Atout France, l’Agence de développement touristique de la France, a dévoilé avec ses partenaires les résultats de la deuxième édition du Baromètre Montagne, volet Hiver. Cette étude d’envergure, menée auprès de quatre marchés clés — la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas — confirme la vitalité des massifs français. Malgré les défis climatiques, la montagne conserve une attractivité solide, portée par un intérêt renouvelé pour la glisse. Si le ski reste la locomotive incontestée des séjours, l’analyse souligne des disparités de perception marquées, notamment chez la clientèle allemande, et une domination de l’hébergement locatif autonome dans les habitudes des vacanciers français.
Le ski, une locomotive toujours très dynamique
Contrairement aux idées reçues sur une diversification qui éclipserait la glisse, les activités liées à la neige demeurent le pilier central des séjours hivernaux dans les massifs français. Selon le baromètre, 84% des séjournants pratiquent au moins une activité de neige, qu’il s’agisse de ski, de luge ou de raquettes. L’appétence pour le ski ne se dément pas. Ainsi, 82% des vacanciers prévoient de poursuivre, voire d’intensifier leur pratique dans les années à venir. Ce taux est en légère progression par rapport à l’édition 2024 de l’étude.
Chez les français, la pratique reste un marqueur fort puisqu’ils sont 12% à déclarer avoir pratiqué le ski alpin lors d’un séjour dans les 3 dernières années et 7% pour le ski nordique. Le triptyque « nature, paysages et détente » constitue le principal moteur de départ, mais la possibilité de skier demeure le déclencheur prioritaire de séjour, quel que soit le pays d’origine des visiteurs.
Le paradoxe allemand : une image en retrait
L’étude met en lumière une difficulté persistante à séduire la clientèle allemande, pourtant deuxième marché émetteur de skieurs au monde. Si les Britanniques et les Néerlandais portent un regard très positif sur les stations françaises (les plaçant respectivement aux 4e et 2e rangs des destinations de montagne), l’Allemagne affiche un décrochage prononcé. La France n’y occupe que la 5e position en termes d’image, représentant seulement 2,7% des journées skieurs enregistrées en France. Les Anglais compte eux pour 12%, les Belges pour 6% et les Néerlandais pour 5%. La proximité géographique et linguistique joue beaucoup, mais « les marges de progression pour la France restent importantes » insiste l’organisme étatique.
L’hégémonie de la location autonome
Le modèle d’hébergement français se distingue par une préférence marquée pour l’autonomie, particulièrement chez les vacanciers nationaux. Près de deux tiers des séjours d’hiver des Français (64%) sont réservés de manière totalement indépendante, sans passer par des agences de voyages ou des tour-opérateurs. Dans ce contexte, les meublés touristiques s’imposent comme le premier choix d’hébergement.
Près d’un quart des vacanciers français (24%) privilégie désormais les logements loués via des plateformes professionnelles de type Airbnb ou Booking. Ce mode d’hébergement est plébiscité pour sa flexibilité et, surtout, pour la maîtrise budgétaire qu’il autorise, le prix restant le principal frein au départ en vacances à la montagne. Atout France souligne que la poursuite de la montée en qualité des hébergements et de la diversification de l’offre sera essentielle pour maintenir cette attractivité face à une concurrence internationale accrue.

