Chamonix a accueilli, du 27 au 29 juillet, la première édition du Cosmo Jazz Festival. Le principe de cet événement imaginé par André Manoukian ? Transformer les plus beaux sites d’altitude et les rues de la capitale de l’alpinisme en « salles » de concerts inédites.

 

Les terrasses de l’Aiguille du Midi ; le cirque naturel du Montenvers, au pied de la Mer de Glace ; les Grands Montets ; le Lac Blanc, au-dessus de la Flégère, et enfin le belvédère de Planpraz. Très prisés des skieurs, alpinistes et autres randonneurs, ces lieux mythiques de la vallée de Chamonix se sont transformés, pendant trois jours, en auditoriums à ciel ouvert, qui ont accueilli les concerts du premier Cosmo Jazz Festival.
Aux manettes de cet événement, on retrouve André Manoukian, l’auteur-compositeur, pianiste de jazz, et pilier du jury de la Nouvelle Star, sur M6. Installé à Chamonix  – « la plus belle vallée du monde » selon lui – depuis désormais trois ans, « il [lui] manquait la musique, alors [il] l’a fait venir ici. Et les gens ont été enthousiastes pour accueillir de la musique de qualité dans une vallée de qualité ».

 

Autour d’André Manoukian, c’est en effet toute la vallée de Chamonix qui s’est mobilisée pour « marier la nature et la culture, autour d’un événement d’excellente qualité, très fédérateur et accessible à un très large public », explique Jean-Marc Farini, directeur du site de l’Aiguille du Midi et responsable qualité à la Compagnie du Mont-Blanc, l’un des partenaires de l’événement.

L’héritage de Maurice Baquet

La température plutôt frisquette – moins cinq degrés – des terrasses de l’Aiguille du Midi, où se déroulait mercredi 28 juillet le concert du flûtiste népalais Sunil Dev, accompagné du percussionniste Raja Maharjan, n’a pas fait perdre à André Manoukian son sens de la formule et son âme de poète. « Le Cosmo Jazz Festival consiste à jouer de la musique en altitude, mais une certaine musique mystique, parce que la montagne n’accepte pas toute la musique. C’est une musique de célébration. ». Ou encore, à propos d’Hadouk Trio, qui se produisait quelques heures plus tard au belvédère de Planpraz : « Ils font un jazz mâtiné de world music. Comme me disait un guide qui les a entendus, on a une sensation de vertige vertical. Ce sont des musiques d’espaces et d’incantations. »

 

Avec ce premier Cosmo Jazz Festival, André Manoukian a en quelque sorte perpétué l’œuvre de Maurice Baquet (1911 – 2005), violoncelliste de talent mais également alpiniste hors pair. Avec Gaston Rebuffat, il avait réalisé le 13 juillet 1956 la première ascension de la face sud-est de l’Aiguille du Midi. Si le célèbre juré de la Nouvelle Star n’a pas les talents de grimpeur de Maurice Baquet, il a comme ce dernier compris qu’en tutoyant les cimes, la musique prend une autre dimension…

Martin Léger

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