Pour faire tomber l’idée reçue que sans une bonne condition physique, point de salut en altitude, l’office de tourisme de l’Alpe d’Huez a convié début août quelques médias. Actumontagne, le local de l’étape, a eu la chance d’en être ! Au programme des deux jours pour les journalistes, du vélo, de la rando et du parapente, trois des activités les plus pratiquées quand la montagne est verte ! Rien de trop sportif, que du facile, avait promis le service de presse de la station iséroise. Promesse tenue ! Une montagne 100% plaisir et très accessible.

Le virage 9 sur 21, dédié au Néerlandais Steven Rooks, vainqueur de la montée en 1988© Laurent Salino / Alpe d’Huez Tourisme

Nous avons enchaîné les disciplines sans trop forcer, tout en ayant de bonnes sensations à l’arrivée. Pourtant, quand Céline Perrillon et Bob Brunot, les attachés de presse de la station, ont confirmé que la mythique montée de l’Alpe était bien d’actualité à l’occasion des Oisans Col Series, l’inquiétude était palpable, même si nos montures étaient des VTTAE…
La veille du Jour J, la prise en main de l’engin, en compagnie de Charlie, moniteur MCF, sur un parcours entre le centre de la station et le lac Besson, nous a montré combien l’assistance électrique donne des ailes. Mais tout de même, gravir les 14 km, 21 lacets et une pente à 8% en moyenne de la Montée de l’Alpe, dont Marco Pantani détient toujours le record de l’ascension (37’35 »), relevait du défi pour des néophytes sans entraînement.

« Seules les premières rampes au départ de Bourg-d’Oisans sont un peu ardues, ensuite tranquille jusqu’en haut, vous pourrez même parler entre vous », nous ont assuré Charlie et Céline. Et effectivement, grâce au bon coup de pouce de l’assistance électrique et aux conseils pertinents de nos coachs, le parcours a été une formalité ou presque ! En bonus, des paysages dont nous avons pu profiter tout au long de notre progression.

Le VAE donne des ailes dans la Montée de l’Alpe d’Huez ©Alpe d’Huez Tourisme

Bien sûr, en doublant des cyclistes chevronnés et visiblement éprouvés par l’effort fourni sur leur deux-roues mécaniques, nous avons culpabilisé… et fait profil bas !

Mais au fond pourquoi ? Les deux pratiques ne sont pas incompatibles. L’idée que le VAE est réservé aux feignants, assez répandue au début de son arrivée en montagne, n’a pratiquement plus cours aujourd’hui ! Et la cohabitation entre « musculaires » et « électriques » se passe plutôt bien, même sur l’ascension de la montée de l’Alpe d’Huez, Graal de quelque 300 fondus de petite reine chaque jour, dès les beaux jours.  Un, parce qu’un vélo à assistance électrique n’a rien d’une mobylette. Le moteur ne se déclenche qu’à partir d’un bon coup de pédale, les muscles sont donc bien sollicités. Deux, ce deux-roues ouvre des horizons à tout le monde en montagne, même aux sportifs du dimanche ou en reprise d’entraînement. Enfin, trois, le VAE (ou VTTAE) est un vecteur de convivialité et de partage. Il permet en effet de rouler avec plus fort que soi, d’accompagner les partisans de l’effort pur, sans se mettre dans le rouge ou d’être largué à des kilomètres derrière !

Autant d’atouts qui expliquent l’explosion de sa pratique, confirmée par François Miquel de Sarenne Sports, auprès de qui l’office de tourisme a réservé nos vélos. « Notre parc de location, renouvelé chaque année, est aujourd’hui majoritairement à assistance électrique », indique le prestataire, disposant à la location d’une quinzaine de VTTAE dernier cri de marques Scott et Rossignol (ils sont vendus en fin de saison, des affaires à saisir !).

La montée de l’Alpe, oui, on l’a faite ! © Alpe d’Huez Tourisme

Les 21 virages vus du ciel
Si chevaucher les 21 lacets de l’Alpe ne vous tente pas, même en VAE, ou si vous voulez du spectaculaire propre à la montagne, le survol en parapente de cette montée exceptionnelle, est aussi une belle expérience. Et en biplace, sans effort, sauf celui d’ouvrir grand les yeux pour ne pas perdre une miette du panorama !  L’équipe d‘Akènefly, nouveau prestataire dans la station, propose plusieurs vols en tandem, avec atterrissage à Bourg-d’Oisans, plus de 1000 mètres plus bas.

Sous nos pieds, les 21 virages de la Montée de l’Alpe ! ©Akènefly

Pendant la vingtaine de minutes que dure le vol, vous allez admirer les toits du vieux village d’Huez et les sommets environnants, constater la sinuosité de la fameuse route menant à la station, mais surtout réaliser que vous êtes en train d’accomplir le rêve d’Icare ! En douceur et en toute légèreté, en dépit de votre harnachement. Une fois la terre ferme, on fait le pari que comme nous, vous n’aurez qu’une hâte, recommencer.

Sophie Chanaron

Atterrissage en douceur sur le stade de Bourg-d’Oisans ©Bob Brunot/Alpe d’Huez Tourisme