Depuis le reconfinement, débuté le 30 octobre, tous les déplacements « non-essentiels » sont limités à 1h par jour et à un périmètre de 1km de rayon autour de chez soi, sauf dérogations. Celles-ci concernent notamment les éducateurs sportifs, qui peuvent s’entraîner sur leurs lieux d’exercices, entre professionnels autorisés, afin de maintenir leurs compétences, indispensables à la garantie de sécurité de leurs clients lors de la reprise de l’activité professionnel. « Ceci correspond à un besoin que le SNGM (Syndicat National des Guides de Montagne) a exprimé. En cela, les guides comme tous les autres professionnels du sport, ont été pris en considération et sont reconnaissants », écrit le SNGM dans un communiqué publié avant l’annonce par Jean Castex, jeudi 12 novembre, du maintien des mêmes règles de confinement jusqu’au 1er décembre.

© Billy Fernandez

S’ils se disent conscients de la situation sanitaire « préoccupante et complexe à gérer », les guides regrettent la restriction très forte, voire la suppression (selon où on habite) de la possibilité d’accès à la nature pour l’ensemble des citoyens. « En tant qu’éducateurs sportifs exerçant dans un milieu naturel, nous avons un rôle de passeurs entre le monde sauvage et une population devenue majoritairement citadine. Nous occupons ainsi une position d’observateurs privilégiés du lien qu’entretient l’humanité avec la nature. Nous voulons témoigner ici de son importance, évidente pour nous-mêmes qui avons fait le choix du métier de guide, mais également pour tous les amateurs d’activités de pleine nature», déclare Dorian Labaeye, membre du bureau directeur du SNGM.

©82-4000 Solidaires

Soulignant que le lien à la nature est « bien plus qu’un simple loisir (…), un élément essentiel de l’équilibre de l’être humain, (…) qui participe ainsi la qualité du système immunitaire (…) [étant] en cela une vraie question de santé publique », le SNGM estime que « les activités de pleine nature ne devraient pas faire l’objet de restriction d’accès, a fortiori dans un contexte comme celui-ci. » A la lumière de la situation actuelle, avec « la crise sanitaire [qui] semble s’installer dans le quotidien de chacun et de manière plus durable (qu’au printemps,ndlr) (…) il apparaît primordial que la société dans son ensemble puisse participer de manière collective et responsable à la définition de ses besoins et de ses valeurs fondamentales et veille au respect de ceux-ci. »

®Sallanches Tourisme/Michel Maupas

A  défaut de pouvoir encadrer leurs clients dans des pratiques sportives de montagne pendant ce reconfinement, les guides appellent au moins à rendre possible l’accès aux activités de pleine nature pour tous. « Cette liberté fondamentale est pleinement compatible avec un appel à la prudence et à la responsabilité individuelle.(…) Professionnels de la haute montagne, nous savons que les amateurs sont à même de respecter, comme nous, les règles de prudence tant sur le plan technique que sur le plan du respect des protocoles sanitaires ».

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