Lancé en 2016, le festival international Jazz à Megève a trouvé son public grâce à une programmation de qualité et écléctique. Elle est signée Jean-René Palacio, le directeur artistique de la Société des Bains de Mer, une référence dans le milieu du jazz, répertoire cher à Megève. Rencontre à la veille de la quatrième édition, ces 28, 29 et 30 mars.

Actumontagne : Quel est la particularité de Jazz à Megève ?
Jean-René Palacio : Il a été lancé par la commune de Megève pour animer la fin de la saison d’hiver. Et cela est vraiment le cas. Le festival s’adresse à un public très large composé de Mégevans et de vacanciers. Il s’agit d’un événement populaire et surtout pas d’un rendez-vous pour initiés. Il participe à l’animation de la station, avec des concerts en soirée au Palais et d’autres en journée dans les rues du village. Cette année, Les Chaupiques Brassband, une fanfare néerlandaise pleine d’énergie, mettra l’ambiance jazz partout dans Megève où se déroule aussi la braderie des commerçants. Le festival a parfaitement su s’intégrer dans la vie du village.

Jean-René Palacio ©Ph. Ducap

Actumontagne : Le jazz est-il une musique populaire ?
JRP : Absolument ! Je me bats pour changer son image de musique d’initiés. Le jazz touche plein de gens différents. C’est une musique qui a influencé et influence encore de nombreux artistes. Il ne faut surtout pas l’enfermer dans une case et croire que si on n’a pas fait 10 ans de musicologie et des années de solfège, on ne peut pas l’apprécier ! Le jazz est une musique festive, fruit d’un vrai brassage culturel, très ouverte, qui va des negro spirituals au jazz manouche en passant par le latino ou le funk. À Megève, comme dans les autres festivals que nous organisons, nous essayons de garder l’esprit du jazz, tout en l’ouvrant vers d’autres sonorités pour élargir son public, notamment en direction des Jeunes.

Kimberose ©Isabelle Lemoine Lindbergh

Actumontagne : D’où cette année, le principe d’une soirée d’ouverture inédite axée sur les jeunes talents ?
JRP : Tout à fait ! C’est une nouveauté dans le format classique du festival international de Jazz à Megève, voulue par Catherine Jullien-Brèche, maire de Megève, pour attirer les jeunes. En première partie du groupe Kimberose de la jeune auteure-compositrice-interprète Kimberly Kitson Mills, nous aurons quatre talents français prometteurs du jazz. Ils vont se succéder sur scène à raison de 30 minutes chacun de showcase. Ils sont la preuve que cette musique est bien vivante, que des jeunes la pratiquent et la font évoluer. En deuxième partie, Kimberose, qui est déjà bien établi, incarne cette la nouvelle génération jazzy. Nous avons souhaité rendre la soirée très accessible avec un tarif unique de 15€.

DDB, Lady Day Shot ©Mark Higashino

Actumontagne : Les deux autres soirées consacrent des poids lourds du répertoire et sa diversité…
JRP : Oui, Dee Dee Bridgwater vient le 29 mars à Megève dans le cadre de sa tournée mondiale. Elle va interpréter les titres de son dernier album « Memphis… Yes, I’m ready ». Un retour à ses racines de la soul musique pour l’artiste américaine originaire de Memphis. C’est une date unique ! Thomas Dutronc fait la clôture du festival le 30 mars, avec un concert de jazz manouche à la française, influencé par sa passion pour Django Reinhardt. Thomas donne un vrai coup de jeune au jazz.

Thomas Dutronc ©Yann Orhan

Actumontagne : Les concerts se déroulent dans la salle polyvalente du Palais. N’est-ce pas le bémol du festival ?
JRP : Nous attendons la future salle de concerts avec impatience, mais l’équipe technique réalise des prouesses pour transformer le lieu en salle de spectacle. Nous avons bien amélioré le confort des spectateurs, et cette année, il y a des écrans vidéos pour améliorer la visibilité du public installé au fond de la salle.

photo ambiance Une © Simond Garnier