La destination Savoie Mont-Blanc est constellée de châteaux et de belles demeures. Géants de pierres, ils sont les témoins du riche passé de ce territoire entre lacs et montagnes. Cet été, poussez les portes de ceux qui sont ouverts au public à la faveur d’une visite guidée, d’un spectacle, d’un atelier-découverte ou encore d’un jeu de pistes. Et retrouvez votre âme d’enfant !

Bien sûr, les deux Savoie n’ont pas la notoriété du Val de Loire en matière de châteaux ! Mais, ces derniers peuvent aussi être une porte d’entrée de Savoie Mont-Blanc. La destination possède néanmoins d’inombrables châteaux, perchés sur leurs contreforts ou aux détours de jolis vallons boisés. Ils sont les vestiges de la grande histoire de ce territoire avant 1860. Celle de la puissante Maison de Savoie et de ses princes voyageurs. Une dynastie née du coté de la Maurienne, il y a près de 1000 ans. De leur berceau montagnard à leur nécropole sur les rives du lac du Bourget, l’Abbaye de Hautecombe, monument historique le plus visité de Savoie, les souverains savoyards ont sillonné leur fief de ce côté-ci des Alpes, au gré de leurs résidences cossues ou de celles de leurs vassaux.
Aujourd’hui publics ou privés, ces anciens lieux de pouvoir ont entamé une seconde vie principalement grâce à l’essor du tourisme. Une reconversion qui permet de les préserver en partie des outrages du temps.

La forteresse de Miolans hôte de prisonniers célèbres ©D.Dereani_Fondation Facim

Cheminement à remonter le temps

Le château médiéval de Miolans et celui de Montrottier sont deux géants de pierres largrement ouverts au public. Chacun dans leur registre, ils offrent un extraordinaire voyage dans le temps stimulant l’imaginaire de leurs visiteurs, grands ou petits !
Accrochée aux flancs des Bauges à Saint-Pierre-d’Albigny, dans la Combe de Savoie, le premier a été érigé au XIe siècle par les seigneurs de Miolans, vassaux des princes de Savoie. Ils vont en faire un modèle d’architecture militaire du XVe siècle. Cédée à la Maison de Savoie au début du XVIe, la forteresse est alors transformée en prison d’Etat. Le plus célèbre des rares prisonniers de celle que l’on surnomme la Bastille savoyarde, est le Marquis de Sade. Il y est incarcéré en 1772 pour conduite scandaleuse, à l’instigation de sa belle-mère, Madame de Montreuil ! Il s’en échappera un an plus tard.
Classé Monument historique en 1944, la forteresse de Miolans est toujours propriété des descendants de la famille qui l’a rachetée aux enchères en 1869. « Ce château, sauvée de la ruine par notre aîeul Eugène Guiter s’est souvent transmis par les femmes », raconte Stephan Dor, fils ainé de l’héritière actuelle du château. La mère de cette dernière, Odette Guiter, a porté Miolans pendant 40 ans jusqu’à sa disparition en 1999, dépensant son capital et beaucoup d’énergie pour entretenir et partager ce patrimoine avec le grand public. Stephan a repris le flambeau pour le compte de la famille qui très attachée au lieu. Mais elle souhaite trouver des investisseurs – de préférence un collectionneur éclairé et fortuné !-, pour assurer l’avenir de Miolans. Plus de 3 millions d’euros de travaux sont en effet nécessaires pour cela…
Ouvert sept jours sur sept en juillet et août, le site historique propose un atelier médiéval différent chaque jour. De quoi occuper les bambins pendant que les parents déambulent dans ce labyrinthe de pierre, flânent dans le jardin de plantes anciennes ou profitent de la vue qui embrasse le paysage du mont Blanc au Vercors.

Le château de Montrottier célèbre pour son cabinet de curiosités

Imaginaire de contes de fées

A deux pas des gorges du Fier près d’Annecy, le château de Montrottier, brièvement propriété de la Maison de Savoie au XVe siècle, évoque avec son donjon pointu, les châteaux de contes de fées. Il appartient depuis 1916 à l’Académie florimontane, société savante de Savoie qui l’a hérité de Léon Marès. Ce grand collectionneur du XIXe siècle originaire de Montpellier en est devenu propriétaire en 1906.
Classé depuis 1919, il abrite un remarquable cabinet de curiosités, témoignant de la passion du châtelain pour les belles pièces originaires du monde entier (faïences, mobilier, tapisseries, armes…). Pour autant, l’équipe du château, conduite par Arnaud Delerce, souhaite diversifier l’offre de ce château-musée et en faire un lieu vraiment vivant. « Il est propice à l’imaginaire et aux expériences », explique son directeur.
« Depuis l’été 2017, nous avons installé des paroliers dans les jardins ou encore une malle avec des costumes qui permet aux enfants de se mettre dans la peau de princesses et de chevaliers et de participer à un jeu de pistes autour de questions insolites et drôles ». Bien vu ! La fréquentation est passée de 19 000 visiteurs à 28 000 l’an dernier. Rebelote cette saison, avec notamment le reprise, tous les jeudis du 19 juillet au 16 août, des Jeudis du donjon, un festival d’animations qui devrait ravir les fans de médiéval fantastique.

Sophie Chanaron