Avec plus de 157 000 signataires, la pétition pour un accès responsable à la nature en période de confinement (… et d’éventuel reconfinement), lancée par l’accompagnateur en montagne d’Abriès Billy Fernandez et la médecin généraliste Solène Petitdemange, a pris de l’ampleur ces derniers jours. Roxana Maracineanu a répondu le 5 mai à cette pétition, même si l’on peut regretter que cette réponse soit très creuse et langue de bois, la ministre des Sports se contentant de rappeler les raisons du confinement et la limitation des sorties « nature » en découlant – « S’interdire momentanément les randonnées et les activités sportives en plein air fait partie des contraintes qu’il a fallu consentir pour contribuer à s’assurer, collectivement, que chaque ressource de notre système de santé était consacrée à la lutte contre l’épidémie, au plus fort de la vague » – et de rappeler ce qu’on savait déjà depuis l’annonce par Edouard Philippe, le 28 avril dernier à l’Assemblée Nationale, à savoir qu’partir du 11 mai, « les activités sportives individuelles seront à nouveau possibles en extérieur, sans limitation de durée et dans un périmètre de 100 kilomètres autour de son domicile.(…) Partout sur le territoire, vous aurez de nouveau accès aux forêts, à la montagne, et à de nombreux sites naturels. » En revanche, Maracineanu botte en touche concernant les plages et les lacs, « qui, à ce stade, restent fermés ; la situation sera réévaluée fin mai pour une décision effective au 2 juin. »

© Billy Fernandez

Cette réponse n’a pas satisfait Billy Fernandez, qui, dans un courrier adressé à la ministre des sports le lendemain (6 mai), souligne : « Il semble que vous n’ayez pas saisi l’esprit et la portée de notre démarche, et nous le regrettons. » L’accompagnateur en montagne haut-alpin égrène ensuite les arguments exposés lors de ses récentes et nombreuses interventions médiatiques, soulignant par exemple que « l’autorisation des sorties individuelles ou entre personnes confinées d’un même foyer, dans la nature, à proximité de l’endroit où l’on vit, rendrait le confinement beaucoup plus supportable et permettrait ainsi d’éviter le relâchement constaté ces derniers jours en zone « contaminante » urbaine, marquée par une forte promiscuité. Enfin, il est clair que des règles justes et cohérentes sur le plan sanitaire sont mieux acceptées par les citoyens, et, par conséquent, mieux respectées. »

© Billy Fernandez

La réponse la plus concrète à cette pétition a été apportée par les sénateurs. Le 5 mai, lors de l’examen du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, le Sénat a en effet adopté – contre l’avis du gouvernement, représenté par le ministre de la Santé Olivier Véran – un amendement permettant l’ouverture des plages et des forêts pour la pratique d’une activité sportive individuelle pendant l’état d’urgence sanitaire. « Néanmoins cet amendement risque d’être supprimé lors de son passage à l’Assemblée nationale demain (lire aujourd’hui). Par ailleurs sa rédaction actuelle n’est pas pleinement satisfaisante puisqu’elle ne concerne pas tous les espaces naturels, mais seulement les plages et les forêts », déplore Billy Fernandez. L’instigateur de la pétition pour un accès responsable à la nature incite donc les signataires à interpeller leur député(e) pour l’inviter à soutenir et surtout à voter cet amendement ce jeudi 7 mai à l’Assemblée Nationale. Et de conclure : « En effet son adoption permettrait de garantir l’accès aux espaces naturels pendant toute la durée de l’état d’urgence sanitaire, y compris en cas de reconfinement ou de durcissement du déconfinement. »

Photos © Billy Fernandez

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