La 49e édition de l’Académie-Festival des Arcs se déroule du 15 au 29 juillet. La philosophie initiale, à savoir d’offrir la culture aux vacanciers, voulue par Roger Godino (le fondateur de l’événement et de la station des Arcs), perdure encore aujourd’hui, notamment grâce à la gratuité de l’intégralité des concerts.

Avec ses quelque 40 concerts, 60 artistes de renommée internationale, 35 professeurs comptant parmi les meilleurs de France voire d’Europe, 180 jeunes stagiaires venus du monde entiers, une vingtaine de conférences,etc, l’Académie-Festival des Arcs est incontestablement l’un des événements-phares de la région AURA en termes de musique classique. Et même plus précisément de musique de chambre, « c’est-à-dire la musique classique jouée en petits groupes, de un à huit ou neuf musiciens », précise Eric Crambes, le directeur artistique du Festival.

© Académie Festival des Arcs

Ce dernier, âgé de 49 ans, entretient une relation particulière avec cet événement. « J’avais commencé le violon à 6 ans, et j’ai le souvenir d’avoir entendu un concert à l’hôtel du Golf dans le cadre du Festival. Ça avait éveillé en moi la passion de la musique. J’ai ensuite était stagiaire au Festival, jeune talent invité, professeur, puis directeur artistique depuis maintenant dix-sept ans. »

Passé de l’autre côté de la barrière, Eric Crambes a toujours veillé à ce que le Festival suscite des vocations, y compris auprès d’un public pas forcément prédestiné à la musique. « On veut vraiment désacraliser la musique classique, montrer qu’elle n’est pas élitiste. On tient à garder un cadre convivial, avec de la proximité entre les musiciens et les spectateurs. On va plutôt jouer en tenue de ville qu’en queue de pie. On essaie aussi parfois de jouer ou répéter dehors, sous un arbre, ce qui nous permet aussi de rencontrer les promeneurs ou vététistes. »

Toujours dans le but de rendre accessible la musique classique, la vingtaine de conférences programmée pendant le Festival vise à « apporter un accompagnement pédagogique, donner des clés d’écoute au public ». Celui-ci se répartit grosso modo en trois tiers équivalents : des spectateurs qui viennent spécifiquement pour l’événement ; les stagiaires, musiciens avec leurs familles et accompagnants ; les vacanciers qui viennent un peu par hasard. « Cela apporte un brassage très sympathique entre les mélomanes et les randonneurs égarés », explique Eric Crambes sans aucune condescendance à l’égard de ces derniers.

Académie Festival des Arcs © Christine Augé

Ce mélange des genres se retrouve dans la programmation, « à la fois ouverte au grand public mais exigeante. C’est un programme éclectique et varié, qui plait », assure le directeur artistique de l’événement. On retrouve chaque année trois grands axes : le grand répertoire de la musique de chambre (les classiques incontournables) ; la musique contemporaine et méconnue ; la thématique de l’année en cours. Pour 2022, c’est la musique romantique française qui est à l’honneur, d’Hector Berlioz à Debussy et Ravel. « On va faire écouter plus de 25 compositeurs français, dont certains méconnus. C’est l’un des avantages de la gratuité », estime Eric Crambes. Quant à la musique contemporaine, elle est notamment mise à l’honneur à travers un artiste invité en résidence aux Arcs pendant le Festival, qui lui commande une œuvre spécialement écrite pour l’occasion. Cette année, c’est Alexandre Gasparov, pianiste et compositeur d’origine russe (mais installé en France depuis 30 ans), qui a été choisi. Une journée spéciale lui est consacrée le mardi 19 juillet. Parmi les moments forts de cette 49e édition, on peut aussi mettre en avant plusieurs concerts en hommage à César Franck (dont on fête en 2022 le bicentenaire de la naissance), celui pour célébrer le centenaire de la mort de Marcel Proust, avec notamment le comédien Nicolas Vaude comme « récitant » et le pianiste Michel Dalberto, et enfin une journée spéciale Jean-Sébastien Bach le 26 juillet.

Martin Léger

© Académie Festival des Arcs

Pratique :

L’ensemble des concerts du Festival est gratuit, sans réservation préalable. Les lieux où ils sont donnés sont multiples, aussi bien en intérieur qu’en extérieur. Les scènes phares se trouvent dans la Grande Salle du Centre Bernard Taillefer sur Arc 1800 (600 places) et à la Coupole d’Arc 1600 (environ 150 à 200 places dans ce bâtiment classé au patrimoine architectural national). Des concerts auront aussi lieu à Bourg-Saint-Maurice, à Arc 1950, en plein air à Arc 1800 ou au sommet de l’Aiguille Rouge (à 3226 m d’altitude !), sans oublier les églises baroques d’Hauteville-Gondon, de Landry, de Peisey et de Villaroger. Programme complet sur https://festivaldesarcs.com/

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