Les quatre offices de tourisme de Grenoble Alpes Métropole ont présenté hier leur premier bilan estival (du 1er juin au 31 août) depuis le transfert de la compétence touristique à la Metro*. Malgré les fortes chaleurs et l’absence de Tour de France, la fréquentation est restée bonne, notamment auprès de la clientèle étrangère.

32 622. C’est le nombre de personnes renseignées (c’est-à-dire uniquement celles qui se sont présentées aux guichets d’accueils) du 1er juin au 31 août 2015 par les 4 offices du tourisme de Grenoble Alpes Métropole : 24 926 à Grenoble, 7696 sur Sassenage / le Sappey/ le Sud Grenoblois. « Cet été 2015 a été plutôt une bonne saison », estime Fabrice Hugelé, président de l’Office du Tourisme de Grenoble Alpes Métropole, qui note aussi avec satisfaction la part importante de clientèle étrangère, qui représente 33 % de ces 32 622 visiteurs renseignés : « C’est un point très positif et rassurant. Ce pourcentage est très proche de celui d’une grande métropole comme Lyon. Cela prouve que la destination Grenoble métropole a un vrai potentiel touristique à l’international ». Les Néerlandais occupent la première place de cette clientèle étrangère (19 %), devant les Espagnols (15 %), les Britanniques (12 %), les Allemands (11 %) et les Italiens (9%).

Le téléphérique de la Bastille © Pierre Jayet

La fréquentation de l’office du tourisme de Grenoble est demeurée stable cet été. La baisse de 16 % enregistrée dans le bâtiment d’accueil principal (au 14 rue de la République) est compensée par la hausse constatée au Point Info de la Bastille. Elle témoigne aussi de la volonté d’aller davantage à la rencontre des visiteurs, renforcée depuis deux ans par la présence dans les rues du centre historique et sur les grands événements (comme le Cabaret Frappé) du triporteur touristique de l’OT de Grenoble. « Nous envisageons la création d’un point info à la gare de Grenoble, qui est assurément un point stratégique. En cette première année, on doit repérer les points forts et les points faibles, afin de déterminer les axes de travail à mettre en place (amélioration de l’accueil en anglais, travail sur l’accueil tourisme et handicap…) » explique Fabrice Hugelé. Yves Exbrayat, directeur de l’OT Grenoble Alpes Métropole, note aussi qu’il y a « d’autres modes de diffusions de l’info que l’accueil au guichet, comme le triporteur ou le numérique. Nous comptons bien les développer ». Du 1er juin au 31 août, le site www.grenoble-tourisme.com a d’ailleurs généré plus de 70 000 visiteurs uniques (dont 80 % d’internautes français). Un chiffre qui n’est pas exceptionnel, selon les responsables de l’OT, qui rappellent toutefois que ce site web avait été entièrement refait en 2014, et qu’il est en forte progression depuis le début de l’année 2015. « Nous avons une vraie volonté de le structurer, avec davantage de personnel sur le web et les réseaux sociaux », assure Yves Exbrayat. Sur la même période, le site www.sudgrenoblois-tourisme.com a enregistré 19 917 visiteurs uniques.

Yves Exbrayat (à gauche) et Fabrice Hugelé, respectivement directeur et président de l’Office du Tourisme de Grenoble Alpes Métropole. © Martin Léger

La fréquentation des grands sites touristiques a été très hétérogène, la faute (ou grâce à, c’est selon) aux grandes chaleurs de cet été 2015. Les Cuves de Sassenage, très prisées pour leur fraîcheur, ont ainsi vu leur fréquentation bondir de 44 % par rapport à l’été 2014, quand le Parc du Domaine de Vizille déplore une baisse de 14 %. Le Téléphérique de la Bastille est en légère hausse (+ 3 % sur juillet et août par rapport à 2014). « Il dépasse largement les frontières de la ville et de la métropole. C’est le premier site touristique de Grenoble Alpes Métropole, et il figure dans le top 10 au niveau de Rhône-Alpes. C’est une locomotive », se félicite Fabrice Hugelé. Quant aux principaux musées, ils sont plutôt en baisse par rapport à l’été 2014 (- 8 % pour le Musée de l’Ancien Evêché, – 7,5 % pour le Musée Dauphinois, -58 % pour le Muséem d’Histoire Naturelle – sur juin et juillet- + 0,2 % pour le Musée de la Révolution Française), à l’exception du Musée de Grenoble, qui affiche une augmentation de 67 % de sa fréquentation. Un chiffre qui s’explique notamment par « la qualité des animations proposées », selon Yves Exbrayat. Ce dernier se réjouit aussi de l’augmentation de 7% des visites guidées proposées par l’OT de Grenoble, « grâce au recentrage des visites existantes, et aussi à des nouveaux produits, comme les visites en vélo ou les balades culturelles en canoë sur l’Isère ». Autre point de satisfaction : les boutiques des Offices du Tourisme, avec 34 % de visiteurs en plus pour celle de l’OT principal, et + 28 % au Point Info de la Bastille. L’élargissement de la gamme de produits « made in territoire » n’est sans doute pas étranger à ce succès. Les cartes postales, stylos, magnets, produits régionaux et souvenirs estampillés « Grenoble » et « Sassenage » figurent dans le top 5 des ventes.

© Pierre Jayet

 Ce bilan touristique a aussi été l’occasion d’évoquer la performance hôtelière de Grenoble (la ville uniquement et non l’agglomération). Celle-ci est positive, avec un taux d’occupation de 66,3 % en juin (+22,6 % par rapport à 2014) et de 55,5 % en juillet (+ 10,9 % par rapport à 2014). Et ce sans Tour de France (contrairement à 2014, où la Grande Boucle était arrivée à Chamrousse et repartie de Grenoble). En raison notamment des coûts d’accueil de la plus grande course cycliste du monde (150 000 € de « ticket d’entrée » et presque autant en coûts logistiques et de personnels, « une somme presque indécente dans le contexte général de baisse des dotations de fonctionnement aux collectivités territoriales », selon Fabrice Hugelé), l’OT de Grenoble Alpes Métropole n’est pas « officiellement candidat à un prochain accueil du Tour de France. Bien sûr, c’est davantage à la Metro qu’à la seule ville de Grenoble de porter un tel projet, le cas échéant, mais il faut d’abord mesurer les impacts économiques réels sur les socio-professionnels. Nous sommes plutôt dans une phase de réflexion », indique le président de l’OT Grenoble Alpes Métropole. Une autre réflexion concerne les synergies entre Grenoble et les massifs montagneux alentour. « L’idée est de travailler avec l’ensemble des massifs. Les marques se nourrissent les unes des autres : Grenoble n’est rien sans les montagnes, et à l’inverse celles-ci profitent largement de la notoriété de Grenoble à l’international », conclut Fabrice Hugelé.

Martin Léger

* Depuis le 1er janvier 2015, la compétence touristique relève de la Metro. La promotion touristique des 49 communes membres de la communauté de communes de l’agglomération grenobloise est désormais assurée par quatre offices du tourisme : Grenoble, le Sud Grenoblois, Sassenage et Le Sappey-en-Chartreuse.

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