Le Fort de la Platte, ouvrage militaire emblématique surplombant Bourg-Saint-Maurice, a été sélectionné comme site départemental pour la Savoie dans le cadre de l’édition 2025 de la Mission Patrimoine. Annoncée ce 1er septembre, cette nomination lui garantira un soutien financier issu du Loto du Patrimoine pour lancer des travaux de restauration urgents. Situé à près de 2 000 mètres d’altitude, ce fort du XIXe siècle, témoin du système de défense Séré de Rivières, souffre de graves désordres structurels. Le projet vise à consolider l’édifice pour stopper sa dégradation, préparer sa réouverture sécurisée au public et valoriser son potentiel culturel et social d’ici à 2027.
Un chantier urgent pour préserver le « Fort 2000 »

Malgré de premiers travaux de sauvegarde initiés par les propriétaires actuels depuis 2022, le Fort de la Platte présente un état de péril avancé. Les murs de l’enceinte nord et une tour menacent de basculer dans le vide, le poteau droit du portail d’entrée penche dangereusement, et la façade du garage à canons se fissure. Des problèmes d’étanchéité sur les terrasses du donjon et la tour de garde aggravent également la situation.
Les travaux, dont le démarrage est prévu entre fin 2025 et début 2026, se concentreront sur la consolidation de ces structures. Les interventions comprendront la maçonnerie de la Tour Rouge et de la Grande Tour, le remaillage des fissures, et la protection des fondations fragilisées. L’objectif est de mettre le bâtiment hors d’eau et hors d’air pour assurer sa pérennité. Les travaux devraient durer jusqu’en 2027, avec une phase d’étude en 2026 sur les problèmes d’étanchéité.
Un belvédère stratégique sur la Haute Tarentaise
Construit entre 1893 et 1896, le Fort de la Platte est un ouvrage de surveillance du système Séré de Rivières, conçu pour contrôler l’accès au col du Petit-Saint-Bernard. Inchangé depuis sa construction et inscrit aux Monuments Historiques, il offre un témoignage important de l’architecture militaire de la fin du XIXe siècle. Vendu à des particuliers dans les années 1960, il est aujourd’hui un site d’intérêt majeur, attirant randonneurs et passionnés d’histoire. Depuis 2022, il fait l’objet d’une forte mobilisation locale, accueillant des projets comme un rucher de haute altitude, des visites pour les Journées du patrimoine en 2024 et des travaux d’étude par des écoles d’architecture.
Le système Séré de Rivières est un réseau de fortifications érigé après la guerre de 1870 pour moderniser la défense des frontières françaises, en rupture avec les anciens bastions de Vauban. En montagne, ce concept a été adapté par un étagement défensif sur trois niveaux : un ouvrage d’interdiction en vallée, un fort de protection à mi-hauteur, et un poste de surveillance au sommet pour couvrir tous les angles de tir. Ce principe a d’abord été expérimenté en Maurienne, où des exemples notables comme les forts du Télégraphe et du Replaton illustrent parfaitement cette stratégie de verrouillage des vallées alpines. En Tarentaise, la batterie de Vulmix (fort d’interdiction), le fort du Truc (fort de protection) , puis le Fort de la Platte ou «Fort 2000 » (fort de surveillance) seront construits entre 1890 et 1894 pour se protéger de l’Italie.
La Mission Patrimoine au service des trésors locaux
Confiée à Stéphane Bern, la Mission Patrimoine vise à identifier et financer la restauration de sites en péril sur tout le territoire français. Grâce à l’offre de jeux « Mission Patrimoine » de la FDJ, une partie des mises est reversée à la Fondation du patrimoine pour financer ces chantiers. Chaque année, des projets emblématiques régionaux et un site par département sont sélectionnés selon des critères d’intérêt patrimonial, d’état de péril, de maturité du projet et de son impact local. Depuis 2017, ce sont ainsi près de 327 millions d’euros qui ont permis d’aider les travaux de restauration de l’ensemble des sites retenus. Le montant de la dotation pour les sites départementaux comme le Fort de la Platte sera annoncé en fin d’année.
Voir la page du Fort de la Platte sur le site de la mission du patrimoine
Crédit photos : OLB 1980, Philippe 2020 et C. Gobe 2024 via la mission du Patrimoine

