Dévoilé aujourd’hui à Paris, le parcours du 107ème Tour de France cycliste, qui se déroulera du 27 juin au 19 juillet 2020, visitera les cinq massifs montagneux de l’Hexagone. Mieux loties que les Pyrénées, les Alpes accueilleront l’étape la plus haute – et peut-être la plus décisive – avec une arrivée inédite au col de la Loze, au-dessus de Méribel. Le Tour fera aussi son retour en Isère, avec notamment une arrivée d’étape à Villard-de-Lans.

Une traversée de la France d’Est en Ouest puis d’Ouest en Est, en occultant totalement la moitié Nord de la France à l’exception des deux dernières étapes : le contre-la-montre de 36 km entre Lure et La Planche-des-Belles-Filles (le seul chrono de cette édition 2020) et celle en ligne entre Mantes-la-Jolie et Paris. Voilà le profil général du Tour de France 2020, qui semble clairement taillé pour les grimpeurs, avec, outre l’absence totale de contre-la-montre plat, 29 cols au programme (un de moins qu’en 2019) et surtout six arrivées en altitude au cours des 20 étapes en ligne.

Les coureurs du Tour de l’Avenir, les premiers à escalader le col de la Loze dans le cadre d’une compétition professionnelle, ont particulièrement souffert dans cette montée qui propose des rampes allant jusqu’à 20 % ! © Sylvain Aymoz /Méribel Tourisme

Si le Tour de France traversera les cinq massifs montagneux – comme en 2017 – on peut dire que les Alpes ont été les mieux loties. « L’étape reine », sur le papier, sera la 17ème, entre Grenoble et le col de la Loze, ce nouveau « géant » (2304 m d’altitude) qui permet de basculer de Méribel à Courchevel (ou vice-versa). Ouverte seulement depuis cet été – il s’agissait auparavant d’une piste 4×4 – la partie finale de cette ascension est une bande cyclable de 5 mètres de large interdite à la circulation automobile. Elle s’annonce redoutable avec ses 9,4 % de moyenne sur 7 km, et surtout un profil très irrégulier et donc casse-pattes, avec des rampes à 20 %. L’ascension totale de ce col de la Loze, escaladé depuis Brides-les-Bains via Meribel, s’étire sur 21,5 km à 7,8 %. Elle risque d’être d’autant plus décisive qu’un peu plus tôt au cours de cette étape de 168 km, les coureurs auront gravi le col de la Madeleine sur son versant mauriennais (17,1 km à 8,4 % de moyenne), en empruntant l’inédite route de Montgellafrey, plus irrégulière et donc plus difficile que l’itinéraire « classique », que les coureurs retrouveront à Saint-François-Longchamp. Le lendemain, les coureurs auront droit à une étape entre Méribel et La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), via le Cormet de Roselend (depuis Bourg-Saint-Maurice), le col des Saisies depuis Beaufort, le col des Aravis depuis Flumet, la redoutable montée des Glières et le passage par la portion non-asphaltée sur le plateau éponyme (comme en 2018), avant de redescendre sur Thorens-Glières et la Roche-sur-Foron en escaladant au passage le très roulant col des Fleuries. Mais avec le sommet de la véritable dernière difficulté – la montée des Glières – placé à 32 km de l’arrivée (qui se fera au pied d’une descente), pas sûr que cette étape soit vraiment décisive sur le papier.

Christian Prudhomme considère le col de la Loze – « une succession de ruptures de pentes toutes plus brutales les unes que les autres » – comme « le prototype du col du XXIe siècle », ainsi qu’il l’a affirmé ce mardi 15 octobre à l’occasion de la présentation du tracé du Tour de France 2020. © Sylvain Aymoz – Méribel Tourisme

