En station, la performance énergétique pèse de plus en plus sur la valeur des logements et sur la possibilité de les louer. Le sujet concerne une grande partie du parc : selon les données présentées par la FNAIM Savoie Mont Blanc, plus de six diagnostics sur dix réalisés dans les principales stations des Savoie classent les logements en E, F ou G. Calendrier de la loi Climat, règles propres aux meublés de tourisme, nouveau calcul du DPE au 1er janvier 2027 : voici ce qui change pour les propriétaires.
Un parc de station très énergivore
D’après les DPE recensés par la FNAIM entre le deuxième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, 82 % des logements diagnostiqués à Tignes sont classés E, F ou G, dont 28 % en G. La proportion atteint 83 % à La Clusaz et 81 % au Grand-Bornand, contre 38 % à Annecy. Selon l’agence Cimalpes, il s’agit souvent de petites surfaces en copropriété construites entre 1965 et 1985. Dans ces immeubles, les travaux supposent un vote en assemblée générale, ce qui peut ralentir les décisions, même si de grands travaux sont engagés dans nombre d’entre-elles.
Deux calendriers selon le type de location
Pour un logement loué comme résidence principale du locataire, la loi Climat et Résilience fixe un calendrier progressif. Les logements classés G sont considérés comme indécents depuis le 1er janvier 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034.
Les meublés de tourisme, très répandus en station, relèvent de la loi Le Meur du 19 novembre 2024. Dans les communes qui imposent une autorisation de changement d’usage, un nouveau meublé doit présenter au minimum une étiquette E. À partir du 1er janvier 2034, tous les meublés de tourisme devront être classés entre A et D. Seuls y échappent les habitants qui louent ponctuellement leur résidence principale, dans la limite de 120 jours par an.
Une vraie plus-value en rénovant
Selon les Notaires de France, une maison classée G se vend en moyenne 25 % moins cher qu’un bien équivalent classé D, et un appartement 12 % moins cher. Ces écarts sont mesurés sur les marchés urbains : Cimalpes estime qu’ils sont plus amortis en station. À l’échelle nationale, SeLoger relève aussi un délai de vente un peu plus long pour les logements classés F ou G (84 jours contre 79).
Pour Cimalpes, la décote dépasse le plus souvent le coût des travaux. L’agence évalue à environ 450 €/m² une rénovation permettant de gagner deux classes énergétiques. Une rénovation complète coûte nettement plus cher : dans un exemple présenté à Tignes, les travaux ont atteint 1 436 €/m² pour un appartement de 87 m². Après rénovation, le revenu locatif net du bien est toutefois passé de 10 172 € à 31 346 € par saison, avec un nombre de semaines louées passé de 6 à 13.
Un DPE plus favorable à l’électricité en 2027
Après une première baisse de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans le calcul du DPE passera à 1,7 au 1er janvier 2027. Certains logements chauffés à l’électricité gagneront ainsi une classe sans travaux. Les propriétaires d’un DPE réalisé avant cette date pourront télécharger gratuitement une attestation actualisée sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans refaire le diagnostic.
Quelles aides pour une résidence secondaire ?
Si MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ sont réservés aux résidences principales, il existe quelques aides selon les territoires. MaPrimeRénov’ Copropriété reste accessible pour les travaux sur les parties communes. Les propriétaires d’une résidence secondaire peuvent aussi compter sur :
- les primes CEE, versées par les fournisseurs d’énergie sans condition de ressources, pour des travaux réalisés par un professionnel RGE ;
- la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique réalisés par une entreprise ;
- une exonération de taxe foncière pendant trois ans, dans les communes qui l’ont votée.

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