Quelque 480 tour-opérateurs originaires d’une soixantaine de pays sont venus rencontrer les 250 professionnels du tourisme de la montagne et des sports d’hiver présents à SavoiExpo à Chambéry ces 21 et 22 janvier. Près de 11 000 rendez-vous d’affaires avaient été programmés à l’avance, laissant peu de place aux visiteurs impromptus… Mais c’est le jeu, et tout le monde s’en accommode parfaitement, créant une ambiance de travail particulièrement conviviale dans les halls lumineux du parc des expositions chambérien.
Les protagonistes se connaissent bien, Grand Ski étant à une année de souffler ses trente bougies ! Bon nombre des participants se sont aussi souvent retrouvés en amont lors des fameux éductours, une trentaine cette année. Pour les TO, il s’agit d’une séquence privilégiée pour découvrir l’offre neige des stations stations française, mais pas que, comme l’a rappelé Christian Mantei, président du Conseil d’administration d’Atout France, citant en clin d’œil la célèbre réplique de Jean Lefèvre dans la scène culte de la cuisine des Tontons Flingueurs à propos de la gnôle qu’ils sont entrain de boire : « Il y a de la pomme, mais pas que ! ».

Organisé par Atout France, l’Agence de développement touristique de la France, Grand Ski est l’occasion de prendre la température de la saison qui a démarré un mois avant. Le début est bon avec des vacances de fin d’années en progression de 1,7 points et des réservations bien orientées pour les vacances d’hiver. Même si la dernière semaine, celle de la zone A et donc notre région, est encore à la traîne.

Du côté de la fréquentation internationale des stations, tous les pays sont en hausse selon la plateforme de l’ANMSM conçue par le cabinet G2A. Ceux qui fournissent les trois premiers contingents de clientèles internationales de la montagne française, à savoir la Grande-Bretagne, la Belgique et les Pays-Bas, progressent en volume entre 5 et 10% cette saison. Les Britanniques, qui pèsent à hauteur de 40% dans certains territoires, comme Savoie Mont-Blanc, sont donc bien là, en dépit de la confirmation du Brexit. « Mais il faut être vigilant et s’attacher à resserrer les liens avec les Britanniques car malgré le Brexit, le Royaume-Uni va rester un partenaire de premier plan pour la France, notre excédent commercial avoisinant les 15 milliards d’euros », a insisté Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État au tourisme. Comme l’an dernier, il a pris son temps pour inaugurer Grand Ski, motivant les troupes pour que la montagne française retrouve la première marche du podium du tourisme des sports d’hiver dans le monde, occupée par l’Autriche, l’éternelle rivale.

Jean-Batpiste Lemoyne s’est arrêté sur le corner dédié à Mountain Riders avec à sa auche Camille Rey-Gorez, la directrice de l’association et en présence de Caroline Leboucher, la directrice d’Atout France ©B. Fournier

Les jeunes, l’environnement et la rénovation de l’hébergement

Caroline Leboucher, directrice générale d’Atout France a cité les axes de reconquêtes : « Réenchanter la montagne notamment pour les jeunes Européens en connectant la montagne et via une présence encore plus affirmée sur les réseaux sociaux ».
Le deuxième enjeu pour la montagne tricolore est le tourisme durable, thème phare des Rencontres Grand Ski la veille du salon au Manège à Chambéry. « Les tour-opérateurs sont de plus en plus attentifs aux bonnes pratiques des opérateurs dans ce domaine », a constaté la directrice d’Atout France. Grand Ski a ainsi octroyé à Mountain Riders une visibilité encore inégalée au salon pour encourager les communes supports de station à s’engager dans la démarche Flocon Vert. Un label qui promeut une montagne responsable, et attribué à ce jour à six stations (Les Rousses, la Vallée de Chamonix, Châtel, la Pierre-Saint-Martin, Chamrousse et Valberg). Elles devraient être rejointes par d’autres puisque l’association dirigée par Camille Rey-Gorez précise qu’une trentaine de stations, dont Les Arcs et Courchevel, sont entrées dans la démarche d’obtention du Flocon vert.

Enfin, dernier enjeu incontournable pour les stations, la rénovation du parc d’hébergement et la lutte contre les lits froids. « Tous les décideurs publics ont bien en tête depuis 15/20 ans d’apporter des réponses à cette question », souligne Jean-Baptiste Lemoyne. Il rappelle l’expérimentation en cours menée par France Tourisme Ingénierie sur la rénovation de l’immobilier de loisir et la transition énergétique dans une dizaine stations pilotes*, initiée par le Comité stratégique du tourisme de montagne.

Des contrats stations

« Nous nous donnons encore six mois pour généraliser et industrialiser ces expérimentations, tout en élaborant avec Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, un dispositif type contrat station sur le modèle du programme national Cœur de Ville qui a fait ses preuves pour redymaniser les villes moyennes ». Un directeur va être bientôt nommé pour lancer à grande échelle ce nouvel outil d’accompagnement des stations dans leur transformation énergétique et urbaine.

Les lauréats des Trophées Cimes durables remis aux Rencontres Grand Ski au Manège à Chambéry par Jean-Pierre Rougeaux, maire de Valloire et secrétaire général de l’ANMSM, et Caroline Leboucher, directrice d’Atout France

Les Trophées Cimes durables 2020

Péone-Valberg, Saint-François-Longchamp et Font-Romeu/Odeillo Via sont les trois stations récompensées pour leurs initiatives en faveur du développement durable à l’occasion de la remise des 3e Trophées Cimes durables proposées par l’ANMSM. Le jury d’experts indépendants et de journalistes – Ademe, Fondation Nicolas Hulot, Mountain Riders, Protect Our Winters, Actumontagne, Actu Environnement et France Bleu – a également décerné un prix Coup de cœur à la commune de Praz-Sur-Arly. Dix stations s’étaient portées candidates.

Pour Péone-Valberg, c’est une médiation entre le pastoralisme et les activités de pleine nature qui a été distinguée.
Pour Saint-François-Longchamps, le jury a salué la valorisation de l’agriculture locale.
À Font-Romeu, le Musée sans murs, plus haute galerie d’art d’Europe, offre un aménagement intelligent de l’espace naturel au profit de la culture.
Quand au coup du cœur du jury, il plébiscite l’investissement de la commune de Praz-sur-Arly pour sauvegarder les milieux naturels et agricoles. Plus de détails ici

*Alpe d’Huez, Les 2 Alpes, Villard-de-Lans, Saint-Gervais-Mont-Blanc, La Plagne, Valfrejus, Les Orres, Le Lioran, Ax-les-Thermes et Saint-Lary-Soulan

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