Pendant sept jours, chevaux et cavaliers ont animé Megève, tant sur le plan sportif que festif. Événement phare de l’été pour le village haut-savoyard, le Jumping international de Megève a une nouvelle fois fait le bonheur des fans d’équitation comme des non-initiés. Sa formule en libre accès, voulue dès le départ par les organisateurs, participe à la réussite populaire de la manifestation, par ailleurs belle vitrine de la montagne estivale.

Dans le calendrier des concours de saut d’obstacles français, le Jumping international de Megève est à part et cela pour plusieurs raisons. Il est à ce jour le seul concours de ce niveau là en montagne. Un atout en ces temps de canicule, car si la journée, il fait presque aussi chaud en moyenne montagne qu’en plaine, la fraîcheur du soir permet aux athlètes hommes comme chevaux, de récupérer ! Ce concours de saut d’obstacles (CSO) est aussi l’un des rares à proposer des épreuves des trois circuits différents qui régissent la discipline en France : clubs, amateurs et professionnels.

Le Jumping international de Megève, une fête chic et populaire ! © Daneophoto

Autre particularité de cet événement de sport équestre, il est ouvert à tous et gratuit. “Dès le départ, nous l’avons pensé comme une fête de village et non pas comme un événement réservé à un microcosme”, rappelle Pascaline Freiher-Scharapan, co-organisatrice de l’événement avec l’association Megève en selle. Cette ancienne skieuse de l’équipe de France de ski, originaire du village haut-savoyard, cavalière amateure pendant une dizaine d’années après avoir rangé les skis, l’assure : même si ce jumping devenait un jour un concours cinq étoiles -la catégorie la plus élevée au niveau mondial-, la règle de la gratuité pour le public serait conservée.

Un public très familial et chaleureux pour le Jumping international de Megève ©Daneophoto

Un totem qui a plu d’entrée à Pierre Durand, le champion olympique 1988 avec son fidèle Jappeloup, fervent défenseur de la démocratisation des sports équestres. Parrain du jumping à sa création, il a œuvré en coulisses pour que Pascaline Freiher-Scharapan et Frédéric Muffat, co-organisateur jusqu’à la 10e édition, puissent créer ce concours de saut d’obstacles alpin, adoubé par la Fédération française d’équitation. L’ancien cavalier et président de la FFE (1993-1998) s’est aussi employé à le “vendre” aux cavaliers français et étrangers. Depuis, Pierre Durand n’a manqué aucune édition et contribue encore largement aujourd’hui à faire venir les têtes d’affiche. Comme cette année, le cavalier brésilien Rodrigo Pessoa. Ce dernier possède l’un des plus beaux palmarès : champion olympique à Athènes en 2004, champion du monde en 1998 et triple vainqueur de la coupe du monde (1998-1999-2000) avec son fameux étalon Baloubet du Rouet, père de nombreux cracks.

Deux champions olympiques entourent Freiher-Scharapan, co-organisatrice du Jumping de Megève : le Français Pierre Durand (1988) et le Brésilien Rodrigo Pessoa (2004), présent pour la première fois à Megève et sans doute pas la dernière ! ©K. Allais

Le “pilote”* brésilien, né en 1972 en France (son père Nelson, surnommé le Sorcier volant, était lui-même un cavalier exceptionnel) ne s’est pas fait prier pour venir à Megève, la destination permettant d’allier métier et vacances en famille ! Et qu’importe si le CSO haut-savoyard est passé depuis l’an dernier de niveau trois étoiles à deux étoiles en raison du retrait de son sponsor majeur, le groupe Edmond de Rothschild. “Nous avons gardé la même qualité d’infrastructures et de prestations, tant pour le public que pour les cavaliers”, souligne Pascaline Freiher-Scharapan.

De nouveaux sponsors sont venus aux côtés de la Mairie de Megève, indéfectible soutien du Jumping. La collectivité en est désormais le partenaire numéro un. Son enveloppe, inchangée, s’élève à 230 000€, montant auquel il faut ajouter l’aide logistique des services techniques de la commune. “Ce changement de catégorie, qui n’affecte que la dotation du concours -et donc les gains des cavaliers-, n’entame en rien l’attrait de l’événement auprès du grand public”, constate Catherine Jullien-Breches, maire de Megève, terre de cheval. Pour l’élue, les infrastructures sont les mêmes qu’auparavant, le spectacle sur la piste et l’ambiance festive aussi.

Pour la maire de Megève, Catherine Jullien-Breches, maire de Megève, le Jumping de Megève est avec Toquicimes ! l’un des leviers de l’attractivité de Megève auprès des touristes mais aussi des habitants du territoire ©Actumontagne

Le Jumping de Megève, c’est du sport, mais aussi la fête, deux éléments constitutifs de l’ADN de la station-village ! ©Daneophoto

“Le jumping génère des retombées économiques importantes pour le territoire et constitue aussi une belle vitrine pour la saison d’été à Megève et la montagne estivale en général”, se félicite celle qui est aussi vice-présidente de la Communauté de communes et du Département de la Haute-Savoie, en charge du tourisme. Un secteur pilier de l’économie haut-savoyarde dont la pérennité passe par son verdissement, mais aussi sa diversification. Le Jumping international de Megève est avec Toquicimes ! l’événement de l’automne autour de la gastronomie -parrainé par Pierre Hermé cette année !- l’un des symboles de la volonté de la destination de montagne, de proposer à ses hôtes des activités et événements atypiques, sortant des sentiers battus, mais en en lien avec son ADN.

Sophie Chanaron

C’est le Français Harold Boisset qui a remporté la plus grosse épreuve du concours international (1m45), en selle sur Tobetty du Domaine. Le couple a été le plus rapide sur le parcours dessiné par Gregory Bodo, chef de piste international pressenti pour être celui des JO de Paris en 2024 ! ©Daneophoto

*Dans le jargon du CSO, les cavaliers-cavalières sont aussi appelés des pilotes !

- Advertisement -