Dans son exercice d’explication des mesures d’allègement du confinement aujourd’hui, Jean Castex est revenu sur le cas des stations de ski. Il était très attendu sur le sujet suite à l’allocution du 24 novembre au soir du Président de la République qui avait suscitée le trouble, voire de la colère.

Le chef de l’État avait en effet estimé qu’il lui semblait impossible d’envisager l’ouverture des stations de ski pour les fêtes, préférant une réouverture courant janvier. Cette intervention avait provoqué une incompréhension chez les montagnards, en discussion la veille avec le Premier ministre sur les modalités de l’ouverture des stations qu’il devait trancher sous dix jours. Cette position présidentielle anticipée a été interprétée par beaucoup d’élus et de socio-professionnels, qui planchent depuis plusieurs mois sur un protocole sanitaire draconien, comme « une trahison » des autorités.
Hier dans un courrier adressé à Jean Castex, Hervé Gaymard, président du Conseil départemental de la Savoie, a demandé aux pouvoirs publics « de cesser de faire croire que la montagne est fermée aux résidents propriétaires ou aux touristes, car en réalité les stations seront ouvertes, même si les pouvoirs publics n’autorisent pas l’ouverture de certaines activités. Cette rectification de la parole publique doit intervenir rapidement et au plus haut niveau », a exigé l’élu savoyard.

Les remontées mécaniques resteront fermées à Noël

C’est ce que vient de faire le Premier ministre dans sa conférence de presse. Pointant le niveau élevé de la circulation du virus et des hospitalisations en Auvergne-Rhone-Alpes et en Bourgogne-Franche-Comté, il a déclaré que les remontées mécaniques et les équipements collectifs resteraient fermés à Noël. Quid du ski nordique et des autres activités de plein air, légions en station maintenant ? Mystère à cette heure… Espérons que les plus accros à la glisse ne prennent pas de risques inconsidérés sans encadrement en ski de randonnée, en raquette ou autre moyen de déplacement pour aller taquiner la poudre…

Point de ski alpin donc, mais les Français pourront se rendre en montagne « pour profiter de son air pur et des commerces ouverts », répondant ainsi à la missive d’Hervé Gaymard.

Le Premier ministre a par ailleurs salué l’avis de la Commission européenne œuvrant pour « une position harmonisée en Europe sur le sujet et dans le sens de la prudence ». La France espère ainsi que l’Autriche, l’Italie et l’Allemagne, où le virus est aussi très actif, s’alignent.

Face à la Suisse dont les stations sont déjà ouvertes, faudra-t-il fermer les frontières pour éviter des flux de skieurs en provenance de la France ? Imposera-t-elle une quarantaine pour montrer un semblant de solidarité avec ses consœurs et concurrentes ? La France sera-t-elle contrainte d’en imposer une elle-même à ses ressortissants de retour de Suisse ?

Bref, encore beaucoup d’interrogations et sans doute des arbitrages en coulisse à venir, d’autant que le chef du gouvernement n’a donné aucune date d’ouverture des remontées mécaniques, avançant janvier mais sous réserve que les effets des restrictions actuelles soient palpables.

Jean Castex a indiqué que le secteur serait indemnisé pour les pertes occasionnées par cette décision. Il a notamment évoqué le sort des saisonniers dont il « n’ignore ni le rôle ni le poids dans cette activité très importante pour notre pays ».

Rappelons que les vacances de Noël et fin d’année représentent entre 20 et 25% des recettes de l’économie de montagne dont le chiffre annuel dépasse les 10 milliards d’euros, et fait travailler 120 000 personnes auxquelles s’ajoutent de nombreux emplois indirects en vallée.

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