Aux lendemains des vacances de Noël et de fin d’année, les professionnels sont globalement déçus du bilan des premières vacances hivernales, car les projections à l’automne étaient très encourageantes après une saison blanche inédite l’hiver dernier. Las, la cinquième vague épidémique a eu raison de cette espérance, même si tous estiment avoir plutôt limité la casse.

Les chiffres restent pour autant sensiblement en retrait par rapport au niveau d’avant crise, avec un taux d’occupation moyen de 74% contre 84% lors de la période de référence de 2019-2020, selon l’Observatoire national des stations de montagne publié Atout France-ANMSM-France Montagnes/G2A. « L’absence des vacanciers britanniques et plus globalement internationaux, représente une perte importante, notamment pour les stations d’altitude, et met en difficulté certains hébergeurs (ndlr, en particulier les centres de vacances)« , commente Jean-Luc Boch, le président de l’ANMSM. Ce dernier se félicite néanmoins que les vacanciers français aient été au rendez-vous, grâce au bon enneigement et à la forte mobilisation des élus et professionnels.

©Savoie Mont-Blanc/DMachet

Un démarrage de saison tout doux dans les Savoie

Dans les 112 stations des Savoie, la baisse pourrait flirter avec les 14 % par rapport à l’hiver 2018/2019 (saison référence hors Covid-19), selon l’Observatoire de l’Agence Savoie Mont-Blanc. Le taux d’occupation des hébergements marchands est de 63% lors de la semaine de Noël et de 83% pour celle du Jour de l’An, traditionnellement la plus fréquentée de la dernière quinzaine de l’année. « Les espoirs d’un rétablissement de tendance pour la suite de la saison restent entiers, même si janvier ne se dessine pas sous les meilleurs auspices », ajoute L’Agence, pointant les incertitudes autour du pass vaccinal et son application, notamment pour les vacanciers étrangers, ce qui pourrait encore freiner leur velléité de départ vers nos montagnes…

L’organisme en charge de la promotion touristique des deux Savoie table donc sur la clientèle française pour tenter de compenser l’absence de la clientèle internationale. Elle compte sur la rallonge de 600 000 euros de son budget publicitaire pour la décider à venir passer ses vacances de février dans l’une de ses stations. Des vacances d’hiver cruciales pour le tourisme hivernal en altitude. Elles représentent en moyenne entre 35 et 40 % du chiffre d’affaires des domaines skiables, contre entre 12 et et 20% pour celles de fin d’année.

En Isère, des vacances plutôt satisfaisantes

Les professionnels isérois dressent un bilan positif de ce début de saison avec une fréquentation soutenue de la clientèle française. Pour la première semaine, le taux de d’occupation des hébergements marchands oscille entre 50% et 75% selon les stations. Il est sensiblement plus élevé la seconde semaine, puisqu’il varie entre 85 et 100%. Les fortes pluies ont néanmoins freiné la pratique du ski et endommagé plusieurs domaines skiables dont celui de Saint-Hilaire-du-Touvet, qui n’est pas sûr de pouvoir rouvrir pour les vacances de février.

À noter que la clientèle britannique, qui représente 20% des nuitées totales en Oisans, a fortement reculé en raison de la fermeture des frontières. Le taux d’occupation est en recul de 9 points par rapport à 2019 pour le massif, période de référence. Pour le mois de janvier, les opérateurs comptent sur la clientèle de proximité et les courtes séjours, mais les annulations en cascades des réservations des classes de neige augurent de nouvelles difficultés pour les centres de vacances, déjà pas épargnés depuis deux ans. Quant aux vacances de février, le haut de la saison, elles s’annoncent à ce stade plutôt prometteuses même si l’attentisme est de rigueur face à l’évolution du variant Omicron et des annonces des gouvernements.

- Advertisement -