Les travaux de requalification des Caves de la Chartreuse à Voiron ont officiellement démarré avec la pose du premier arbre -et non d’une première pierre- à l’entrée du bâtiment le 4 septembre dernier. Un joli clin d’œil de la célèbre maison de liqueurs voironnaise à la forêt, environnement cher aux chartreux. Mais aussi illustration de la volonté de l’entreprise patrimoniale de faire sa part dans la réduction des émissions de gaz à effets de serre.

Emmanuel Delafon lançant le chantier de requalification des caves de la Chartreuse à Voiron ©Pascal Flamant

« C’est sans doute la forêt qui nous sauvera en 2050 », a ainsi lancé Emmanuel Delafon à ses invités en « plantant » symboliquement le jeune érable avec les différents partenaires territoriaux accompagnant cet ambitieux projet touristique (la Région, le Département de l’Isère, la ville de Voiron, le Pays Voironnais, Cœur de Chartreuse).

La pose symbolique du premier arbre du futur site touristique et culturel de la Chartreuse à Voiron par les différents partenaires institutionnels ©Actumontagne

Une livraison en 2022

Le chantier va en effet durer 15 mois, et totalement transformer le site historique de Voiron qui abritait tous les services depuis la fin du XIXIe siècle et jusqu’à novembre 2017. Depuis cette date et dans le cadre du plan Grand Avenir, la distillation a été transférée à Aiguenoire sur la commune d’Entre-Deux-Guiers fin 2017. En juin dernier, l’embouteillage et l’expédition l’ont suivie dans ce site dédié à la production, en plein cœur du Parc naturel régional.

Dans ce bâtiment moderne, le nouvel atelier d’embouteillage et l’expédition des liqueurs Chartreuse, inauguré également le 4 septembre ©Christian Allegret

Restent à Voiron les services administratif et commercial, la boutique, et bien sûr , le centre de visite bientôt repensé. « Nous investissons dans un nouveau projet énorme de tourisme mêlant culture, histoire, patrimoine, savoir-faire ou encore gastronomie, un dernier axe très prometteur pour la Chartreuse », indique Emmanuel Delafon. « Sans nos partenaires territoriaux, nous n’aurions pas pu aller aussi vite et aussi loin », affirme celui qui mène tambour battant la modernisation de la maison depuis 2013.

Une transformation des caves de Voiron à 5 M€

La Région apporte 2 millions d’euros à la création du site touristique et culturel de la Chartreuse, l’un des 26 emblématiques d’AURA ©Actumontagne

Après les 20 millions d’euros nécessaires à la construction de la 7e distillerie de l’histoire des chartreux à Aiguenoire, 5 millions d’euros vont être investis pour créer à Voiron la nouvelle vitrine des liqueurs Chartreuse. La Région Auvergne-Rhône-Alpes apporte une subvention de 2 millions d’euros. « Dans notre région il y a peu de produits aussi emblématiques et authentiques d’un territoire que la liqueur Chartreuse », explique Laurent Wauquiez, président de la Région. « Il est important qu’il y ait un lieu comme celui qui va être créé ici en mesure de nous rappeler notre histoire et de la transmettre. L’objectif est den faire l’un des 20 sites emblématiques d’AURA, au même titre que le parc des Oiseaux ou la basilique de Fourvière ».

©Actumontagne

Pendant les travaux, les visites continuent

Confiée au cabinet d’architecture Barillot, la revalorisation des Caves de Voiron va redéfinir les espaces et imaginer de nouveaux parcours muséographiques, avec le concours de l’agence des Bâtisseurs de Mémoire. Qu’on se rassure la plus longue cave à liqueurs du monde -164 mètres – sera conservée. Sous ses voûtes, la liqueur du foudre 147, vendue exclusivement à la boutique de Voiron et vrai succès commercial depuis son lancement l’an dernier, continuera de vieillir et d’embaumer les lieux ! Pendant les 15 mois de travaux, ni la boutique ni les caves ne fermeront moyennant des adaptions d’horaires et de parcours pour les visites (uniquement sur réservation au 04 76 05 90 34 ou www.chartreuse.fr).

La liqueur du foudre 147, la seule qui va continuer à vieillir dans les caves de Voiron ©Actumontagne

Une diversification à venir

Emmanuel Delafon, dans la continuité du Projet Grand Avenir, initié en 2015, a annoncé à ses invités qu’avec ses équipes il planchait sur la diversification des activités de l’entreprise. « Fabriquer des liqueurs est une activité difficile, très réglementée et fiscalisée -50% du prix de vente d’une bouteille de chartreuse verte revient à l’État-, aussi avons nous interpellé les chartreux sur la nécessité de développer une nouvelle activité autour de l’herboristerie ». Un retour aux racines des chartreux, herboristes réputés au XVIIe siècle, dont l’élixir végétal, inventé en 1706 et toujours fabriqué, reste le socle de leur savoir-faire. À la clé de cette implantation sur un marché particulièrement porteur (estimé en France à 3 milliards d’euros), une source de revenus complémentaires pour les sept monastères de l’ordre des chartreux, dont la vente des liqueurs constitue l’essentiel de ses ressources financières.

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