Fondée en 1969, la coopérative fruitière du Val d’Arly a profité du traditionnel comice agricole de Flumet pour souffler ses 50 bougies. L’occasion de revenir sur le parcours et les priorités pour l’avenir de celle qui est aujourd’hui la vitrine de l’excellence de l’agriculture de montagne.

Diversification et distribution multicanale

La fruitière de Flumet a été initiée dès le milieu des années 60 par une poignée d’agriculteurs visionnaires et solidaires pour valoriser leur lait. À une époque où l’exode rural s’accélérait, ils ont décidé de prendre en main leur destin afin de continuer à vivre et travailler au pays.
Cinquante ans après la concrétisation de leur projet, la petite « coop » de Flumet a bien grandi. Non seulement elle a sauvé l’agriculture de montagne dans cette vallée de Savoie Mont-Blanc, mais elle a contribué à en faire une destination touristique dans l’air du temps, avec ses espaces naturels préservés.

Daniel Grosset-Grange, 4e président de la coopérative du Val d’Arly et Philippe Bouchard, son directeur depuis 2006 ©Actumontagne

« Nous sommes passés de 500 000 litres de lait collecté par an à 15 millions de litres aujourd’hui, transformés en une douzaine de produits différents », se félicite Daniel Grosset-Grange, 4e président de la coopérative. Avec les 80 autres sociétaires et les 70 employés de la structure, il a à cœur de faire découvrir aux gourmets d’ici et d’ailleurs, les spécialités maison dont du Reblochon laitier et du Beaufort, les deux fromages AOP star des Savoie, mais aussi de la Tomme et et de la raclette de Savoie, fromages sous signe de qualité IGP, des yaourts mais aussi depuis peu du lait frais embouteillé. À sa propre gamme de produits, s’ajoutent les fabrications des producteurs fermiers locaux qu’elle commercialise dans son réseau de points de vente. Car en effet, la structure coopérative privilégie depuis longtemps les circuits courts. Un mode de distribution en phase avec les aspirations actuelles des consommateurs, en quête de qualité et soucieux de connaître l’origine de ce qu’ils mangent. Ce réseau de magasins physiques s’accompagne d’un site de e-commerce qui permet de se faire livrer partout en France son Reblochon préféré ou la petite tomme de chèvre ou de brebis de la ferme voisine de la coop.

Amélia et Nicolas Mattel ont créé avec un associé la Bergerie des Deux Savoie. Leurs fromages de brebis, vendus essentiellement à la ferme, sont aussi en rayon dans les magasins de la coopérative de Flumet ©Actumontagne

Proximité et transmission

En cette année du cinquantenaire de leur bien commun, les 80 sociétaires de la coopérative de Flumet amorcent à nouveau un virage clé : la vente sans intermédiaire aux autres enseignes, notamment à la grande distribution. Derrière ce nouveau pari de la proximité, toujours la volonté d’apporter des marges supplémentaires aux agriculteurs qui travaillent dans un environnement préservé mais contraignant. « D’où l’importance d’être unis, car fédérés nous sommes plus forts et nous pouvons aller plus loin », souligne Philippe Bouchard, le directeur de la coopérative. Ce dernier, toujours impressionné par l’esprit coopératif qui a soufflé jusqu’ici dans la maison, invite les nouvelles générations à adhérer aux valeurs d’entraide et de solidarité ayant animé leurs aînés. Jouer collectif est indispensable à l’agriculture de montagne pour surmonter les défis, comme celui hautement sensible du lait cru, un trésor à défendre pour les paysans.

Avec le lait collecté 7 jours sur 7 dans les fermes de son territoire, la coop fabrique une douzaine de produits aujourd’hui ©Actumontagne

photo de Une : Jean-Paul Jaccaz, maire-adjoint de Praz-sur-Arly, Martine Berthet, sénatrice de la Savoie, Marie-Pierre Ouvrier-Buffet, maire de Flumet, Laurence Rouvier, responsable communication de la coop, Philippe Bouchard et Daniel Grosset-Grange