La saison de ski 2024-2025 affiche des indicateurs globalement positifs, avec une fréquentation soutenue et des hausses de chiffre d’affaires dans plusieurs secteurs clés de la montagne. Si les résultats sont encourageants pour les acteurs économiques, certaines fragilités sont apparues, comme la clientèle française et le mois de mars. Voici les grandes tendances d’un hiver contrasté dévoilées à l’occasion du Skidebrief.
Des stations globalement fréquentées
Avec un taux moyen d’occupation moyen de 71 %, la fréquentation des stations est restée soutenue, en équilibre par rapport à l’an passé. Cette dynamique s’est traduite par une hausse de 4 % du chiffre d’affaires des domaines skiables par rapport à la saison précédente. Toutefois, le mois de mars semble marquer un coup d’arrêt. Anne Marty (présidente de Domaines Skiables de France) parle même d’un « effondrement » de la fréquentation sur cette période, avec « un recul de 30 % en trois ans« . Une logique initialement observée en avril sur les domaines skiables, qui semble s’étendre au mois d’avril.
Une fréquentation et une consommation satisfaisante
Si la fréquentation des stations de ski devrait être stable cette saison, plusieurs acteurs semblent tirer leur épingle du jeu. Tous massifs confondus, les magasins de sport enregistrent une hausse de 7 % de leur chiffre d’affaires, selon l’Union Sport et Cycle. Les ventes pures progressent de 6 %, témoignant d’une demande dynamique pour l’équipement de ski. Côté commerce alimentaire, les 120 magasins Sherpa affichent près de 4 millions de passages en caisse et un panier moyen en légère hausse (+1,6 %). La consommation reste marquée par une fragmentation des achats et un intérêt croissant pour les produits locaux (+13 % pour la gamme Terre de l’Alpe).
Le ski nordique tire son épingle du jeu
Grâce à un bon enneigement, notamment dès les vacances de Noël, les sites nordiques réalisent leur troisième meilleure saison. La redevance générée atteint 13,1 millions d’euros, en hausse de 19 % par rapport à l’an passé. Une performance notable dans un contexte où la diversification des pratiques en montagne devient stratégique.
Une clientèle plus internationale
Malgré une baisse constatée de la clientèle française, notamment sur la période de mars, la fréquentation globale a été soutenue par une hausse de 9 % de la clientèle étrangère. On observe également, depuis quelques années, une hausse de la fréquentation française en janvier, y compris de familles avec enfants théoriquement scolarisés à cette période. Les prix plus accessibles, les routes sans bouchons et la moindre affluence sur les pistes peuvent expliquer ce phénomène.
Les moniteurs de ski bénéficient de la « prémiumisation »
Les moniteurs de l’ESF terminent la saison avec une progression de 2 % des heures de cours facturées. Cette performance est surtout tirée par la forte demande en cours privés, qui pèsent désormais autant que les cours collectifs. Eric Brèche, président du syndicat des moniteurs, y voit un effet direct de la montée en gamme de l’offre ski et des clientèles des stations.
En résumé, comme souvent en temps de crise, le tourisme de neige a démontré cet hiver une résilience à toute épreuve dans un contexte géopolitique mondial incertain. « Quel secteur peut se targuer de tels chiffres en 2025 ? » concluaient de concert les acteurs rassemblés ce jour pour le Skidebrief lors du salon Alpipro à Chambéry.

