Le 11 décembre dernier, Jean Castex annonçait la date du 7 janvier pour une éventuelle réouverture des remontées mécaniques, « dans le strict respect des protocoles sanitaires », et sous réserve que « la situation sanitaire le permette ». A deux jours de l’échéance, aucune annonce n’a encore été faite. C’est seulement ce mercredi 6 janvier que le gouvernement devrait enfin donner une réponse aux stations quant à l’ouverture ou non des remontées mécaniques.

Malgré un enneigement plutôt correct, comme ici à Montgenèvre pendant les vacances de Noël, les domaines skiables sont contraints de rester à l’arrêt © Martin Léger

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il est malheureusement très probable que cette ouverture tant attendue dans nos montagnes soit une nouvelle fois repoussée aux calendes grecques, à l’instar de celle des lieux de culture (déjà officiellement retardée) et de celle des bars et restaurants (pas encore officielle, mais largement dans les tuyaux). Quand on sait que l’Italie, qui avait aussi envisagé le 7 janvier comme date de réouverture, a annoncé il y a quelques jours que celle-ci n’interviendrait finalement pas avant le 18 janvier, et que la France s’inspire davantage de ce voisin-là que de la Suisse (où les domaines skiables sont ouverts depuis le début de l’hiver), le sort des stations françaises est sans doute déjà scellé.


© Actumontagne

Les déclarations du ministre de la Santé Olivier Véran le 29 décembre dernier au JT de France 2 à propos de cette échéance du 7 janvier – « considérant la situation sanitaire, il paraît difficilement considérable de lever les contraintes » – puis celle le lendemain du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal (« dans l’immédiat, il semble assez peu probable qu’on puisse alléger un grand nombre de contraintes ») n’incitent guère à l’optimisme. Tout comme les indicateurs sanitaires, qui, sans flamber, stagnent à un niveau assez élevé (environ 15 000 nouveaux cas par jour, 24 962 patients Covid hospitalisés dont 2657 en réanimation à ce jour). Avec également les dangers que laissent planer les nouveaux variants britanniques et sud-africains du virus, dont la contagiosité serait supérieure de 50 à 75 % selon diverses études. Et qui ont conduit le premier ministre Boris Johnson a annoncé un reconfinement total de l’Angleterre (avec fermeture des écoles et commerces « non-essentiels ») jusqu’à la mi-février au moins.

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Prendre le télésiège sans masque, si ce n’est celui pour les yeux ? Une utopie en ce début d’année 2021… © 3 Vallées

Un nouveau report de l’ouverture des remontées mécaniques va encore mettre en péril tout un éco-système déjà largement impacté par cette crise sanitaire et ses conséquences économiques. Selon l’observatoire G2A pour l’association des maires de stations de montagne, le taux d’occupation des stations françaises pendant les vacances de Noël s’est établi à 25 % en moyenne (19 % dans les stations d’altitude), soit une chute de -70 % par rapport à l’hiver dernier à la même époque. La baisse de l’activité économique a atteint 80 %, ce qui représente déjà 1,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires de perdus, que ne pourront donc pas combler les aides de l’Etat (400 millions d’euros) promises en compensation de cette fermeture administrative. Lors d’une réunion par visio-conférence hier après-midi avec le secrétaire d’Etat au tourisme, Jean-Luc Bloch, président de l’association nationale des maires de stations de montagne (et maire de La Plagne) a demandé l’ouverture la plus rapide possible, afin de sauver au moins les vacances de février (pesant 40 % du CA de l’ensemble de l’hiver), dont les réservations sont pour l’instant en retrait de 30 % par rapport à l’hiver dernier.

Photo de une : Les stations  – comme ici à Montgenèvre, le 30 décembre – risquent encore de rester en mode ski de randonnée pendant quelques semaines… © Martin Léger

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