Le syndicat de défense du Beaufort a organisé, mercredi 18 juillet, une journée en alpage autour de ce délicieux fromage. Invités sur l’alpage de Plan Pichu, situé sur la commune de Granier (entre Aime et Arêches), vacanciers et locaux ont pu découvrir le quotidien des bergers et éleveurs à l’alpage, de la traite des vaches à la fabrication du Prince des Gruyères.


 

Saviez-vous qu’à l’instar de n’importe quel animal domestique, chaque vache a un nom, et que les bergers sont capables de les reconnaître une à une, quand bien même leurs troupeaux peuvent atteindre plus de 130 bêtes ? « « Il faut dire qu’il y a deux traites par jour pour chaque vache. C’est un peu normal qu’on arrive à les distinguer », estime Didier Simon-Chautemps, président de la coopérative de l’alpage de Plan Pichu. Celle-ci regroupe quelque 400 vaches laitières – essentiellement des Tarines, mais aussi quelques Abondances, les deux seules races autorisées pour la production de lait servant à la fabrication du Beaufort – appartenant à neuf GAEC (groupements agricoles d’exploitation en commun) représentant une vingtaine d’éleveurs au total.

Le public a pu assister à la traite des vaches tarines
Le public a pu assister à la traite des vaches tarines

 

Ce mercredi 18 juillet, Didier Simon-Chautemps faisait partie des « guides » chargés d’animer la journée en alpage à Plan-Pichu. Il nous a par exemple appris que les troupeaux migreront vers les sommets, entre 2200 et 2500 mètres d’altitude à la fin du mois de juillet « afin d’y trouver de l’herbe plus fraîche. Grâce à l’enneigement abondant que nous avons eu cet hiver, cette herbe sera de meilleure qualité que l’année dernière. Ça a bien sûr une influence sur la quantité comme sur la qualité du Beaufort ». Plus tard, le président de la coopérative nous éclairera sur la différence entre le Beaufort d’hiver et le Beaufort d’été. Sachez que c’est l’alimentation qui va changer. « Pour le Beaufort d’hiver – qu’on produit de novembre à fin mai – , on utilise essentiellement du foin, alors que pour le Beaufort d’été – de juin à fin octobre – les vaches se nourrissent d’herbe. Du coup, la couleur est plutôt pâle en hiver et jaune marquée en été, avec également un goût plus prononcé pour le Beaufort d’été ». Techniques de fabrication, vie quotidienne des bergers et des fromagers, rôle des techniciens en charge des prélèvement de lait, un grand nombre de thèmes ayant trait au Beaufort seront abordés pendant ces visites, entièrement gratuites.
« Ces visites étaient très intéressantes, à la fois techniques et abordables, notamment pour les enfants. L’ambiance était aussi très conviviale, avec une dégustation de fromage à volonté, accompagnée du petit coup de blanc qui va bien », témoigne Fabrice Tanguy, touriste breton venu passer une semaine en famille dans le Beaufortain.

Des stands d’information avaient été installées à proximité du bâtiment où les fromagers fabriquent le Beaufort d’été
Des stands d’information avaient été installées à proximité du bâtiment où les fromagers fabriquent le Beaufort d’été

 

Les visiteurs présents ce jour-là à Plan Pichu ont également pu découvrir des paysages splendides. « Au-delà de la fabrication du Beaufort, nous avons voulu faire comprendre au grand public comment l’agriculture contribue à façonner les paysages. Par exemple, si nous n’avions pas de vaches en pâture dans ces alpages, la végétation serait beaucoup plus dense, et ces montagnes ne seraient sans doute pas les paradis de la randonnée qu’elles sont devenues, entre autres grâce à la production de Beaufort », explique Maxime Mathelin, responsable communication du syndicat de défense du Beaufort. Avec le franc soleil régnant sur l’alpage de Plan Pichu ce jour-là, ce dernier ne pouvait rêver une meilleure promotion du Prince des Gruyères…

Martin Léger

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