À la veille de la sortie de son nouvel EP ce vendredi 3 avril, Actumontagne a appelé le chanteur et guitariste du groupe de rock originaire de Cluses, Aurélien. Confiné chez lui au pied des montagnes, le leader de Bear’s Towers compte sur la puissance des réseaux sociaux pour faire découvrir ce troisième album, dont le single Vertigo a tout du hit. En attendant de reprendre la scène dès que possible, épidémie de coronavirus oblige.

Actumontagne : Pas trop dur le confinement Aurélien alors que sort le nouvel EP du groupe ?
Aurélien : Non ! Nous faisons comme tout le monde, nous restons chez nous et sortons le moins possible en respectant les consignes ! J’ai la chance d’avoir un jardin et il fait beau, donc c’est supportable ici. Notre EP Prism était déjà tout prêt. Il est disponible sur toutes les plateformes depuis hier soir minuit et le clip du single Vertigo sort également aujourd’hui. Notre seul souci est que pour l’instant, les concerts liés à la sortie de l’album, sont par contre soit annulés, soit reportés. Mais c’est ainsi, priorité à la santé.

Actumontagne : C’est important la sortie du clip Vertigo ?
Aurélien : Oui, car il permet de donner du contenu visuel à notre EP. En plus, il représente la concrétisation de pas mal de travail, notamment avec l’équipe de Blue Hats. Il a été tourné dans différents endroits, dont les environs du Mont-Saxonnex qui nous tiennent à coeur.

Vertigo, le single qui a tout d’un tube !

Actumontagne : D’où vient le nom du groupe fondé en 2015 et produit par Single Bel, label lui aussi haut-savoyard ?
Aurélien : C’est un nom qui sonne très folk et nature, tout ce qu’on aime ! J’ai commencé à faire de la musique avec les jumeaux Tommy et Nathan. Avec ma silhouette trapue et ma barbe, je ressemble un peu à un ours. Lorsque l’on montait sur scène, j’étais encadré par les deux frères longilignes, un comme deux tours autour de moi ! Olivier nous a ensuite rejoint, la troisième tour ! D’où Bear’s Towers, un nom qui exprime à la fois notre personnalité et notre esprit.

Actumontagne : Avant de monter le groupe en 2015, que faisiez-vous chacun d’entre vous et quel est votre background respectif en musique ?
Aurélien : Les jumeaux étaient étudiants en informatique, Olivier suivait des études de management-gestion à Lyon et moi j’étais vendeur dans un magasin de peintures en bâtiment. Si Tommy, Nathan et Olivier ont commencé la musique dans leur jeunesse, moi j’ai démarré à 16 ans après m’être offert une guitare à Noël. Je ne l’ai plus lâchée, et c’est en apprenant la guitare que j’ai aussi découvert ma voix, en autodidacte. J’ai juste pris quelques cours pour apprendre le mécanisme et savoir la préserver.

Actumontagne : Qui écrit les textes et pourquoi en anglais ?
Aurélien : C’est principalement moi qui écrit les textes mais toujours en impliquant les autres membres du groupe. Nathan et Olivier écrivent aussi un peu. La musique est composée par Nathan et moi, un peu Olivier, par ailleurs très très bon dans l’orchestration. Nous lui donnons une matière brute qu’il enrichit savamment. Pour notre style de musique, l’anglais était une évidence, sans compter qu’écrire des textes en français exige une plume exceptionnelle. Lors de notre tournée au Royaume-Uni à l’automne dernier, nous avons été bien accueillis, preuve que nous n’écorchions pas trop la langue anglaise !

Bear’s Towers, quatre garçons de Haute-Savoie ! ©Romain Lohezic

Actumontagne : De quels artistes vous réclamez-vous ? La critique spécialisée cite Imagine Dragons, U2…
Aurélien : U2 je n’ai pourtant jamais trop écouté ! J’aime assez, mais je ne me suis jamais identifié à eux, contrairement à Mumford & Sons à nos débuts. Aujourd’hui, nous sommes plus dans le sillage de The Lumineers, Falls ou encore Tame Impala que personnellement j’adore.

Actumontagne : Vous êtes originaires de Cluses. La montagne vous inspire-t-elle ?
Aurélien : Complètement ! Elle fait partie de notre environnement, de nos paysages familiers. J’aime beaucoup marcher en montagne, en forêt, pour trouver l’inspiration et me laisser porter. Dans nos morceaux, la nature et la montagne sont toujours très présentes. Parmi les expériences de scène les plus fortes que nous ayons vécues jusqu’ici, il y a notre passage à la première édition de Musilac Mont Blanc à Chamonix en avril 2018. La scène était au pied des glaciers. Une vue exceptionnelle qui a marqué tous les artistes. Nous pensions revivre un peu la même émotion avec Rock the Pistes 2020, festival des Portes du Soleil auquel nous devions participer, mais annulé en raison du coronavirus. Nous espérons que ce n’est que partie remise !

Propos recueillis par Sophie Chanaron

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