Après le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, celui de la Révolution française à Vizille et le Musée dauphinois, dont l’exposition Des samouraïs au Kawaii, Histoire croisée duJapon et de l’Occident se poursuit jusqu’en juin 2019, c’est au tour des musées départementaux de l’Ancien Évêché et Hébert d’accueillir une exposition dans le cadre de l’année du Japon en Isère, elle-même en lien avec la programmation nationale Japonismes 2018 : les âmes en résonance.

Présentée jusqu’au 31 mars 2019, celle du musée de l’Ancien Évêché à Grenoble fait un beau focus sur la montagne et le paysage dans l’estampe japonaise. Un genre qui s’est fortement développé au début du 19e siècle et dont les artistes les plus connus sont Hokusai et Hiroshige. Vues de montagne et d’eau, de la vie quotidienne, de lieux célèbres de la route du Tokaidô ou encore du mont Fuji abondent dans leurs productions empreintes de délicatesse et de poésie.

Le Fuji rouge dans une embellie. Série Trente-six vues du mont Fuji – 2e vue Katsushika Hokusai (1760-1849)
Éditeur : Eijudô (Nishimuraya Yohachi).Vers 1829-1833. © École française d’Extrême-Orient, Paris

L’exposition réunit plus 130 planches issues de collections publiques et privées. Parmi les pièces les plus remarquables, un album d’époque Trente-six vues du mont Fuji d’Hokusai, dans un état de parfaite conservation, ainsi que des mitate-e, ces estampes encore méconnues où portrait et paysage se font écho dans une allusion parodique.
Ce n’est pas la première fois que le musée grenoblois, qui interroge les multiples façons de représenter la montagne, s’intéresse au Japon. En 2010, le peintre chinois He Yifu avait livré sa vision de nos sommets, très différente de celle des paysagistes français du XIXe.

Le coup de vent dans les rizières d’Ejiri dans la province de Suruga, issu de Trente-six vues du mont Fuji – 18e vue Katsushika Hokusai (1760-1849)© École française d’Extrême-Orient, Paris

A partir du 22 décembre et jusqu’au 25 mars, le musée Hébert à La Tronche, propose deux parcours, l’un dans la grande galerie, Esprit Japon, Hébert et l’Empire du Soleil Levant et dans sa salle d’exposition temporaire, Esprit Japon, une carte blanche à Martine Rey. Dans le premier, le visiteur découvre l’engouement d’Ernest Hébert et de ses contemporains pour l’exotisme extrême-oriental. Le peintre dauphinois possède plusieurs objets nippons présentés dans sa maison ainsi que d’autres en provenance de collections privées pour évoquer la naissance du japonisme au milieu du XIXe siècle.

Vase en vannerie de bambou © Takayuki Shimizu

De retour d’une résidence à la villa Kujoyama de l’Institut français du Japon, dans la catégorie métiers d’art, l’artiste iséroise Martine Rey propose de faire dialoguer les cultures des deux pays à travers une rencontre des artistes-artisans vivants, japonais et français, dans l’esprit Mingei, art populaire japonais, prônant la beauté des objets d’usage quotidien et leur dimension spirituelle.

De nombreuses animations en marge des expositions dans chacun des musées dont des ateliers pendant les vacances scolaires au musée de l’Ancien Évêché