Cet été, l’exposition temporaire du musée des Forges et Moulins de Pinsot est consacrée au patrimoine hydroélectrique du Haut-Bréda, la vallée au-dessus d’Allevard. Une plongée dans l’histoire des centrales et leur fonctionnement actuel, pour une découverte privilégiée de cet univers méconnu.

Les centrales hydroélectriques suscitent un regain d’intérêt aujourd’hui. À l’heure du réchauffement climatique, elles produisent une énergie renouvelable, sans émission de gaz à effet de serre. Elles constituent donc un patrimoine vital et vivant. “C’est une énergie durable aussi parce que le matériel dure. Ces centrales, inaugurées il y a cent ans, fonctionnent toujours. Et certaines conduites forcées, amenant l’eau depuis les hauteurs de la montagne, sont celles d’origine”, souligne Fabien Dugand, le responsable du musée des Forges et Moulins de Pinsot, sur la commune du Haut-Bréda.

Pose de la ligne électrique Haute-Tension entre la Centrale de Pinsot et les Forges d’Allevard en Février 1909 © Collection Forges et Moulins de Pinsot

C’est donc à ce patrimoine relativement méconnu qu’est consacrée l’exposition temporaire du musée cet été. Son nom : Eau Bréda, le patrimoine hydroélectrique du Haut-Bréda. Le torrent du Bréda, qui prend naissance aux lacs des Sept-Laux, a été équipé pour fournir de l’énergie aux papetiers du Grésivaudan et aux forges d’Allevard. Entre les années 1900 et 1920, plusieurs centrales ont été construites sur ce torrent, entre sa source et Allevard : Fond-de-France, Riondet, Pinsot… “Les lacs des Sept-Laux ont été mis en réseau pour créer une réserve d’eau, et alimenter les centrales en contrebas. L’utilisation de l’eau est optimisée : elle passe de centrale en centrale, avant de rejoindre le torrent”, précise Fabien Dugand.

Pose de la conduite forcée de la Centrale de Pinsot en1909 ©Collection Forges et Moulins de Pinsot

Une turbine et une conduite forcée dans le musée

L’exposition retrace la construction de ces centrales, avec un focus sur celle de Pinsot, grâce à un grand fonds iconographique. On voit ainsi l’apparition du bâtiment et des conduites forcées, toujours présents aujourd’hui dans le paysage. Des travaux qui ont duré à peine un an et demi : de quoi faire rêver les bâtisseurs actuels !

Des panneaux illustrés expliquent l’histoire de ces centrales, liée aux industries locales, et leurs principes de fonctionnement.

L’exposition montre aussi des objets techniques. Soit historiques, comme d’anciens cadrans de mesure. Soit actuels, comme une turbine ou une portion de conduite forcée, pour voir concrètement la taille de ces équipements. Et elle dévoile des tableaux du peintre local Étienne Albrieux, qui a représenté les centrales d’Allevard, à la demande des propriétaires des forges.

Une partie pédagogique détaille la logique d’exploitation de l’eau dans la vallée, ainsi que les avantages de l’hydroélectricité.

Salle des machines de la Centrale de Pinsot ©Fabien Dugand

Pour aller un peu plus loin sur le sujet, des visites guidées de la centrale de Pinsot, située juste à côté du musée, sont proposées tous les mercredis de juillet et août, à 16 h 15, sur réservation. Par ailleurs, un accompagnateur en montagne vous emmène sur le terrain, à la découverte du patrimoine hydroélectrique de la vallée. Ces balades gratuites — intitulées De La Ferrière à Pinsot, au fil du Bréda — sont programmées le 20 juillet et le 3 août, à 9 h 15.

L’exposition éclaire donc d’un nouveau jour ce patrimoine qui représente l’une des richesses de la vallée du Haut-Bréda. Une belle opportunité de se mettre au courant !

Jeanne Palay

5,50 € la visite du musée (sans supplément pour la visite de la centrale de Pinsot). Tél. 04 76 13 53 59

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