Le Crédit agricole des Savoie et la Banque des Territoires/Caisse des Dépôts ont signé hier une convention de partenariat avec deux stations de Savoie Mont-Blanc, La Clusaz et Aime-La-Plagne. Une signature maintenue malgré le contexte actuel, « parce que les réflexions sur le moyen et le long terme de la montagne sont aussi importantes et qu’il faut se projeter dans l’avenir », ont expliqué en préambule Laurent Bennet, directeur général du Crédit agricole des Savoie, et Philippe Lambert, directeur régional de la Banque des Territoires/CDC.

Ce partenariat ambitionne d’inventer la montagne de demain. Et s’il démarre à quatre partenaires, il se poursuivra avec bien d’autres acteurs et porteurs de projets ayant la même volonté de transformer le tourisme de montagne.
« L’idée face à ce trou d’air que rencontre l’industrie touristique est de poursuivre de manière territoriale les investissements en fonds propres, en prêts et en ingénierie pour travailler ensemble et aux côtés des élus », a précisé Philippe Lambert. Objectif définir ensemble les investissements dont auront besoin ces territoires de montagne savoyards pour les prochaines années, et promouvoir un tourisme plus durable, quatre saisons, et plus numérique.

Laurent Bennet, dg CADS, Didier Thevenet, maire de La Clusaz, Joëlle Maironi-Gonthier, maire d’Aime-La-Plagne et Philippe Lambert, directeur régional de la Banque des Territoires

Trois axes prioritaires

La Plagne et La Clusaz sont deux collectivités complémentaires qui affichent une volonté politique de changer leur modèle touristique sur les aspects environnementaux et sociétaux. Et elles ont chacune de nombreux projets, certains bien avancés d’autres moins, mais que cette convention d’une durée officielle de trois ans devrait contribuer à accélérer.
Trois axes de chantier sont priorisés : l’écomobilité, l’immobilier raisonnable et la station durable & intelligente.
L’écomobilité va de l’accès à la station aux déplacements inter-station. Les deux stations ont chacune un projet d’ascenseur valléen par exemple et planche sur des navettes plus propres. Les acteurs de la convention entendent prioriser l’immobilier raisonnable sur les problématiques de construction et de réhabilitation de l’hébergement touristique, saisonnier comme permanent, en profitant des nouvelles aspirations sociétales comme le télétravail. Enfin, ils veulent œuvrer à la construction d’une destination touristique durable et intelligente en poursuivant la diversification quatre saisons, la digitalisation du parcours client et le déploiement de réseaux intelligents (smart grids).
« Dans ces temps compliqués de crise sanitaire, c’est très important de travailler ensemble sur des projets globaux autour de notre station et de son évolution », s’est félicitée Joëlle Maironi-Gonthier, maire d’Aime-La Plagne, qui vise vraiment un tourisme 4 saisons. « Nous avons vécu un été 2020 formidable qui nous encourage dans cette voie ».
Pour Christophe Thevenet, maire de La Clusaz. « Nous avons des défis à relever et nous sommes ravis d’être accompagnés par ces deux organismes bancaires qui nous connaissent bien et avec lesquels nous travaillons en confiance ».

Ascenseurs valléens, parcours clients, réchauffer les lits

Parmi les projets mis en lumière en préambule de la signature : pour Aime-La Plagne, un ascenseur valléen entre Aime-La Plagne et Plagne Centre envisagé à échéance de 5 ans, le projet de rénovation d’Aime 2000, le fameux paquebot des Neiges, et son secteur, avec la construction de 5 hôtels, des logements et commerces insolites, un centre aquatique, construit essentiellement sur un parking. Ou encore l’optimisation de sa plateforme digitale qui connecte sur un seul outil tous les acteurs de la destination pour lever les freins techniques à sa commercialisation.
La Clusaz réfléchit également à un ascenseur valléen entre Thônes et La Clusaz face à la saturation de l’axe routier principal venant d’Annecy. Un projet de mobilité à plus longue échéance que sa consœur. La collectivité planche aussi sur des navettes inter-sation propres, envisage la création d’une foncière pour réchauffer ses lits froids et rénover son centre-bourg ou souhaite encore développer le fonds de décarbonisation lancé par les remontées mécaniques.

Derrière cette convention, les deux banques espèrent valider des modèles de transformation dont d’autres destinations montagne pourraient s’inspirer.

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