Sentinelles des Alpes est un réseau d’une trentaine de fortifications alpines en France et en Italie dont la GTA (Grande Traversée des Alpes) s’est vue confier l’animation. Ces sites sont accessibles par la Route des Grandes Alpes ou la Via Alpina, deux itinéraires au long cours qu’elle a développés et mis en marché. "Ces fortifications sont très différentes, tant dans leur envergure, leur état ou leur gestion qui peut être privée ou publique ; le défi de la GTA est de donner une cohérence à ce réseau pour en faire un des atouts touristiques majeurs du massif alpin", résume Guy Chaumereuil, directeur de la GTA. Ces sites sont effectivement remarquables à plus d’un titre. Ils racontent l’histoire des stratégies militaires et géopolitiques de leur époque et témoignent de l’évolution de celles-ci. Mais ces perles de l’architecture militaire ne sont pas de belles endormies ! Aujourd’hui, pour celles qui sont réstaurées, elles constituent des écrins de choix pour des expositions, des spectacles, des jeux ou encore des séjours. Mais cela, il faut le faire savoir à un public plus large, les forts pouvant attirer un tout autre public que les seuls amateurs d’art militaire ! "Nous allons lancer d’ici à l’été, les premiers circuits itinérants reliant différents sites, en écho au livre du général Barde, le spécialiste des fortifications, à paraître aux éditions Ouest France, Sentinelles des Alpes et autres fortifications", indique Guy Chaumereuil, qui souhaite aussi faire de ce patrimoine défensif, des lieux de rencontre pour les jeunes. Un public qui mobilise fortement la GTA, à l’initiative d’une démarche plus globale, visant à redorer la cote de popularité de la montagne estivale auprès des 18-25 ans. Une carte, réunissant toutes les Sentinelles des Alpes vient également d’être éditée. Un outil pratique pour prérarer son itinérance. 

La Bastille de Grenoble, une reconversion réussie

Tout récent membre du réseau Sentinelles des Alpes, la Bastille de Grenoble, est l’emblème de la capitale des Alpes. Très appréciée des Grenoblois, le site est un passage obligé pour tous les visiteurs. Il figure d’ailleurs au premier rang des sites touristiques de l’agglomération grenobloise, avec plus de 500 000 visiteurs par an. En 2009, 300 000 personnes ont même emprunté les fameuses bulles du téléphérique, reliant le centre ville et la Bastille, pour venir découvrir ses derniers aménagements. Soit un bond de 40% de fréquentation pour la pionnière des remontées mécaniques urbaines, par rapport à 2005.

Site naturel et aire sportive, la Bastille abrite aussi dans des salles requalifiées, un centre d’art contemporain et, depuis octobre 2009, le Musée des troupes de montagne, à qui le téléphérique doit une partie de l’embellie de son trafic passager. "A ce stade, nous avons réalisé les 3/4 du programme de réhabiliation de la Bastille. Nous travaillons maintenant sur l’accueil du public très spécifique des enfants, avec la prochaine mise en place d’un parcours aérien, pour une découverte ludique du fort", indique Michel Lambert, directeur de la régie du téléphérique et de l’office de tourisme de Grenoble, dont la Bastille est l’un des piliers de la programmation culturelle estivale.

Sophie Chanaron