 © OT Valloire

Auparavant, les coureurs auront bien visité les Vosges, avec notamment une belle étape entre Mulhouse et la Planche-des-Belles Filles, forte de cinq difficultés répertoriées dont la montée finale sur la Planche des Belles-Filles, rallongée d’un kilomètre par rapport aux éditions précédentes (désormais 7 km à 8,7 %). Deux étapes de moyenne montagne (Mâcon-Saint-Etienne et Saint-Etienne/Brioude), propices aux baroudeurs, voire à des attaques de favoris (notamment Romain Bardet, originaire de Brioude) interviendront entre les Vosges et les Pyrénées. Ce dernier massif aura le droit à trois étapes en 2019. La première (Toulouse / Bagnères-de-Bigorre) a de fortes chances d’être escamotée par les cadors, car pas assez sélective (seuls Peyresourde et la Hourquette d’Ancizan sont au programme, avec le sommet de cette dernière situé à 30 km de l’arrivée) et surtout placée à la veille du contre-la-montre de Pau, pour lequel les favoris voudront garder des forces.

Si Valloire a très souvent vu passer le Tour, car située au pied du versant le plus prestigieux du col du Galibier (comme ici en 2017, à l’occasion de l’étape La Mure – Serre-Chevalier), elle n’avait jusqu’alors accueilli qu’une seule arrivée d’étape, en 1972 (victoire de Merckx).© OT Valloire

Les deux autres étapes pyrénéennes s’annoncent plus alléchantes, car s’achevant au sommet : Tarbes-Tourmalet (col de Soulor par Ferrières et ascension finale du Tourmalet côté Barèges) le samedi 20 juillet (14ème étape) et Limoux-Foix le dimanche 21 juillet, avec 4 difficultés répertoriées dont la montée finale au Prat d’Albis (11,8 km à 6,9 %).

Photo de une : Les Sky de Geraint Thomas et Christopher-Froome (qui porte ici le maillot jaune lors du dernier passage de la Grande Boucle à Valloire, en 2017) seront une nouvelle fois l’équipe à battre. © OT Valloire