Triple champion du monde de freeride en 2003, 2004 et 2005, Manu Gaidet a tourné la page de la compétition en 2009. La fin d’une période d’une dizaine d’années au cours de laquelle le rider a voyagé aux quatre coins de la planète, et au terme de laquelle il a eu envie de retrouver un point d’ancrage. Il s’est posé à La Rosière, sa station, où il a construit de ses mains ou presque, un chalet. La concrétisation d’un rêve mené en marge de sa nouvelle vie professionnelle, très, très intensive. Rencontre.

actumontagne.com : Ce vaste chalet en bois, baptisé Lyskamm, en clin d’œil au sommet suisse éponyme qui vous fascine, est-il l’aboutissement d’un projet personnel ?
Manu Gaidet : Oui, j’avais à cœur, après ma carrière de freerider qui m’a amenée à voyager partout dans le monde, de me poser. Mon rêve, depuis longtemps, était de construire un chalet d’exception dans ma station, La Rosière. J’ai fait des études dans le secteur du bâtiment et vers l’âge de 17 ans, j’ai retapé un vieux chalet d’alpage familial vers Sainte-Foy-Tarentaise. J’avais donc quelques compétences en la matière. Elles m’ont aidé à concrétiser ce projet, à dessiner le chalet que je voulais et aussi à mettre la main à la pâte, car je tenais à fabriquer moi-même le plus de choses possibles. J’ai délégué le gros œuvre et j’ai pratiquement fabriqué tout le reste. J’ai notamment choisi et taillé les arbres qui ont servi à concevoir les parties en bois, et conçu près de 85% de l’escalier en bois, l’une des pièces remarquables de cet hébergement.

Un chalet luxueux qu’il a dessiné
Un chalet luxueux qu’il a dessiné

actumontagne.com : C’est un chalet pour vous ou pour mettre en location ?
M.G. : C’est un chalet qui abrite deux appartements que je mets en location cet hiver via Internet. C’est un bien immobilier d’exception sur La Rosière, avec de grandes terrasses plein sud, l’emploi de des matériaux très haut-de-gamme, une décoration contemporaine très soignée et qui propose des services hôteliers à la demande.

actumontagne.com : Vous vous reconvertissez dans l’immobilier ?
M.G. : Non ! D’ailleurs, je ne me mets pas particulièrement en avant dans la location du chalet. C’est vraiment un rêve que j’avais envie de réaliser. J’ai d’autres projets, plus sportifs, à venir. Je travaille entre autres, sur un projet de couse en mer en équipage, en complément de mes activités professionnelles actuelles.

actumontagne.com : Justement, quelles sont-elles aujourd’hui ?
M.G. : Je suis guide de haute montagne et moniteur de ski l’hiver à Courchevel. Je suis aussi formateur à l’Ensa (Ecole national de ski et d’alpinisme à Chamonix) et j’encadre des stages de coaching dans les grandes entreprises. L’an dernier, j’ai également créé une marque de ski à mon nom, très haut de gamme. Elle est fabriquée en France et vendue à la boutique The Edge à Courchevel. Il s’agit de séries limitées et numérotées, 20 paires par taille maximum, et pour skieur de tous niveaux.

Un escalier au style contemporain fabriqué à
Un escalier au style contemporain fabriqué à "85%" par Manu Gaidet

actumontagne.com : Votre passion pour la mer vous rapproche d’Aurélien Ducroz, champion du monde de freeride et navigateur hors pair. Le considérez-vous comme votre héritier ?
M. G. : Aujourd’hui, en raison de sa médiatisation, le freeride a beaucoup changé par rapport à l’époque où je faisais de la compétition avec Guerlain Chicherit. Les longueurs des descentes ont diminué avec des faces que les riders dévalent en 15 secondes contre 8mn pour nous. Un peu court pour juger les figures, qui, du coup, ont-elles aussi bien évolué et sont toujours plus spectaculaires. Dans la génération actuelle de rider, Aurélien est sans aucun doute celui qui est le plus proche de notre façon de concevoir le freeride.

actumontagne.com : Vous montrez qu’il y a une vie après le freeride, sport qui procure tellement d’adrénaline, qu’après, la vie pourrait paraître bien monotone…
M.G. Le freeride est effectivement un sport à très fortes sensations et aussi très dangereux pour lequel j’ai fait beaucoup de sacrifices personnels. Après dix ans de pratique intensive, j’étais content d’arrêter et de m’investir dans d’autres projets, tout en restant très proche de la montagne.

Propos recueillis par Sophie Chanaron

- Advertisement -