Un peu moins d’un an après son terrible accident en tentant de battre le record du monde de quaterpipe (le 30 avril 2019 à La Plagne), Kevin Rolland a pu reskier dans un half-pipe. C’était il y a quelques jours, à Crans-Montana (Suisse), à la veille de la fermeture généralisée des stations pour cause de coronavirus ! Une vidéo de sa nouvelle série « One minute please » montre ce retour aux affaires du Plagnard, champion du monde de la spécialité en 2009 et quadruple vainqueur des X-Games. Il s’est confié à Actumontagne.

Actumontagne : Quelles ont été les étapes qui vous ont permis de vous retrouver de nouveau dans un half-pipe ?

Kevin Rolland : Je suis sorti de rééducation en décembre, et j’ai recommencé à skier  dans la foulée. J’ai fait beaucoup de ski libre, mais aussi recommencé assez vite les petits sauts, puis des backflips et d’autres figures assez basiques pour moi. Puis j’ai eu la chance d’aller skier dans la poudreuse au Japon mi-janvier, et j’ai encore monté l’intensité début mars en descendant la piste de bobsleigh de La Plagne.

Kevin Rolland © Louis Garnier

Avez-vous eu de l’appréhension au cours de cet hiver ?

Oui, un peu, mais c’était naturel. C’est aussi pour cela que j’ai pris mon temps pour revenir, que je n’avais pas prévu de m’aligner sur des compétitions cet hiver. C’était un hiver de reprise. Je n’ai éprouvé aucune frustration par rapport au temps nécessaire pour revenir, surtout quand je regarde où j’en étais il y a six mois.

Quel est le concept de votre web série « One minute please » ?

J’ai toujours aimé les projets vidéos et artistiques, parallèlement à la compétition. Là, je voulais quelque chose de rapide, pour faire un résumé de ce qui me fait kiffer. Et il faut savoir qu’il y a en plus un gros documentaire en préparation, qui devrait sortir à l’automne 2020. A l’origine, il devait traiter uniquement de ma tentative de record du monde de quaterpipe. Mais par la force des choses, le concept a évolué, et les équipes de Beats by Dre m’ont suivi avant, pendant et après l’accident.

Kevin Rolland a vite retrouvé ses repères dans le half-pipe de Crans-Montana (Suisse), « avec un plaisir quintuplé » © Louis Garnier

Revenons sur votre descente à skis de la piste de bobsleigh de La Plagne. Ce n’était pas une première pour vous…

En effet, je l’avais déjà dévalée pour « Fast Forward » (une vidéo tournée en avril 2015), mais ce n’était qu’une séquence parmi d’autres. Pour « One Minute Please », je voulais vraiment mettre en valeur cette piste de bobsleigh unique en France. C’est pour cela que j’ai voulu la filmer avec un drone de course, afin d’avoir une vision différente de ce qu’on a avec une caméra classique. Il y avait une dimension artistique.

Sacré défi tout de même !

Oui, le secret c’est ne pas tomber ! Mais j’y suis allé progressivement, en démarrant d’abord du milieu de la piste, puis du départ dames, et enfin du sommet. Et puis je la connaissais déjà cette piste, donc je n’avais pas laissé trop de place au hasard. Cela dit, comme il n’y a pas le droit à l’erreur, on est très crispé au niveau des jambes, c’est un peu comme faire une descente de coupe du monde de ski alpin je pense ! Il faut surtout éviter d’essayer d’accrocher les carres dans la glace, en bref garder le ski à plat autant que possible, en dépit des virages relevés. Le plaisir d’une telle descente, c’est clairement dans l’adrénaline.

Pour l’épisode précédent de sa web-série « One minute please », Kevin Rolland avait dévalé la piste de bobsleigh de sa station de La Plagne… en ski ! © DR

Enfin, il y a quelques jours, vous êtes revenu dans un half-pipe à Crans-Montana…

J’étais très très heureux d’y être. Mais refaire des doubles (rotations) un an après mon accident, je me disais quand même qu’il ne fallait pas m’en remettre une (chute). Mais j’éprouvais davantage d’adrénaline que d’appréhension. Le plaisir était quintuplé, parce que tout ce que j’avais fait cet hiver, au fond, c’était pour reskier dans un half-pipe. Même si je n’ai pu faire qu’une session de deux heures, c’était vraiment un aboutissement. J’ai vite retrouvé pas mal de hauteur, parce que finalement, c’est là que j’ai mes repères. Je me suis vite senti à l’aise.

Kevin Rolland dans ses œuvres © Mathias Lopez

Quid de l’hiver prochain ?

Je n’ai pas encore arrêté un programme précis, mais cela va de soi que j’aimerais retrouver la compétition. Je ne me fixerai pas d’objectif chiffré en termes de résultats. Cela dit, je ne vais pas m’aligner sur les compétitions si je ne me sens pas en mesure de jouer les premiers rôles.

Propos recueillis par Martin Léger

Photo de une : Kevin Rolland a reskié dans un half-pipe il y a quelques jours à Crans-Montana (Suisse), à la veille de la fermeture de l’ensemble des stations helvètes pour cause de coronavirus © Louis Garnier

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