Aujourd’hui, grâce à l’essor des compagnies low cost, prendre l’avion pour aller skier, n’est plus réservé à une élite aisée. Depuis cinq ans, les deux aéroports alpins, Grenoble Isère et Chambéry Savoie, ont misé sur ces dernières pour accroître l’attractivité de leur destination touristique. Après avoir multiplié les liaisons avec la Grande-Bretagne, ils tentent de diversifier leurs dessertes aériennes avec l’Europe de l’Est et la Scandinavie. Pour cet hiver 2010, malgré la crise économique et les difficultés du transport aérien, les deux plateformes aéroportuaires alpines espèrent maintenir leur trafic respectif.

L’hiver dernier, l’aéroport international de Grenoble-Isère a battu son record de fréquentation avec près de 450 000 passagers de décembre 2008 à avril 2009. Son voisin de Chambéry a maintenu sa fréquentation, qui avoisine 260 000 passagers. Pas sûr que pour la saison hivernale 2010, les deux plateformes aéroportuaires régionales battent leur record de fréquentation. En effet, le transport aérien traverse une période difficile, qui a conduit nombre de compagnies aériennes low cost à réduire la voilure et plusieurs d’entre elles ont même déposé le bilan. Par ailleurs, la crise économique et financière a lourdement affecté les Britanniques, première clientèle étrangère des Alpes. Or Grenoble, mais encore plus Chambéry ont, jusqu’ici, surtout développé des liaisons aériennes avec la Grande-Bretagne, et si l’an dernier, ses ressortissants ont été au rendez-vous, cette année, un léger retard des réservations de leur part est observé.

Une meilleure desserte des stations depuis l’aéroport


Une fois arrivée à l’aéroport, les passagers sont encouragés à emprunter les navettes pour relier leur destination de villégiature : c’est plus économique et aussi plus écologique !

Pour autant, à l’heure du coup d’envoi de la saison 2009-2010, l’exploitant des deux aéroports régionaux (Vinci Airports et Keolis) et ses deux concédants (les conseils généraux de l’Isère et de la Savoie) sont confiants. « C’est une tendance de fond, aujourd’hui, les réservations s’effectuent de plus en plus tardivement », témoigne Christian Pichoud, vice-président du Conseil général de l’Isère, en charge du tourisme. Et Jean-Jacques Tirquit, directeur des deux sociétés gestionnaires des aéroports de confirmer cette tendance «  50% du chiffre d’affaires du mois d’août dernier des compagnies aériennes, ont été traités le même mois ».
Concessionnaires et concédants tablent sur les investissements qu’ils ont engagés pour convaincre les touristes européens à venir séjourner de ce côté-ci des Alpes, en passant par leurs deux plateformes. A Grenoble-Airport, les efforts ont porté sur l’accueil des passagers avec un embellissement de l’aérogare et des extérieurs, une optimisation des flux au sein des terminaux comme des parkings voitures et surtout, une amélioration des liaisons en bus depuis l’aéroport vers les stations. La ligne de bus Grenoble Altitude ( www.grenoble-altitude.com) relie l’aéroport à la gare routière de Grenoble mais aussi directement les deux plus grandes stations iséroises –L’Alpe d’Huez et les Deux-Alpes. Ces navettes sont calées sur les horaires de vols, accélérant le transfert des passagers vers leur lieu de villégiature. «Acheminer le plus vite possible les passagers vers leur lieu de destination est notre priorité, c’est là que nous pouvons faire la différence par rapport à d’autres aéroports », souligne Jean-Jacques Tirquit qui compte développer, depuis l’aéroport grenoblois, les navettes en direction des stations savoyardes.


Les Conseils généraux de Savoie et de l’Isère, propriétaires des aéroports, ont massivement investis pour améliorer leur capacité d’accueil

 

A Chambéry, plusieurs nouveautés vont également bénéficier aux passagers aériens. Outre l’implantation d’une boutique de produits savoyards, une gare routière dédiée à l’accueil de la clientèle touristique à destination des stations de ski, a été aménagée à proximité de l’aérogare. Cette 9e gare routière du département pourra accueillir simultanément jusqu’à 70 cars. Un équipement clé pour la Savoie, qui a été déterminant dans la décision de l’UCPA d’ouvrir à Chambéry une plateforme de transfert de ses clients en provenance de la France entière et en partance pour les stations des Alpes du Nord. Dans le cadre d’une nouvelle délégation de service publique, le tarif aller/retour aéroport/station a été ramené de 70€ à 50€, pour être plus incitatif. Les voyageurs ont aussi à leur disposition un nouveau service, la centrale de mobilité www.mobisavoie.fr à partir de laquelle ils peuvent réserver en ligne leur titre de transport et acheter leur billet de car.

15 destinations pour Grenoble, 11 pour Chambéry
Cet hiver, il y aura donc 15 destinations régulières programmées depuis Grenoble-Isère, dont deux nouvelles, Cluj-Napoca, 3e ville de Roumanie et l’île anglo-britannique Guernesey. Côté Chambéry Savoie, pas de changement par rapport à l’année dernière. Les 11 destinations régulières existantes sont reconduites.
Sophie Chanaron

Pour la fréquence des vols et les horaires, consulter le site de chaque aéroport www.grenoble-airport.com et www.chambery-airport.com

Photo de une : Lors des week-ends de pointe, Grenoble-Isère et Chambéry-Savoie reçoivent jusqu’à une soixantaine d’avions par jour

 

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