Jeudi 16 septembre, le STRMTG (Service Technique des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés), l’organisme en charge des contrôles de sécurité des remontées mécaniques, a officiellement fêté les 40 ans de sa création et inauguré ses nouveaux locaux, toujours situés sur le campus universitaire de Saint-Martin-d’Hères, en Isère.

Que de chemin parcouru depuis un peu plus de quarante ans pour le STRMTG ! Lors de sa création (en 1979), il s’appelait encore le STRM, uniquement en charge des remontées mécaniques. C’est en 2001 que les Transports Guidés (principalement les métros et tramways, mais aussi les chemins de fer touristiques) sont venus s’ajouter à la liste des appareils que cet organisme – rattaché au directeur général des infrastructures des transports et de la mer, dépendant du Ministère de la Transition Ecologique – est chargé de contrôler. D’où le changement de sigle pour devenir STRMTG. Et depuis 2004, après l’accident mortel de Val Cenis, les tapis roulants sont également inspectés par ses 130 agents répartis entre le siège (établi sur le campus universitaire de Grenoble/Saint-Martin-d’Hères) et les sept bureaux de contrôles territoriaux.

Daniel Pfeiffer, directeur du STRMTG (à gauche) et Marc Papinutti, son homologue à la Direction Générale des infrastructures, des transports et de la mer (à laquelle est rattaché le STRMTG) ont signé un plan stratégique sur trois ans (2022-2025) pour le STRMTG © Martin Léger

Au 1er janvier 2021, le STRMTG avait la charge du contrôle d’un parc de 3575 remontées mécaniques en France : 55 % de téléskis (1978 appareils), 31 % de téléportés (1101 téléphériques, télécabines et télésièges), 13 % de tapis roulants (462 appareils) et 1%  de trains à crémaillères, funiculaires et ascenseurs inclinés (soit 34 «autres installations »). Concernant les transports guidés urbains, 115 lignes sont sous sa surveillance : 83 tramways, 30 métros et 2 RER RATP. N’oublions pas enfin 117 lignes de chemins de fer locaux et cyclodraisines (56 chemins de fer touristiques, 56 cyclodraisines et 5 chemins de fer secondaires).

Depuis un décret du 29 juin 2021, le STRMTG est aussi chargé de veiller au respect des normes de sécurité des navettes autonomes, « c’est-à-dire des véhicules routiers sans conducteur, sur des trajets prédéfinis », précise Christophe Sion, le directeur adjoint du STRMTG, en charge des bureaux et de la normalisation, qui ajoute : « Il n’en existe encore aucune déjà en circulation dans le monde . Mais au sein du STRMTG, on a une équipe de trois ingénieurs affectés à ce secteur, qui prennent aussi part aux projets européens et internationaux sur ce sujet. La réglementation sera prête en 2022. »

Daniel Pfeiffer, directeur du STRMTG (costume gris), Marc Papinutti, son homologue à la Direction Générale des infrastructures, des transports et de la mer (2e en partant de la gauche) et le préfet de l’Isère Laurent Prévost (à côté de Marc Papinutti) étaient notamment présents pour inaugurer officiellement les nouveaux locaux du STRMTG © Martin Léger

A l’image des agents de son nouveau département « transports publics automatisés » (créé le 1er septembre 2020), le STRMTG intervient non seulement en aval du processus de contrôle, mais aussi en amont. « On définit la règle puis on vérifie sa mise en œuvre. En cas d’écarts, on s’interroge sur ce qui les a provoqués : une faute ou une mauvaise organisation des exploitants de remontées mécaniques ? Une règlementation mal faite ?  Si nécessaire, on adapte cette règlementation. Cette boucle complète, cette vision globale, est quelque chose de quasiment unique au monde. Seuls les Chinois ont copié notre modèle, il y a 20 ans. Nos voisins suisses, autrichiens ou allemands ont de leur côté une organisation davantage morcelée », affirme Christophe Sion.

A l’occasion de la célébration de ses multiples anniversaires (40 ans de la création du STRM, 20 ans du STRMTG, 10 ans de la fusion du STRMTG et des bureaux de contrôle, 15 ans de l’Organisme Notifié, le STRMTG évaluant à ce titre la conformité de composants de sécurités et sous-systèmes d’installations à câbles à la réglementation européenne sur la construction des appareils), le STRMTG, par la voix de son président Daniel Pfeiffer, a réaffirmé sa volonté de « continuer à s’améliorer en permanence. Ceci afin d’être plus pertinent – dans le sens plus simple administrativement et plus efficace – mais aussi de garder notre souplesse pour s’adapter à l’innovation. En interne, on veut insister également sur la formation, de façon à rester compétent, y compris sur les nouveaux domaines, comme celui de la sécurité en intelligence artificielle, au cœur du développement des navettes autonomes ». C’est la raison pour laquelle un nouveau plan stratégique sur trois ans (2022 – 2025) a été élaboré.

On trouve notamment une ancienne cabine en guise de décor dans les locaux du siège du STRMTG, à Saint-Martin-d’Hères © Martin Léger

Sur un plan très « opérationnel », ces orientations sont portées par l’extension des locaux historiques du STRMTG à Saint-Martin-d’Hères, pour passer de 900 à 1728 m². L’ensemble du siège – dont l’ effectif est maintenant de 55 agents – et les 11 agents du Bureau Sud Est (qui étaient hébergés à quelques kilomètres de là, à Grenoble, dans les locaux de la DDT Isère) bénéficie désormais de plus grandes salles de réunions et de plus de place pour les archives (tous les documents relatifs aux remontées mécaniques en fonctionnement sont conservés au siège du STRMTG). Ces travaux, réalisés en quatre phases successives sur trois ans (d’octobre 2017 à octobre 2020) ont en outre permis d’améliorer la performance énergétique du bâtiment, avec une conception bioclimatique qui permet d’une part de valoriser les apports solaires au sud dans les espaces occupés de manière intermittente, d’autre part de répartir des bureaux exposés au nord pour s’affranchir d’un dispositif de rafraîchissement énergivore.

Martin Léger

Photo de une : L’inauguration officielle des nouveaux locaux du STRMTG a eu lieu jeudi 16 septembre, en présence notamment de Daniel Pfeiffer, directeur du STRMTG (en costume gris), Marc Papinutti, le directeur général des infrastructures, des transports et de la mer (foulard rouge, ciseaux à la main) et de Laurent Prevost, le préfet de l’Isère (deuxième en partant de la droite) © Martin Léger

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