Avec deux sites d’escalade majeurs (la Culaz, idéal pour les débutants) et la Colombière (qui s’adresse davantage à des grimpeurs aguerris, avec néanmoins quelques voies plus faciles), le Grand Bornand a largement de quoi séduire les amateurs de grimpe. Sans oublier la via ferrata de la tour du Jalouvre, à la fois physique et aérienne.  

Située entre le Grand Bornand village et le Chinaillon, la falaise de la Culaz est un « super spot pour débuter l’escalade, selon Jean-François Exertier, du bureau des guides du Grand Bornand. La marche d’approche est rapide – à peine cinq minutes depuis le parking – et on y trouve de nombreuses voies cotées 3, 4 ou 5 (c’est-à-dire les plus faciles, la cotation en escalade allant du 3 au 9 pour les voies les plus difficiles), qu’on peut en outre souvent équiper par le haut. » Cette falaise en calcaire présente également l’avantage d’avoir des prises très franches, très rentrantes. « Il y a même une voie qui s’appelle Les Manoilles en folie (« manoille » signifiant « poignée » en patois), cotée 4c », explique Jean-François Exertier. 

Au Grand Bornand, on peut commencer l’escalade très jeune (dès 5 ans), grâce à des voies particulièrement adaptées pour les enfants (crédit : AlpCat Médias – OT Le Grand Bornand)

Même des enfants encore petits y trouveront leurs bonheurs : « Certaines voies de 5 ou 6 mètres de haut, qui sont plutôt des pentes inclinées à 45 degrés qu’une véritable paroi verticale, sont accessibles à des enfants de 4 ou 5 ans », poursuit le guide, en précisant que le bureau du Grand Bornand organise des stages et séances d’escalade à partir de 5 ans sur ce site de la Culaz.  

Autres atouts de cette falaise : des points de protection rapprochés (tous les mètres au lieu de 2 ou 3 sur des voies « classiques »), pour s’initier à grimper en tête en réduisant les risques en cas de chute ; un rocher qui sèche très vite (« à peine en une heure, même après une demi-journée continue de pluie ») ; un point d’ancrage installé au pied de chaque voie facile, afin de faciliter l’assurage, même en cas de différence (importante) de poids entre l’assureur et le grimpeur ; sans oublier une vue magnifique sur la chaîne des Aravis, et même la possibilité d’apercevoir des bouquetins qui se promènent assez souvent au-dessus de la falaise (plutôt en fin de journée).   

crédit : Esprit Outdoor – Le Grand Bornand

Si vous cherchez des voies plus longues (d’une vingtaine à une centaine de mètres, contre plutôt 15-20 m à la Culaz), c’est sur la falaise de la Colombière qu’il faut vous rendre. Située environ 200 m de dénivelé plus haut que le col éponyme, bien connu des cyclistes (accessible en environ 30 minutes de marche), elle propose davantage de voies qui s’adressent à des grimpeurs aguerris (cotées jusqu’à 8 pour les plus difficiles). « Les voies sont plus longues, souvent de deux ou trois longueurs, avec des manœuvres en relais, des descentes en rappel… C’est aussi très varié, avec du rocher très vertical dans certaines zones, du rocher à trous dans d’autres, quelques voies en fissures, d’autres avec des canelures et des prises plus verticales, qui demandent de bien être placé sur ses pieds (on est davantage en adhérence) », détaille Jean-François Exertier.   

crédit photo : AlpCat Médias – OT Le Grand Bornand

Pour autant, les grimpeurs moins chevronnés trouveront aussi largement de quoi s’amuser sur ce site de la Colombière, riche de 64 voies au total. “Avec nos clients, on va dans des voies cotées 4 ou 5. Il y a même une voie de neuf longueurs très abordable (en 3 ou 4, avec 4c au maximum), de laquelle on redescend en deux rappels. Elle s’appelle “Fanfoué des Pnottas”, en référence à un personnage de BD”, précise le guide. Et quel que soit votre niveau, comme la falaise se trouve à proximité (2 km) de l’endroit où avait été réintroduit le premier couple de gypaète barbu dans les Alpes, il est assez fréquent de voir passer ces oiseaux “casseurs d’os” au-dessus de vos têtes, mais aussi des faucons crécerelles et des vautours fauves. 

Le site de la Culaz comporte une multitude de voies très accessibles pour les novices (crédit : Esprit Outdoor – Le Grand Bornand)

Pour découvrir le Grand Bornand à la verticale, vous pouvez aussi vous rendre à la via ferrata de la Tour du Jalouvre. Cotée D+ (ou TD- selon les topos), la difficulté de cette via ferrata installée en 1998 (qui était alors la plus longue de France, avec 1,1 km de câble en linéaire) tient dans “son caractère aérien, un dévers très exigeant physiquement et sa longueur”, d’après Jean-François Exertier. Comptez au moins 2h à 2h30 pour en venir à bout. “La première partie est relativement abordable, mais comporte néanmoins le passage le plus délicat de cette via ferrata, qui s’appelle le Dévers du Cul Tourné. On est vraiment sur les bras, c’est l’endroit le plus dur physiquement de toute la via. Parfois, certains clients s’y fatiguent beaucoup. Du coup, on prend l’échapattoire qui se situe à mi-parcours. La deuxième partie est plus aérienne, avec notamment deux passerelles à franchir, et surtout le Pilier des Courants d’Air. On monte alors de 40 m quasiment à la verticale, avec près de 80 m de vide sous les pieds. C’est vraiment un passage marquant”, selon le guide.  

Bref, que vous optiez pour l’escalade classique, la via ferrata, ou même le parapente (depuis le site de décollage du mont Lachat, à 2100 m d’altitude, qui bénéficie de conditions aérologiques faisant référence dans le milieu), vous n’aurez que l’embarras du choix pour vivre une journée pleine d’adrénaline… à la verticale !  

Martin Léger 

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