C’est sur le secteur de l’ancien aérodrome de la station de La Rosière, en Savoie, que le prochain fleuron du Club Med dans les Alpes est en train de pousser à vitesse grand V ! Les invités à la pose symbolique de la première pierre ont découvert que les bâtiments de plusieurs étages du projet, dessinés par le Grenoblois Alain Palma (Plexus Architectes) et le Savoyard Jean-Michel Villot (JMV Resort), étaient en effet déjà quasi hors d’air et hors d’eau en ce début d’automne. Un chantier dans le timing pour que ce futur resort du numéro un de l’hébergement touristique en montagne puisse ouvrir comme prévu en décembre 2020.

La construction de ce vaste complexe touristique, qui sera exploité hiver comme été, représente un investissement de près de 130 millions d’euros, porté par la SAS Mur La Rosière (Caisse des Dépôts et Consignations, la Foncière des Alpes et les banques régionales).
À Montvalezan, commune support de La Rosière-Espace San Bernardo, élus et socio-professionnels sont impatients que ce nouveau village 4 Tridents, comprenant comme son voisin d’Arc 1600 un Espace Club Med Exclusive Collection classé 5 Tridents, accueille ses premiers clients. Et pour cause, l’opérateur promet un millier de lits chauds (400 chambres) et 800 emplois directs et indirects ! « Nous veillerons avec les pôles emplois de la région à ce qu’un maximum d’entre eux soient à la disposition des locaux », a indiqué Henri Giscard d’Estaing, le pdg du groupe Club Med.

Jean-Claude Fraissard , maire de Montvalezan, et Henri Giscard d’Estaing, président du Club Med

À la clé aussi pour la destination, unique station des Alpes du Nord françaises à offrir un domaine franco-italien, une visibilité « sur la carte mondiale de la montagne ». Les 35 sites Internet du Club Med, dupliqués en 18 langues, feront la promotion de La Rosière sous l’emblème du chien Saint-Bernard, mascotte de la station à deux pas du col du Petit-Saint-Bernard. De l’ordre de 50%, la part de la clientèle internationale devrait grimper sensiblement dans les années à venir, grâce à la présence du Club Med qui annonce que l’hiver prochain dans les Alpes, 70% de ses Gentils Membres (GM) n’arriveront pas de France.

Un village intégré à son environnement

« Pour nous, le Club Med de La Rosière représente un projet de développement raisonné de la Savoie et des Alpes. Et il se veut particulièrement attentif à son environnement », estime Henri Giscard d’Estaing. Une réponse aux critiques sur l’emprise foncière de ses « paquebots » des cimes et sur le style de vacances zéro contrainte, pas vraiment un modèle de frugalité.
Le Club Med s’est engagé auprès de la commune savoyarde à dépolluer et revégétaliser 4000 m² en aval du site.

« Ce village vise aussi à obtenir la certification BREEAM New Resort, parmi les plus exigeantes au monde en matière d’écoconstruction », assure Henri Giscard d’Estaing, ajoutant que le village de La Rosière entamerait aussi les démarches Green Globe une fois en activité, ce label concernant cette fois l’exploitation responsable et durable de l’établissement (77% des Villages CM certifiés à ce jour). « Dans un souci d’efficacité et de gain d’énergie, le village de La Rosière analysera en permance 5000 points de consommation pour lutter contre le gaspillage et limiter son empreinte carbone.

Le Club Med a également travaillé avec des agriculteurs locaux, la commune et les remontées mécaniques pour que les zones de dépôt de terre à proximité du village soient ensemencées avec une graine approuvée par l’AOC Beaufort », poursuit le président du Club Med, confirmant sa volonté de poursuivre son développement dans les Alpes, fort de taux d’occupation de 90% l’hiver et 75% l’été.

Le président du Club Med et les différents acteurs du projet du futur village de La Rosière dont les premiers clients seront accueillis en décembre 2020

Des défis à prendre en compte

Pour autant, Henri Giscard d’Estaing ne cache pas que tous les acteurs de la montagne ont plusieurs défis à surmonter. « Nous ne voulons pas nous laisser griser par nos succès. Nous avons mené collectivement la relance du mois d’avril aux sports d’hiver, l’internationalisation et diversification de la clientèle, travailler la montée en gamme dans l’ensemble des Alpes. Mais soyons lucides, l’ensemble de ces bénéfices a été consommé par l’augmentation des coûts de construction et d’exploitation », souligne-t-il. « Le modèle économique du tourisme de montagne reste complexe, tendu. Une sorte de bulle de construction est en train de se créer, semblant ignorer ces contraintes, alors que la clientèle française continue de baisser, et que la compétition entre les pays dans le monde est féroce pour accueillir la clientèle internationale ». Sans compter le Brexit et son lot d’incertitude, ainsi que « l’incroyable complexité juridique » des projets, donnant lieu à des recours de toute sorte, qui pour le patron du Club Med, « empêchent les opérateurs de concentrer tous leurs efforts pour mettre en valeur la nature, la culture des Alpes et les populations montagnardes ». Et d’inviter les acteurs de la montagne à toujours plus de professionnalisme, à allonger la saison d’hiver, « événementialiser » Noël ou encore à amplifier l’attractivité de la montagne estivale, pour en faire une vraie alternative aux vacances à la mer.

Rénovation et création dans les Alpes
Pour cet hiver 2019-2020, deux sites sont sous les projecteurs : le village de l’Alpe d’Huez, rénové et agrandi, ainsi que les nouveaux chalets du resort du Grand Massif/Samöens. L’opérateur devraient lancer prochainement les rénovations du village de Peisey-Vallandry et de Saint-Mauritz. Côté nouveaux villages, Tignes, Valloire, La Clusaz, Le Grand-Bornand et Avoriaz sont en tête de liste !