JOP 2030 : les 4 exigences de la Convention Citoyenne de POW pour des Jeux durables

Le 18 décembre 2025 à Annecy, l’association Protect Our Winters (POW) France a restitué les travaux de sa « Convention Citoyenne Olympique ». Face aux 36 citoyens réclamant un droit de veto environnemental et une transparence radicale, le Comité d’organisation (COJOP) a, pour la première fois, répondu publiquement. Si le dialogue est ouvert, la confrontation des logiques est nette : quand l’organisation met en avant l’urgence des « 1507 jours » restants et d’inévitables « renoncements », POW France exhorte à ne pas faire du chronomètre une excuse à l’inaction climatique.

Quatre piliers pour des Jeux sous contrôle

Rassemblant 36 citoyens originaires d’Annecy et des Aravis pendant trois week-ends, la convention citoyenne de l’association Protect Our Winters vient de rendre ses conclusions. Le rapport pose des lignes rouges claires. Sur la gouvernance, il exige un « comité de contrôle citoyen » doté d’un pouvoir consultatif et d’un droit de suite sur l’héritage. Sur les finances, il réclame la preuve formelle que 95 % des infrastructures utilisées seront bien existantes, refusant tout nouvel équipement (comme la patinoire de Nice alors qu’il en existe à Grenoble et Albertville) si des alternatives sont disponibles. Sur l’environnement, la convention demande l’instauration d’un organisme indépendant disposant d’un droit de veto. Enfin, sur la mobilité, elle prône l’accès 100 % décarboné aux sites et des quotas stricts sur l’aérien.

1507 jours avant les jeux….

Présent lors de la restitution, Élie Patrigeon, Directeur Impact et Héritage du COJOP, a réagi « à chaud » aux interpellations selon le communiqué de POW. S’il a reconnu la nécessité d’améliorer la transparence financière et environnementale, il a immédiatement opposé la réalité des contraintes opérationnelles. Rappelant le « timing serré » avant l’échéance et les limites budgétaires, il a averti que des « arbitrages » et des « renoncements nécessaires » seraient inévitables. Les engagements chiffrés et le détail de la consultation officielle sont, eux, renvoyés au printemps 2026.

Une posture défensive qui n’a pas convaincu Laureline Chopard. La présidente de POW France estime, elle, que « la pression du calendrier ne doit pas être une excuse à l’inaction, mais un moteur pour innover et prendre des décisions rupturistes ». Pour l’association, cet exercice prouve que « les habitants savent rendre des avis sérieux et éclairés dès lors qu’on leur en donne l’opportunité ». Elle invite désormais les collectivités à ne plus confondre « simple information du public » et « implication approfondie », promettant de continuer à outiller les citoyens pour que les parties prenantes prennent leurs responsabilités.

Zoom sur les quatre propositions

1. Démocratie et transparence :

  • Un portail d’information public pour suivre les décisions, les budgets et les avancées comme cela est fait pour les JOP de Milan-Cortina.
  • Des conventions citoyennes à minima sur tous les sites hôtes.
  • Un comité de contrôle citoyen actif avant, pendant et après les Jeux, doté d’un pouvoir consultatif sur les décisions clés, également chargé du suivi et de l’audit de l’héritage des JOP
  • Enfin, selon eux, “un projet d’une telle envergure ne peut se dispenser d’une consultation nationale, qu’elle prenne la forme d’un référendum ou d’un débat parlementaire approfondi. »

2. Finances :

  • Clarté budgétaire : une comptabilité publique et détaillée, accessible à tous. 
  • Priorité à l’existant : utiliser 95 % d’infrastructures déjà présentes « Pourquoi investir quand on a déjà des patinoires, des stades, des tremplins et des savoir-faire locaux ? »
  • Protection des territoires : garantir que les coûts d’entretien post-JO ne pèsent pas sur les budgets locaux. « Les Jeux doivent laisser un héritage, pas une dette.« 

3. Mobilités :

  • 100 % des accès aux sites en transports en commun : des pôles d’échange multimodaux, et des navettes dédiées. 
  • Mise en place de quotas stricts pour les spectateurs venant en avion, ainsi que la création de fan zones internationales, permettant de suivre les épreuves à distance sans nécessiter de déplacements longs et polluants.
  • Une billettique couplée à l’utilisation des transports en commun. 

4. Environnement :

  • Nous exigeons la mise en place d’un processus de validation environnementale indépendant. Un organisme extérieur, mandaté pour son expertise et son impartialité, doit avoir un droit de veto.
  • Fixer des objectifs environnementaux contraignants (en phase avec les objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre des Accords de Paris à minima),  et sanctionner les dépassements.
  • Choix des sites : privilégier les lieux déjà équipés et enneigés, et éviter les aménagements inutiles.

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