Qualité de l’Air dans les Alpes : un bilan 2024 nuancé et des défis à relever

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a publié son bilan 2024 de la qualité de l’air pour la région, révélant une situation contrastée. Si l’amélioration observée au cours des vingt dernières années a conduit à un respect général des valeurs réglementaires actuelles , la baisse des niveaux de pollution atmosphérique semble marquer le pas. Plus préoccupant encore, les valeurs recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont encore dépassées sur l’ensemble de la région , exposant près d’un habitant sur deux à des niveaux de polluants jugés préoccupants pour la santé.

Ce constat est d’autant plus crucial que la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air, parue en novembre 2024, s’apprête à modifier en profondeur le cadre réglementaire. Cette évolution, qui vise à s’aligner sur les lignes directrices de l’OMS, entraînera un abaissement significatif des seuils réglementaires pour des polluants clés comme les particules fines (PM2,5) et le **dioxyde d’azote (NO₂). Conséquence directe : sans actions supplémentaires de réduction des émissions, près de 30% de la population régionale pourrait être considérée comme surexposée aux PM2,5, contre une part bien moindre aujourd’hui.

La diminution des polluants ralentit depuis 2019

Le bilan 2024 confirme une amélioration globale de la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes, profitant notamment de conditions météorologiques plutôt favorables qui ont limité la formation et l’accumulation des polluants. La tendance à la baisse à long terme se confirme pour le dioxyde d’azote (NO₂) et les particules (PM10 et PM2,5). Cependant, cette diminution ralentit depuis 2019.

Dans les zones alpines, la topographie et les conditions météorologiques jouent un rôle particulier. Le dioxyde d’azote (NO₂) reste une problématique dans les zones très exposées, principalement en raison du trafic routier, notamment aux abords des axes importants. Malgré une baisse constante et le respect des valeurs réglementaires aux stations de mesure, près de la moitié de la population régionale est toujours exposée à des concentrations supérieures aux recommandations de l’OMS pour ce polluant. Les vallées alpines, avec leur configuration en « cuvette », peuvent parfois piéger les polluants, accentuant les concentrations locales, même si les conditions de 2024 ont été plus dispersives.

L’ozone (O₃) constitue un autre point de vigilance pour la région. Produit par formation chimique à partir d’autres polluants sous l’action du soleil et de la chaleur, il est rencontré en fortes concentrations durant l’été, entraînant des dépassements des valeurs cibles pour la protection de la santé et de la végétation. Il touche des agglomérations comme des zones plus rurales, ce qui inclut les vallées alpines où l’ensoleillement est important.

Quant aux particules fines (PM10 et PM2,5), après une baisse continue pendant une quinzaine d’années, leurs niveaux stagnent depuis 2019. Bien que les valeurs réglementaires soient respectées sur l’ensemble du territoire régional, la quasi-totalité de la population est exposée à des concentrations de PM2,5 supérieures aux recommandations de l’OMS. Le chauffage domestique au bois, très répandu dans les zones de montagne, est l’une des principales sources d’émissions de particules.

Des polluants émergents sous surveillance

Pour inverser cette tendance et atteindre les objectifs fixés par la nouvelle directive européenne, des actions ciblées sont nécessaires. Les principaux leviers à mobiliser sont identifiés:

  • Pour les oxydes d’azote (NOx) et les particules (PM10 et PM2,5), le trafic routier et le chauffage domestique (majoritairement au bois) sont les principales sources à cibler pour réduire les émissions. En montagne, cela implique de repenser la mobilité et d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments.
  • Concernant l’ozone (O₃), il est crucial d’agir sur ses précurseurs, à savoir les Composés Organiques Volatils (COV) et les oxydes d’azote (NOx). Ces activités concernent notamment l’industrie, l’agriculture et le secteur résidentiel.

En parallèle, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes maintient son engagement dans la surveillance de nouveaux polluants non encore réglementés, mais dont les impacts sanitaires sont préoccupants. C’est le cas des PFAS (substances per et polyfluoroalkylées), des pesticides, du potentiel oxydant, et de certains composés organiques volatils. L’objectif est de disposer de données fiables pour éclairer les futures décisions politiques et réglementaires.

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes : l’expert indépendant au service de la qualité de l’air

Ces chiffres et analyses sont fournis par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, une agence indépendante et transparente agréée par le Ministère de la Transition Écologique pour la surveillance et l’information sur la qualité de l’air dans la région. Forte de près de 50 années d’expertise et d’un ancrage territorial solide grâce à ses six comités territoriaux et l’implication de près de 250 adhérents, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes joue un rôle central. L’observatoire accompagne les décideurs locaux dans la mise en place et l’évaluation des stratégies d’amélioration de la qualité de l’air. De plus, il s’engage activement depuis plusieurs années dans l’accompagnement des changements de comportements en faveur d’un air plus sain et du climat.

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