A 31 ans, Arnaud Bovolenta a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière. Le spécialiste de skicross d’Arêches-Beaufort a notamment participé au fabuleux triplé des Français aux JO de Sotchi en 2014 (médaille d’argent derrière Jean-Frédéric Chapuis). Il compte aussi cinq podiums dont une victoire en coupe du monde, en 2017 à Sunny Valley (Russie), où il s’est classé troisième pour la dernière course de sa carrière, le 23 février 2020.

Actumontagne : Quand avez-vous décidé de prendre votre retraite, et pourquoi ?

Arnaud Bovolenta : Dès le début de saison, je me disais qu’il y avait des chances que ce soit la dernière, même si ce n’est vraiment que fin janvier que j’ai arrêté définitivement ma décision. Il faut dire que cela faisait deux hivers que j’avais quand même de moins bons résultats. Il y a aussi d’autres raisons qui m’ont poussé à arrêter : l’âge, la répétition des courses avec une récupération qui est quand même plus compliquée à 31 ans qu’à 20 ans, et puis aussi la famille. J’ai deux enfants (une fille de trois ans et demi et un garçon de neuf mois), c’était plus dur de partir de la maison à chaque fois. Je sentais que c’était le bon moment d’arrêter.

Arnaud Bovolenta avait décroché la médaille d’argent en skicross aux Jeux Olympiques de Sotchi en 2014 © Thomas Guiard

Votre podium à Sunny Valley aurait-il pu vous faire changer d’avis ?

Cela m’a peut-être un tout petit peu traversé l’esprit (de rempiler pour une saison supplémentaire), mais ça n’a vraiment pas duré longtemps. Après, c’est sûr que c’était bien de finir sur un podium là-bas. C’est une piste qui m’avait réussi par le passé (il y a gagné sa seule victoire en coupe du monde, même s’il s’était aussi rompu les ligaments croisés du genou à cause d’une mauvaise chute… juste après avoir passé la ligne d’arrivée). Du coup, j’en connais bien les points stratégiques. Elle correspond à mes qualités, car elle est à la fois assez technique, permet de revenir et doubler même si on rate son départ (or à chaque tour, je me retrouvais dernier après le départ), sans oublier la possibilité de profiter de l’aspiration sur la fin pour doubler ses adversaires sur le fil.

Dans quel état d’esprit avez-vous abordé cette dernière course ?   

Je n’étais pas spécialement nostalgique. Cela dit, Sunny Valley était normalement l’avant-dernière course de la saison. En arrivant là-bas, je n’étais pas encore qualifié pour la finale à Veysonnaz (qui devait rassembler les 32 premiers du classement de la coupe du monde, mais qui a finalement été annulée à cause du coronavirus,ndlr). De ce fait-là, j’ai quand même pensé que ce pourrait être la dernière, mais j’étais plus dans le plaisir que dans la nostalgie.

Arnaud Bovolenta en octobre 2019, lors de la présentation officielle des équipes de France à Paris © Agence Zoom

Que reste-t-il au moment d’arrêter?

J’ai eu une bonne carrière, avec des résultats satisfaisants, et surtout, je finis sur mes deux jambes, ce qui est le plus important ! Quand j’ai commencé, je souhaitais faire du mieux que je pouvais, aller le plus haut possible. Le rêve, c’était déjà d’aller aux Jeux Olympiques. Et vu la densité de l’équipe qu’on avait, si tu parvenais à être sélectionné (seulement quatre places,ndlr), tu te devais d’avoir un objectif de médaille. Donc forcément, ma médaille d’argent aux Jeux de Sotchi, avec en plus ce triplé français, reste mon meilleur souvenir. Une médaille olympique, c’est au-dessus d’une victoire ou d’un podium en coupe du monde.

Qu’allez-vous faire désormais ?

Je vais déjà construire ma maison à Beaufort. Je viens de commencer le terrassement, et au total cela devrait me prendre à peu près un an. Je suis assez manuel, puisque j’avais eu un BEP plomberie. Après, je n’ai pas de plan précis au niveau professionnel, mais ce serait pas mal d’essayer de rester dans le milieu du ski. J’ai mon monitorat de ski, je pourrais m’en servir. A voir aussi si jamais j’ai des opportunités de devenir entraîneur. Cela pourrait me plaire d’entraîner en skicross. J’aimerais partager mon expérience, la façon d’aborder les courses, la motivation, en faisant prendre conscience qu’il faut toujours y croire, même quand on est jeune, et que tout est possible.

Propos recueillis par Martin Léger

Photo de une © Millo Moravski / Agence Zoom