Le marché immobilier des stations de ski françaises connaît des évolutions marquées, particulièrement dans les stations de haute altitude, où les prix ont augmenté deux fois plus vite qu’en basse montagne ces dix dernières années. Avec un prix moyen en 2024 de 3 781 €/m², les stations restent bien au-dessus de la moyenne nationale (2 931 €/m²). Les Alpes dominent largement ce marché, tandis que le Massif central ou les Vosges proposent des alternatives plus abordables. À ces disparités s’ajoutent des défis énergétiques, avec un parc immobilier souvent inadapté aux nouvelles normes. Cet article analyse les dynamiques issues des 5 465 transactions enregistrées par la FNAIM en 2024.
Un marché sous tension, dominé par l’altitude

Les données de la FNAIM pour 2024 montrent que les stations de haute altitude continuent d’attirer l’attention des acheteurs, avec une hausse des prix nettement supérieure à celle des stations de basse montagne. Ce phénomène s’explique par la recherche de garanties d’enneigement, cruciales face aux enjeux climatiques.
Depuis dix ans, les stations situées à plus de 1 500 m ont vu leurs prix grimper de 40 %, contre 20 % en dessous de ce seuil. La raréfaction de la neige en basse altitude pousse certains propriétaires de moyenne montagne à vendre pour acheter plus haut, où se trouvent également les plus grands domaines skiables.
Le prix moyen en 2024 augmente ainsi progressivement avec l’altitude du fait de la garantie neige et de la taille des domaines :
- Moins de 1 000 m : 3 993 €/m²
- 1 000 à 1 500 m : 3 705 €/m²
- 1 500 à 2 000 m : 4 160 €/m²
- 2 000 m et plus : 4 691 €/m²

Des prix plus stables après de fortes hausses
Le prix moyen en 2024 dans les stations de ski atteint 3 781 €/m² en 2024, soit 29 % de plus que la moyenne nationale. Les Alpes du Nord dominent, avec un prix moyen de 4 957 €/m². À l’opposé, le Massif central (1 578 €/m²) et les Vosges (1 903 €/m²) restent plus accessibles.
Après une hausse spectaculaire de 28 % entre 2020 et 2023, portée par l’attrait post-COVID des résidences secondaires, le marché montre une certaine stabilisation. Sur un an, les prix moyens sont restés quasi stables en 2024 dans les communes des stations (-0,2 %), alors que la baisse est plus marquée au niveau national (-2,1 %). Les Alpes du Nord affichent une légère hausse (+0,2 %), tout comme les Alpes du Sud (+1,2 %).
Des écarts notables entre les massifs et stations
Les disparités de prix entre massifs sont importantes. Les Alpes du Nord concentrent les stations les plus prestigieuses et les plus chères, avec des stations emblématiques telles que Val d’Isère, Courchevel, Megève, Méribel et Chamonix. Dans ces stations, le prix au m² dépasse les 10 000 € au m².
À titre de comparaison, les Pyrénées affichent un prix moyen de 2 345 €/m² et les Vosges 1 903 €/m². Même dans un massif donné, les écarts sont notables. Par exemple, en Savoie, les prix varient de 2 380 €/m² au Corbier à 13 997 €/m² à Val d’Isère. Ces disparités offrent des opportunités variées pour les acquéreurs, allant des biens accessibles aux biens d’exception dans les stations les plus prisées.
| Station de ski | prix moyen en 2024 |
|---|---|
| Val d’Isère | 13 997 €/m² |
| Courchevel | 12 629 €/m² |
| Meribel | 10 982 €/m² |
| Megève | 10 451 €/m² |
| Chamonix | 9 962 €/m² |
| La Clusaz | 9 265 €/m² |
| Val Thorens | 8 881 €/m² |
| Tignes | 8 578 €/m² |
| Avoriaz | 7 895 €/m² |
| Les Gets | 7 605 €/m² |
| Morzine | 7 219 €/m² |
| Sainte-Foy-Tarentaise | 6 844 €/m² |
| L’Alpe d’Huez | 6 689 €/m² |
| Les Saisies | 6 596 €/m² |
| Le Grand Bornand | 6 464 €/m² |
Les enjeux énergétiques : un défi majeur
Outre les différences de prix, les stations de ski doivent faire face à l’enjeu énergétique national. Selon la FNAIM, 28 % des logements en stations sont classés F ou G, contre 13 % au niveau national. Dans les Alpes, ce chiffre grimpe à 33,8 %. Avec les réglementations à venir, ces logements pourraient être interdits à la location de longue durée dès 2034 pour des étiquettes E et à la location saisonnière pour les F ou G. Cela concernerait jusqu’à deux tiers des biens en stations.
Ces défis sont amplifiés par la nature du parc immobilier : majoritairement constitué de résidences secondaires en copropriété, les travaux collectifs y sont complexes à organiser. De plus, ces biens ne bénéficient pas des aides publiques comme MaPrimeRénov’, réservées aux résidences principales.

