C’est le rituel du début du mois d’octobre : le cabinet G2A Consulting donne les tendances des réservations en montagne pour l’hiver à venir, à l’aune du suivi et de l’analyse de 1,6 million de lits commerciaux répartis dans 80 stations françaises. Et sans surprise, les premiers chiffres pour l’hiver 2021 ne sont pas bons.

Au 1er octobre, les nuitées sont en baisse de 26,5% par rapport à l’an dernier augurant d’un taux d’occupation en recul de plus de 9 points sur la saison. Les stations de charme accusent un baisse de 18% de leurs nuitées pour un taux d’occupation en retrait de 5 points. Pour les stations d’altitude, très dépendantes de la clientèle étrangère, les nuitées plongent encore plus sévèrement : -30% pour un taux d’occupation chutant de 12 points.

Parmi les hébergements les plus en retard à ce jour, les hôtels et les villages vacances (et parmi eux les centres de vacances en péril pour beaucoup) avec des réservations en baisse de 50%.

L’analyse des réservations des massifs montre que les Alpes du Nord sont de loin les plus impactées par l’attentisme du marché avec un retard des réservations de plus de 28% contre 16% pour les Alpes du Sud, moins dépendantes des clientèles internationales.

À deux mois du coup d’envoi de la saison, il faut raison garder. Les images des premières neiges dans les massifs ont fait le buzz sur Internet et les réseaux sociaux ces derniers jours. Rassurant sur l’appétence pour la destination neige. « Il y a effectivement un trafic soutenus sur les sites web des opérateurs, mais pas ou peu de transformation (ndlr : en réservation contrairement à d’habitude où l’on observe des pics de réservations à chaque chute de neige d’avant-saison) », rétorque Gilles Revial, co-fondateur de G2A. Pour lui, les maîtres mots de cette saison 2021 sont l’agilité et le collectif, indispensables pour espérer refaire tout ou partie du retard !

Si les mesures prises ces jours-ci pour freiner la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 portent leurs fruits, les réservations peuvent rebondir en dernière minute, voire en dernière seconde comme semble le croire la majorité des opérateurs.

Dans les semaines à venir, la montagne va s’employer à rassurer ses clients fidèles et les nombreux indécis dans un contexte de reprise de l’épidémie de Covid-19 (dont une grande campagne de communication à la télévision France Montagnes-Atout France dès le 15 octobre, relayée ensuite par celles d’autres acteurs).

Hébergeurs et exploitants promettent une grande souplesse dans leurs conditions de vente et d’annulation en lien avec l’évolution de l’épidémie.

À cette heure, tous jurent ne pas vouloir casser les prix espérant un retour à la normale d’ici 12 à 18 mois.

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