Coup d’envoi lundi 1er août à Aime, de la 20e édition du Festival baroque de Tarentaise. Un événement musical incontournable du calendrier estival savoyard qui, en deux décennies, a contribué à populariser la musique baroque dans les Pays de Savoie. Interview de Josette-Elise Tatin, qui porte à bout de bras la manifestation.

actumontagne.com : Comment jugez-vous le bilan du festival, vingt ans après sa création ?
Josette-Elise Tatin
: Très positif, car vingt ans c’est une belle date ! Pour moi, cela a été vingt ans de bonheur avec des hauts et des bas, bien sûr, mais au final, les hauts l’emportent largement ! Nous avons réussi à fidéliser un public autour de la musique baroque, ce qui en 1991, n’était pas gagné. A l’époque vouloir jouer ce répertoire dans des églises baroques, relevait un peu de la gageure. Le succès du festival a prouvé que cette idée n’était pas saugrenue ! Au total, nous avons invité plus de 2000 artistes, et parmi eux, des pointures internationales comme Jordi Savall, Patrice Fontanarosa, Gérard Lèsne, les Musiciens du Louvre ou encore le contre-ténor Philippe Jaroussky, devenu une star aujourd’hui. Je suis aussi très fière du rôle de défricheur de talents qu’a toujours joué le festival.

actumontagne.com : Le festival a contribué à populariser la musique baroque ?
JET: Oui, même si c’est à un modeste niveau par rapport à d’autres festivals. Notre capacité d’accueil est limitée en raison de la taille des édifices dans lesquels se déroulent les concerts : 250 places maximum pour les plus grandes églises. Mais je crois qu’effectivement, au bout de 20 ans, le festival a prouvé aux Savoyards et aux touristes en vacances dans nos stations, que la musique baroque n’est ni austère, ni un art savant réservé aux initiés, mais une musique aux origines populaires, accessible.


actumontagne.com : Aujourd’hui, le contexte est difficile pour les festivals. Confirmez-vous ?
JET. : Oui. A l’heure où je vous parle, j’attends toujours deux subventions publiques sans lesquelles je ne pourrais pas boucler mon budget. Je n’ai pas dépensé un centime en communication dans la presse. Je suis draconienne sur les dépenses. La situation des artistes est précaire mais aujourd’hui, celle des festivals aussi. Dans notre région, il y a beaucoup de festivals et d’autres sollicitations culturelles et de loisirs pour le public ; en période de crise, il doit faire des arbitrages. Alors, oui, le contexte est difficile aujourd’hui. J’espérais être cool pour nos vingt ans… De même, j’ai du mal à être épaulé, mais là, c’est un peu ma faute, car j’ai trop voulu faire cavalier seul.  A 70 ans, j’aimerais pouvoir passer le flambeau mais on ne se bouscule pas pour le saisir ! J’ai dit que je continuais encore un an ou deux, le temps que l’avenir du festival soit assuré. J’y crois. C’est mon tempérament d’éternelle optimiste !


actumontagne.com : Qu’avez-vous concocté de spécial pour la 20e édition du 1er au 13 août ?
JET. : Pour cet anniversaire, avec Jean-Luc Hyvoz, le directeur artistique, nous n’avons pas voulu de thème spécifique, ni de ligne musicale définie. Nous avons souhaité témoigner une fois encore de la dimension festive et chaleureuse de notre festival. Nous avons eu envie de faire revenir des artistes qui nous ont émerveillés dans le passé, l’Orchestre des Pays de Savoie, The Rare Fruit Council, Patrick Cohën-Akenine, chef de l’ensemble Les Folies Françoises ou encore Canticum Novum. Fidèle à notre vocation d’être un tremplin pour les jeunes artistes, nous avons également programmé Les Surprises, un ensemble talentueux issu du Conservatoire supérieur de musique de Lyon. L’un des coups de cœur du festival. Le coup d’envoi du festival se fait avec l’Orchestre des Pays de Savoie à Aime le 1er août autour d’une soirée Bach, sous la baguette du fondateur de l’ensemble baroque les Folies Françoises, Patrick Cohën-Akenine. Aime, ville partenaire depuis 2005 qui accueille deux autres concerts, le 2 août, l’ensemble les Surprises évoqué plus haut, et le 4 août, un opéra comique pour trois chanteurs lyriques et six instrumentistes. Clôture du festival le 12 à Moûtiers (et le 13 à Conflans), avec Cantum Novum et Emmanuel Bardon pour un programme qu’ils viennent de monter autour l’Espagne orientale.

Propos recueillis par Sophie Chanaron

Prix des places : 17€ ou 22€ selon le concert. Billetterie dès 20h devant l’église selon disponibilités. Plus d’infos sur www.festivaldetarentaise.com