Pour mieux refléter la réalité des différents métiers qu’il recouvre et se donner un nouvel élan, le Syndicat National des Téléphériques de France change de nom et d’identité visuelle. 

Créée en 1938 avec une quinzaine d’adhérents, le SNTF, chambre professionnelle des opérateurs de remontées mécaniques, en compte aujourd’hui 220 qui recouvrent bien d’autres compétence que celle du transport des skieurs par câble (la montée). Ses membres prennent aussi en charge la descente, ce qui recouvre la gestion, l’entretien et la sécurisation des pistes.  Qu’ils soient des opérateurs publics, privés ou mixtes, les domaines skiables français pointent dans le trio de tête des plus grandes nations mondiales de ski, avec les Etats-Unis et l’Autriche. Un leadership qui ne se dément pas et traduit une fréquentation très régulières des stations tricolores depuis 20 ans, en dépit d’un léger tassement ces dernières années, essentiellement en raison des aléas climatiques et de la crise économique et financière. L’hiver dernier, les domaines skiables de l’Hexagone ont totalisé 56 millions de journées skieur pour un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard d’euros. Ils représentent 18% du tourisme français. La filière demeure néanmoins très capitalistique et exige des investissements lourds pour rester dans la course. Les opérateurs français consacrent ainsi 25% de leur chiffre d’affaires pour moderniser et améliorer leurs équipements. C’est la moitié de leurs homologues autrichiens dont 50% des recettes vont dans leur outil de production ces dernières années. De fait, depuis sept ans, les investissements français marquent le pas et relèvent davantage des dépenses de confortement que de création ou de renouvellement. « Les coûts ont explosé ces dernières années », explique Laurent Reynaud, délégué général de DSF. Et d’indiquer que si un télésiège 6 places débrayable valait 3 millions d’euros en 2000, aujourd’hui, ce sont près de 6 millions qu’il faut mettre sur la table pour le même appareil !  En cause, la hausse du prix des matières premières, mais surtout la concentration à l’extrême des constructeurs de remontées mécaniques, dont le nombre s’est réduit comme peau de chagrin. Deux acteurs se partagent 90% du marché mondial, le groupe italien Seeber (maison mère de Pomagalski et Leitner)  et le groupe autrichien Doppelmayer-Garenventa.

 

 

Pour autant, les domaines skiables français résistent plutôt bien dans le contexte actuel. Le retour des clientèles étrangères, britanniques en tête, conforte le modèle tricolore qui s’attache par ailleurs à faire mieux en matière de protection de l’environnement. DSP encourage ses adhérents à s’engager dans la certification environnementale Iso 14 001 (23 domaines sont certifiés et 40 sont en cours) et à penser développement durable. Tout en martelant que le ski reste le moteur de l’économie touristique de la montagne française, avec à la clé près de 100 000 emplois, dont 18 000 pour les seuls domaines skiables. Dans cette perspective, DSF apporte son soutien aux équipes de France de ski en versant plus de 700 000 euros à la FFS et en étant un partenaire actif d’Annecy 2018. « Tous les portillons des remontées mécaniques des membres de DSF seront habillés aux couleurs de la candidature et cela dans tous les massifs », se félicitent Laurent Reynaud.
Sophie Chanaron

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