C’est fait ! La Sata, Société d’Aménagement Touristique de l’Alpe d’Huez, sera bien le nouveau gestionnaire du grand domaine skiable voisin des Deux-Alpes à compter du 1er décembre prochain. Ainsi en ont décidé par délibérations successives, les conseils municipaux des communes des Deux-Alpes (fusion de Venosc et Mont-de-Lans) et de Saint-Christophe-en-Oisans, le 20 février dernier, anticipant de trois ans la fin du contrat d’exploitation actuel de Deux-Alpes Loisirs, filiale de la Compagnie des Alpes depuis 2009.

Les élus ont donc choisi de confier les clés de la deuxième plus grande station iséroise à un acteur revendiquant haut et fort son identité locale et très ambitieux en terme d’investissements. En effet, la Sata a promis une enveloppe de 290 M€ sur 30 ans pour moderniser et diversifier la destination touristique qui totalise 1,2 million de journées skieurs (1,3 million pour l’Alpe d’Huez). Et concrétiser sans doute sa liaison câblée avec l’Alpe d’Huez qui doit, selon ses partisans permettre aux deux stations iséroises de rivaliser avec leurs concurrentes savoyardes, faisant fi de l’hostilité contextuelle de tels projets…

Dans un communiqué en date du 28 janvier dernier, en réponse à l’annonce par les communes des 2Alpes et Saint-Christophe-en-Oisans de leur intention de soumettre à l’approbation des conseils municipaux du choix d’un nouvel opérateur, la CDA, qui avait à nouveau candidaté, avait indiqué avoir fait, compte tenu « de sa connaissance approfondie des enjeux de la station dont elle opère le domaine skiable depuis plus de 10 ans, une proposition volontariste et responsable, de nature à poursuivre la modernisation du domaine skiable, tout en assurant la viabilité de la DSP ». Elle avait écartée l’idée d’une liaison câblée entre les deux domaines.

Le secteur des Bergers à l’Alpe d’Huez ©Lionel Royet/Alpe d’Huez

« Nous sommes fiers d’avoir été choisis pour assurer le contrat de délégation de service public en vue de la construction et l’exploitation du domaine skiable des 2 Alpes », a déclaré Christophe Monier, directeur général de la Sata. « Au-delà de nos engagements contractuels et face aux défis contextuels à relever, nous souhaitons œuvrer aux côtés des collectivités délégantes et des acteurs de la station pour assurer le développement de la destination, aux fins de consolider et renforcer l’attractivité du territoire. Nous nous investissons dans une vision pérenne et toutes saisons de la montagne. L’implantation locale de notre société est la garantie même de ce travail collaboratif au quotidien ». Parmi les investissements à venir d’ici à 2022 du côté des Deux-Alpes, le remplacement du DMC de Jandri, premier gros morceau de la nouvelle délégation.

La Sata, également délégataire depuis 2017 des téléphériques de la Meije à La Grave, pèsera plus de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 850 collaborateurs. Fondée en 1959, elle est détenue à plus de 60% par les collectivités locales de l’Oisans, les quelque 40% restants se partageant entre un vaste pool bancaire (Caisse des dépôts et Consignations, les caisses régionales de la Caisse d’Épargne et du Crédit Agricole, la Banque Populaire des Alpes, le CIC et la Banque Rhône-Alpes) et des porteurs privés.

La rupture du contrat de la DSP trois ans avant son terme devrait donner lieu à une indemnisation à Deux Alpes Loisirs pour les biens de retour -de l’ordre de 50 M€- et sans doute le manque à gagner jusqu’à cette échéance.

Photo de Une : © Luka Leroy/OT Les 2 Alpes