Partez explorer la culture alpine à Praz-de-Lys/Sommand, destination de moyenne montagne nichée entre le Léman et le Mont-Blanc, où l’office de tourisme a largement diversifié les formats de découvertes de ses richesses patrimoniales. Amandine Fedele, coordinatrice du pôle animation/événementiel et guide du patrimoine Savoie Mont-Blanc, nous en dit plus.

Pourquoi développez-vous beaucoup les visites culturelles en autonomie ?
Amandine Fedele : Les visites guidées classiques sont en perte de vitesse. En dix ans, j’ai vraiment vu l’intérêt pour ce format de découverte sensiblement baisser. Nous créons donc de nouveaux supports pour faciliter l’exploration libre de notre patrimoine. Nos trois livrets de découverte consacrés à la Chartreuse de Mélan, à l’église Saint-Jean-Baptiste et au vieux bourg, les trois sites culturels phares de Taninges, rencontrent un franc succès. Financés par la Communauté de communes des Montagnes du Giffre, ils sont diffusés gratuitement à l’office de tourisme. J’ai réalisé leur contenu avec l’aide précieuse et éclairée de Juliette Châtel, guide du patrimoine Savoie Mont-Blanc. Connue et reconnue en Haute-Savoie, elle m’a tout appris de l’histoire du territoire et de nos missions !

Amandine Fedele

Une visite guidée de la Chartreuse de Mélan reste tout de même proposée pendant l’été ?
A.F. : Oui, tous les mercredis à 17 heures. Le médiateur culturel parle de l’histoire et de l’architecture de ce monument exceptionnel, propriété du Département. Fondée au XIIIe siècle par Béatrice de Faucigny, la Chartreuse de Mélan a eu plusieurs vies : monastère féminin, collège religieux et orphelinat départemental. Juliette Châtel propose des conférences -en extérieur s’il fait beau, dans la nef en cas de pluie- sur la vie des moniales lorsqu’elles l’occupaient ou évoque l’histoire agitée du lieu pendant la Révolution française. Pendant les vacances, les médiateurs proposent également des activités pour les enfants et les familles sur le site, qui abrite par ailleurs dans ses jardins, le parc départemental de sculptures contemporaines monumentales. Il est relié au Sentier art et nature le long du Giffre et à l’art urbain dans le bourg.

La Chartreuse de Mélan à Taninges ©Thomas Garcia

Méconnu, le bourg ancien de Taninges vaut le détour. Que dévoile-t-il ?
A.F. : En retrait de la route principale, le vieux bourg n’est effectivement pas très visible parce que le centre du village s’est progressivement déplacé. Les visiteurs peuvent donc facilement passer à côté. Situé au croisement des routes d’Annemasse à Sixt et de Cluses à Morzine, Taninges a été pendant des siècles le lieu d’une activité commerçante et artisanale intense. Dès le Moyen-Age, il accueillait une grande foire annuelle. Il était très connu pour ses taillanderies. Le circuit au départ de l’OT permet de découvrir les anciennes échoppes dans la rue des Arcades, la chapelle Sainte-Anne et son clocher à bulbe, choisie par les évêques pour les enquêtes diligentées pour la béatification en 1665 de François de Salles (figure majeure de la contre-réforme catholique au XVIIe siècle). Autres éléments remarquables, le vieux pont en dos d’âne ou encore la fontaine de la place du marché, construite en 1781 pour amener l’eau potable aux habitants. Il faut pousser les portes de la Maison du patrimoine pour avoir une idée de l’importance de ce quartier autrefois.

Le vieux bourg de Taninges ©Alexandre Compain

Autre incontournable de Taninges, l’église Saint-Jean-Baptiste. Qu’a-t-elle de particulier ?
A.F. : Cette église néo-classique a été édifiée par l’architecte annecien Prosper Dunand entre 1824 et 1834. Ses dimensions, 58 mètres de long, 27 m de large et 18 mètres de voute, en font à l’époque, la plus grande église de la région. Elle été entièrement restaurée entre 2000 et 2002. L’intérieur regorge de décors en trompe-l’œil et de dorures. Sa construction s’est faite avec beaucoup de pierres de l’ancienne église de Flérier. Le bois des menuiseries et de la charpente a été prélevé au plateau de Loëx. Les ardoises proviennent en partie de carrières d’extraction du Praz-de-Lys, moins connues que celles de Morzine, mais antérieures. Cette église abrite enfin un carillon de 47 cloches. Il se visite tout l’été. La petite salle de concert attenante est accessible en gravissant quelque 125 marches ! L’été, concert le mardi soir et le jeudi, jour de marché.

Le village de Mieussy ©Praz-de-Lys/Sommand

Vous conseillez aussi la visite de Mieussy, berceau du parapente. Quid côté culturel ?
A.F. : Nous n’avons pas encore de livret de découverte, mais ce village et sa dizaine de hameaux reflètent la tradition agropastorale de notre montagne, toujours bien vivante. Les incontournables, à pied ou en VTTAE (pour parcourir plus de chemin !), la fruitière des Hauts-Fleury, l’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, en lien avec la période antique du village, ses chapelles et petits patrimoines réhabilités (croix, oratoires, lavoirs…) ou ses vieilles fermes à l’architecture singulière que nous aimerions mettre prochainement en avant.

propos recueillis par Sophie Chanaron

Un viaduc dans le paysage

Le viaduc de Mieussy à emprunter à pied ou à vélo ©PDLS

À Mieussy, empruntez à pied ou à vélo l’ancien viaduc ferroviaire construit en 1931 pour la ligne Annemasse-Sixt. Elle a été fermée en 1959 mais a largement contribué au développement jusqu’à la fin des années 50, de l’économie en général, et du tourisme en particulier dans la vallée du Giffre.

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