Dix-huit entreprises et plus de vingt corps de métiers sont mobilisés sur le chantier du Musée Savoisien, dont les travaux de rénovation battent leur plein depuis février dernier.

Des premières fouilles archéologiques au sein de ce bâtiment parmi les plus anciens de Chambéry, et protéiforme, ont mis à jour au printemps dernier plusieurs sépultures, tombes et caveaux couvrant la période XVe-XVIIIe siècles.

Amélie Prusak responsable du chantier et Marie-Anne Guérin, conservatrice font visiter le chantier à la presse et aux responsables locaux, ici Xavier Dullin, président de Chambéry Grand Lac et conseiller régional, Louis Laugier, préfet de la Savoie et Hervé Gaymard, président du Conseil départemental de la Savoie, propriétaire du Musée Savoisien depuis 2012.

Une seconde campagne, non prévue au départ, a été lancée cet automne, en parallèle des opérations de gros œuvres au sein de l’édifice. Elle a révélé le mur d’enceinte d’un nouveau bâtiment ainsi que des latrines dans lesquelles ont été récupérées des carreaux de poêle datés du XVe, ainsi qu’un système de drainage de la même époque en parfait état de fonctionnement.

Un système de drainage du 15e siècle mis à jour en parfait état de fonctionnement ©Actumontagne

Ces nouvelles découvertes des archéologues missionnés par le Département de la Savoie vont permettre de documenter l’histoire de cet ancien couvent franciscain du XIIIe siècle, méconnu en raison de la disparition de ses archives dans l’incendie du Château des Ducs de Savoie en 1798.

Une forêt d’échafaudages dans le futur espace d’accueil !

Ceux qui connaissent le musée, fermé au public fin 2014, ne reconnaîtraient plus le site dans lequel une forêt d’échafaudages a poussé, des murs percés, les sols excavés ! À plusieurs endroits, des éléments de décors, comme les poutres des plafonds à la françaises, les parquets et portes historiques, sont méticuleusement entreposés et numérotés en vue de leur réutilisation. L’aménagement de la grande salle d’accueil du public de 170 m², fait partie des secteurs du chantier les plus impressionnants. Le mur porteur a été démoli pour insérer une poutre métallique de 18 mètres de long permettant la création d’une double hauteur dans l’espace public, dont une mezzanine présentant les peintures médiévales de Cruet, visibles dès l’entrée.

Vue intérieure de la future entrée du musée avec dans la mezzanine la fameuse « bande dessinée médiévale » que constituent les peintures de Cruet, pièces-maîtresses du Musée Savoisien, désormais visibles dès l’entrée ©Agence Prunet/Studio Adeline Rispal

Ces travaux titanesques vont permettent de transformer les lieux en espaces d’accueil et d’exposition modulables où la circulation du public sera bien plus fluide. Ils seront accessibles aux personnes à mobilité réduite, avec l’installation de deux ascenseurs. Une gageure dans un tel bâtiment !
Pour rappel, le Musée Savoisien rénové, dont l’ouverture se situera désormais place Métropole, sera livré fin 2020 et offrira alors au public 4000 m² d’espaces. Entièrement revu autour de 6 thématiques présentant l’histoire et les cultures de la Savoie, le parcours muséographique se déploiera sur 2150 m².

La grande maquette du territoire représentée ici… en maquette !©Agence Prunet/Studio Adeline Rispal

Un autre chantier se poursuit en parallèle, celui sur les collections qui totalisent quelque 100 000 objets. Chacun est dépoussiéré, traité si besoin contre la corrosion ou les insectes, mesuré, marqué, photographié et numérisé avant de rejoindre les réserves archéologiques et locaux de stockage provisoires en attentant la construction d’un Centre de conservation des collections départementales.
Coût de la rénovation et du futur centre de conservation : 22 M€ dont 7,5 M€ de subventions de l’État et de la Région.

Le gabarit de la pirogue carolingienne découverte dans le lac du Bourget pour laquelle il va falloir élargir provisoirement les fenêtres pour la faire passer et la placer là où elle est prévue dans le parcours muséographique. Elle est pour l’instant en cours de traitement au laboratoire ARC-Nucléart de Grenoble ©Actumontagne