La société des remontées mécaniques de Saint-Gervais Mont-Blanc (STBMA) a investi 8,5 M€ cette année pour remplacer le télésiège des Chattrix et modifier la piste bleue éponyme. De quoi redynamiser le secteur de Saint-Nicolas-de-Véroce. Le point avec Alexandre Merlin, directeur général du domaine skiable saint-gervolain.

Actumontagne : Y avait-il urgence à revaloriser cette porte d’entrée du domaine skiable de Saint-Gervais-Mont-Blanc ?
Alexandre Merlin
 : Nous avons investi plus de 40 M€ ces dernières années sur notre domaine. Investir aujourd’hui sur le secteur de Saint-Nicolas-de-Véroce a un double intérêt. Un, participer à l’élan collectif du village. L’église a été refaite, la chapelle des Plans a été restaurée et un hôtel & Spa 5 étoiles de 17 chambres, L’Armancette, a ouvert cet été. Deux, en poursuivant nos investissements, nous offrons une vraie porte d’entrée sur cette partie du domaine skiable et facilitons l’accès à la mythique piste de la Grande Épaule.

Actumontagne : Une piste desservie par le télésiège de l’Épaule, lui aussi très récent ?
Alexandre Merlin
 : Nous l’avons remplacé voilà deux ans ! Mais la piste, qui offre à son sommet une vue magique sur le mont Blanc, puis 1 000 mètres de dénivelée jusqu’aux Chattrix, restait peu fréquentée du fait de la lenteur de l’ancien télésiège des Chattrix. Avec le nouvel appareil, un 6 places débrayable, le secteur de Saint-Nicolas-de-Véroce est remis totalement à neuf et va retrouver l’attractivité qui devrait être le sien. Il abrite côté Mont-Joly la partie la plus technique de notre domaine avec une noire et une rouge extra, et côté Épaule, une belle rouge, une bleue réaménagée et des zones de hors-piste magiques !

Alexandre Merlin, directeur général du domaine skiable de Saint-Gervais-Mont-Blanc ©STBMA/MontagneLeaders

Actumontagne : Qu’apportez-vous concrètement à vos clients avec ces investissements ?
Alexandre Merlin
 : Avec le nouveau télésiège des Chattrix, la montée prend tout juste 5 minutes, soit trois fois moins de temps. Il amène aussi plus de confort et de sécurité, notamment pour le transport des enfants. Le nouveau positionnement de la gare de départ permet un accès skis aux pieds et PMR. Nous avons également supprimé le passage délicat de la piste bleue. Désormais plus large et plus constante, cette bleue permettra aux skieurs débutants de redescendre plus facilement à Saint-Nicolas-de-Véroce. Enfin, nous avons calibré le nouvel appareil pour que tous les sièges puissent être garés dans les gares l’été, afin d’en limiter l’impact visuel.

Actumontagne : Cet aménagement s’accompagne aussi de la création d’un hibernaculum pour la protection des reptiles. Le mettrez-vous en scène pour en faire un lieu de visite ?
Alexandre Merlin 
: Pas du tout. Il s’inscrit dans la démarche environnementale que nous avons engagée voilà dix ans. Pour réduire l’empreinte de notre activité sur le milieu naturel. Nous avons aussi respecté la vie des oiseaux en attendant la fin de la reproduction et leur départ pour abattre certains arbres. Enfant du pays, je suis comme tous amoureux de la montagne. Il y a un équilibre possible entre l’économie et l’environnement.

Actumontagne : Vous envisagez ainsi la création d’un observatoire environnemental ?
Alexandre Merlin : Tout à fait, pour mieux anticiper et réduire nos impacts. Dans des stations comme la nôtre, nous sommes restés dans l’enveloppe du départ. Notre objectif est de garder une belle offre dans le meilleur environnement l’été comme l’hiver. C’est un effort collectif car si l’hiver nous sommes l’acteur principal, l’été nous ne sommes que l’un parmi d’autres.

Propos recueillis par Nathalie Ruffier

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