L’étape 100 % iséroise tracée entre La Tour-du-Pin et Villard-de-Lans pourrait a contrario générer quelques écarts (de l’ordre d’une dizaine de secondes) entre les cadors du général. Après 47 km assez vallonnés jusqu’à Saint-Laurent-du-Pont via notamment la cote de Virieu et Voiron, les coureurs escaladeront le col de Porte, la cote de Revel depuis Domène, et la montée de Saint-Nizier-du-Moucherotte depuis Seyssins, avant une vingtaine de kilomètres plutôt plats (ou en faux-plat descendant) et la courte, mais assez rude montée finale (2 km à 7 % de moyenne avec des rampes à 10 % au pied) en direction de la Cote 2000, porte d’entrée principale du domaine skiable de Villard-de-Lans. Chantal Carlioz, vice-présidente du département de l’Isère en charge du tourisme et maire de Villard-de-Lans, est évidemment ravie de ce tracé du Tour de France 2020 : « Nous sommes particulièrement heureux d’accueillir le Tour, parce que c’est le seul évènement qui va à la rencontre du public. Cela fait du Tour un rendez-vous populaire unique en son genre. Le Tour de France est avant tout un Tour en France, qui rassemble bien au-delà des passionnés de vélo, à la télévision, dans nos villes et villages, et sur le bord de nos routes départementales. »

Chantal Carlioz (maire de Villard-de-Lans et présidente d’Isère Tourisme) pose aux côtés de Christian Prudhomme, le directeur de la Grande Boucle, lors du Tour de France 2017, à la Mure, qui était ville-départ d’une étape s’achevant à Serre-Chevalier © Isère Tourisme

Le Tour de France 2020 fera aussi la part belle aux Alpes du Sud, avec dès la deuxième journée une étape en boucle autour de Nice longue de 187 km et quasiment 4000 m de dénivelé, via les cols de la Colmiane (aussi appelé col Saint-Martin), du Turini, d’Eze et des Quatre-Chemins, puis deux jours plus tard avec une étape Sisteron-Orcières Merlette, théâtre de la première arrivée au sommet, au terme d’une montée de 7 km à 6,7 % de moyenne. Les autres arrivées au sommet auront lieu lors de la 6ème étape (Le Teil – Mont Aigoual, avec une dernière montée longue de 34 km, dont les 12 km à 7 % du col de la Lusette, situé à 14 km de l’arrivée), de la 13ème étape (Chatel-Guyon / Puy Mary, qui proposera 4400 m de dénivelé positif cumulé, record de cette édition 2020, avec surtout une montée finale de 5,4 km à 8,1 % dont près de 12 % sur les 2,5 derniers kilomètres), de la 15ème étape (Lyon-Grand—Colombier, le géant du Bugey étant d’abord escaladé par l’Ouest sur 11 km à 8,1 % jusqu’à la Selle de Fromentel, avant les 7 km à 8,9 % du col de la Biche et l’ascension finale depuis Culoz sur 17,4 km à 7,1%).

Exclusivement réservée aux cyclistes, la partie finale du col de la Loze est une bande cyclable d’environ 5 mètres de large de 7 km à 9,4 % de moyenne, qui alterne de courts replats et des rampes pouvant aller jusqu’à 20 % ! © Sylvain Aymoz – Méribel Tourisme

En revanche, les Pyrénées ne verront pas la moindre arrivée au sommet, et n’auront droit qu’à deux étapes. La 8ème, entre Cazères-sur-Garonne et Loudenvielle, propose un enchaînement du col de Menté, du port de Balès et du col de Peyresourde, dont le sommet se trouve à 9 km de la ligne d’arrivée. Le lendemain, c’est une étape Pau-Laruns qui est au programme, avec notamment deux ascensions corsées : l’inédit col de la Hourcère (11 km à près de 8,8 % de moyenne) enchaîné avec les 3,8 km à 8,5 % du col de Soudet, avec seulement 5 km de descente entre les deux ; puis les 7,7 km à 8,6 % du col de Marie-Blanque (dont les quatre derniers kilomètres à 11%). Dommage que le sommet soit situé à 18,5 km de l’arrivée, ce qui risque de limiter les écarts créés dans la montée.

Martin Léger

Photo de une : Ouvert depuis la mi-juillet 2019, le col de la Loze a accueilli fin août une étape « sprint » du Tour de l’Avenir entre Brides-les-Bains et Méribel © Sylvain Aymoz – Méribel Tourisme

Ouvert depuis la mi-juillet 2019, le col de la Loze a accueilli fin août une étape « sprint » du Tour de l’Avenir entre Brides-les-Bains et Méribel © Sylvain Aymoz – Méribel Tourisme