Après leur pause annuelle, les cures médicales reprennent aux Thermes de Saint-Gervais jusqu’à l’automne prochain. Cette saison 2022 est marquée par le lancement de la nouvelle cure post-Covid long qui vient étoffer les programmes santé multidisciplinaires de l’établissement haut-savoyard. Rencontre avec Marie-Dominique Bouvet, la directrice du pôle médical.

Quelles sont les particularités de l’eau thermale de Saint-Gervais ?
Marie-Dominique Bouvet : C’est une eau multimillénaire. Grâce au carbone 14, nous avons pu déterminer en 2017 son âge précis : 6500 ans ! Il faut en effet autant d’années pour que l’eau de pluie tombée au sommet du massif du Mont-Blanc jaillisse à 39°C à son point de captage. Pendant ce long parcours, cette eau se charge en minéraux et en oligo-éléments qui lui confèrent son caractère unique. Soufre -son premier principe actif, responsable de l’odeur dite d’œuf pourri à laquelle les curistes s’habituent vite ! -, magnésium, manganèse, cuivre ou encore bore composent cette eau naturellement chaude. Elle est trente fois plus minéralisée qu’une eau de table. Elle est aussi isotonique, autrement dit elle respecte parfaitement l’équilibre des cellules de la peau et des muqueuses (ndlr : elle n’assèche pas l’épiderme à l’application).

Quelles sont ses principales propriétés ?
MDB. : L’eau de Saint-Gervais-Mont-Blanc a des vertus anti-inflammatoires, décongestionnantes et cicatrisantes. Associée à l’expertise de nos équipes pluridisciplinaires et aux bienfaits du climat montagnard, elle soulage particulièrement les pathologies de la peau (eczéma, psoriasis, cicatrices, brûlures…) et celles des voies respiratoires (bronchite, angine, otite, sinusite, asthme…), deux affections souvent liées. Elle soigne aussi les infections des muqueuses buccales (gingivites, maladies parodontales). Les curistes nous le disent, nos cures thermales leur permettent de réduire leurs traitements médicamenteux de façon durable.

Pouvez-vous nous donner deux soins à l’eau thermale incontournables de vos protocoles ?
MDB. : En dermatologie, la douche filiforme (photo ci-dessous), développée en collaboration avec le Dr Pierre Hardy aux Thermes de Saint-Gervais. Elle est dispensée par un médecin et consiste à projeter de l’eau thermale à forte pression modulable pour, suivant les pathologies, effectuer une légère dermabrasion de la peau, l’assouplir et/ou calmer les démangeaisons. Côté voies respiratoires/ORL, le lavage du nez à l’eau thermale est le premier soin que font nos curistes chaque jour. Nous le recommandons même aux personnes bien portantes ! Selon notre médecin thermal, il faudrait se laver le nez aussi souvent que le visage. En fin de cure, nous donnons à nos patients la recette d’une solution naturelle à base d’eau du robinet pour leur permettre de continuer à l’aide d’un dispositif d’hygiène nasal, ce geste santé préventif et curatif très efficace !

P.Deloche

Vous lancez ce printemps une cure post Covid-long. En quoi consiste-t-elle ?
MDB. : Les Thermes proposent plusieurs cures spécialisées, comme par exemple celle à destination des personnes en rémission d’un cancer ou celle souffrant d’acouphènes. Elles sont complémentaires à une cure thermale conventionnée de 18 jours voies respiratoires ou dermatologie. C’est la même chose pour notre cure post-Covid long. Les personnes qui en sont atteintes présentent souvent des troubles respiratoires, musculo-squelettiques, cutanés et/ou une perte du goût et de l’odorat. Une équipe pluridisciplinaire accompagne ces patients avec des soins et des ateliers ciblés centrés sur la respiration et la récupération physique. Ils s’ajoutent aux soins thermaux de la cure conventionnée.

Existe-t-elle en version plus courte ?
MDB . : Oui, toutes nos cures spécialisées se déclinent en version courte et libre (non prises en charge par l’assurance maladie). Notre cure libre post-Covid long dure neuf jours. Pour autant, il est important d’accorder du temps à sa santé. Dans notre société actuelle, ces trois semaines sont une parenthèse qui vaut de l’or. Il ne faut pas négliger ses effets psychologiques. Se couper de son quotidien, changer ses habitudes mais aussi rencontrer des personnes confrontées aux mêmes difficultés médicales que soi, c’est très positif et 18 jours est le meilleur timing. 70% de nos curistes effectuent leur cure conventionnée pendant leurs congés. Ils profitent ainsi des nombreux atouts de notre destination montagne, propice à la régénération du corps et de l’esprit.

Propos recueillis par Sophie Chanaron

Photos P.Deloche

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