Le 1er octobre dernier, à l’occasion du congrès annuel de Domaines Skiables de France à Paris, Alexandre Maulin, 37 ans, était élu président du syndicat qui fédère les 238 opérateurs de remontées mécaniques ou de domaines skiables de l’Hexagone. Interview de celui qui est aussi Pdg du groupe Maulin.ski, exploitant des domaines des Sybelles et de SuperDevoluy/La Joue du Loup.

Actumontagne.com : Comment êtes-vous arrivé à la tête de Domaines Skiables de France (DSF) ?
Alexandre Maulin : Il y a deux ans, Pierre Lestas – l’ancien président de DSF – avait expliqué qu’il allait passer la main et qu’il fallait songer à l’avenir. J’étais déjà membre du comité directeur de DSF et président de la commission Pistes & Environnement. J’avais envie de m’impliquer encore plus pour ma profession. C’est pourquoi j’avais présenté ma candidature, qui a été validée depuis fin mai 2018, même si l’officialisation n’a eu lieu qu’il y a quelques jours, lors de notre congrès annuel.

On estime à environ 8 millions (dont 1,5 millions d’étrangers) le nombre de skieurs qui viennent chaque hiver dans les stations françaises © Martin Léger

Quelles sont les qualités qui vous serviront dans ce rôle de président de DSF ?
J’ai plutôt l’habitude de chercher mes défauts (rires) ! Mais pour répondre à votre question, je pense à mon engagement, ma volonté d’avancer et mon pragmatisme. Nous allons déjà faire un état des lieux de ce qu’attendent les adhérents de DSF – j’ai déjà personnellement fait le tour des différentes sections géographiques – mais aussi travailler avec les représentants des élus et avec les maires, afin de voir quels dossiers on a en commun et comment on peut travailler encore mieux  ensemble qu’aujourd’hui. Après, Domaines Skiables de France fonctionne très bien aujourd’hui. On n’est pas là pour réinventer la poudre. On va conserver ce qui marche bien, tout en essayant d’améliorer encore l’accompagnement de nos adhérents au quotidien.

Quels sont les défis qui vous attendent ?
Nous devons passer la vitesse supérieure sur la simplification administrative, qui n’est malheureusement pas encore arrivée au-dessus de 800 mètres d’altitude ! Cela va demander beaucoup de travail auprès des différents ministères. Nous souhaitons aussi reconquérir la première place mondiale *. Il nous faudra non seulement garder les lits touristiques existants, mais en redévelopper d’autres, de façon durable, sans faire de la vente à la découpe comme cela a pu être le cas par le passé. L’un des grands enjeux est aussi de former les skieurs de demain, parce que 73 % des skieurs qui ont déjà essayé l’activité reviennent en station. Il faut notamment relancer les classes de neige.

Alexandre Maulin (à droite), aux côtés d’Eric Brèche (président du Syndicat nationale des moniteurs de ski français), lors de la présentation des équipes de France à Paris, lundi 8 octobre © Martin Léger

Etes-vous partis pour plusieurs mandats à la tête de DSF ?
Pour l’instant, je n’en sais rien. Il faut savoir qu’un mandat dure trois ans, et qu’on ne peut enchaîner plus de trois mandats successifs de président. J’ai une volonté de m’inscrire dans la durée, et je pense que six ans – soit deux mandats – serait l’idéal. Mais rien n’est décidé pour l’instant. Je verrai dans trois ans s’il est opportun ou non de continuer. En tout cas, je ne ferme aucune porte.

Propos recueillis par Martin Léger

* Lors de l’hiver 2017-18, c’est l’Autriche qui était la première destination mondiale de ski, avec 54,5 millions de journées-skieurs, devant la France (53,8 millions) et les Etats-Unis (53,3 millions).

Photo de une : Alexandre Maulin © Thiphaine Buccino – Sybelles Ski