Le ski alpin et l’événementiel reprennent presque normalement à l’Alpe d’Huez ! Si les vacanciers n’ont pas boudé leur plaisir l’hiver dernier à essayer d’autres activités, dévaler les 250 kilomètres de pistes de la station iséroise et partager des moments festifs à l’heure de l’après-ski, les démangent. Le point avec François Badjily, directeur d’Alpe d’Huez Tourisme.

Comment se présente cette saison d’hiver 2021-2022 à l’Alpe d’Huez ?
François Badjily : Les réservations sont bonnes sachant qu’une partie de la clientèle, principalement internationale, est un en stand-by par rapport à l’évolution de l’épidémie et des restrictions de déplacements qui pourraient en découler. Avant le variant Omicron, nous avions retrouvé toute notre clientèle européenne, Belges, Néerlandais et Danois en tête, mais pas les Britanniques, en particulier les jeunes, qui n’avaient qu’une dose de vaccin. Il nous manque essentiellement les clientèles long courrier, Amérique du Sud, c’est à dire Brésil, Argentine, la Chine et l’Afrique du Sud via le Club Med. En année normale, un client sur deux de l’Alpe d’Huez est étranger. Pour autant, la saison démarre bien avec de la neige, une forte envie des nos clients et de nos socio-professionnels. Nous ne sommes pas encore revenus à la situation d’avant la crise sanitaire, mais au moins, les remontées mécaniques ne fermeront pas comme l’année dernière.

Comment faites-vous pour vérifier le pass sanitaire, exigé dès 200 cas positifs pour 100 000 habitants ?
F.B. : Au point de vente des forfaits de ski et avec beaucoup de pédagogie ! Mais comme tout le monde ne passe pas par les caisses, les équipes du domaine skiable effectueront des vérifications aléatoires au départ des remontées mécaniques. Petit rappel : le port du masque est obligatoire dès l’âge de 11 ans à bord des remontées mécaniques et dans les files d’attente. Je pense que ça devrait bien se passer parce que les clients sont impatients de rechausser les skis. Ils veulent aussi profiter de la diversité de notre offre hors ski alpin. Ici, tout le monde est prêt pour leur faire vivre avant tout une montagne d’émotions.

Quels sont les principaux temps forts à l’Alpe d’Huez ?
F.B. : Il y en a trois principaux cet hiver. La Coupe du monde de ski de bosses les 17 et 18 décembre prochain. Une étape très suivie parce que 2022 est une saison olympique et que l’équipe de France, venue s’entraîner à l’Alpe d’Huez l’hiver dernier, fait partie des leaders de la discipline. Pour la station, c’est un excellent coup de projecteur en avant-saison. Deuxième temps fort, les 25 ans du festival du film de comédie, du 17 au 23 janvier, avec un beau jury présidé par Michelle Laroque, et une journée de plus au programme. Il y a beaucoup d’animations et de surprises prévues pour cette édition anniversaire. Une telle durée de vie pour un événement culturel en station, c’est plutôt rare. Enfin, troisième grand événement, le festival électro Tomorrowland Winter, du 19 au 26 mars, qui revient pour une deuxième édition très attendue.

François Badjily, directeur d’Alpe d’Huez Tourisme ©Cyrille Quintard

L’engouement pour ce type de grand rassemblement fait-il toujours recettes ?
F.B. : Bien sûr ! Il y a une énorme demande et une énorme attente ! En fait, la société est traversée par deux tendances. D’un côté, les gens qui veulent s’isoler, être loin de la foule. Et puis de l’autre, ceux qui sont frustrés depuis deux ans bientôt que dure cette crise sanitaire et qui ont besoin de retrouvailles, de parler, de partager de bons moments, et Tomorrowland est de ceux-là. Ce festival de musique électro et de ski est un événement très important pour la station qui participe largement à son organisation. Les services techniques de la commune sont mobilisés, le domaine skiable aussi puisqu’il y a des scènes en altitude et des décors en neige. Si le festival est à guichet fermé, le domaine skiable reste ouvert pendant toute sa durée, ce qui n’était pas le cas lors de la première édition.

L’Alpe d’Huez veut devenir un haut lieu du ski de bosses avec la création d’une piste permanente et l’accueil de compétitions, dont une étape de la coupe du monde de la discipline, comme cette année, les 17 et 18 décembre ©Lionel Roy/Alpe d’Huez Tourisme

Quelles sont les nouveautés côté pistes ?
F.B. : Une piste permanente de ski de bosses sur le Signal, site qui se prête très bien à la discipline. Notre volonté est qu’elle accueille chaque année une étape de Coupe de monde et que l’Alpe d’Huez devienne un haut lieu du ski de bosses. La Fédération française de ski va pouvoir organiser des épreuves nationales ou régionales. Cette piste va également contribuer au développement du ski de bosses dans les clubs. Elle a été aménagée sur une partie du stade de slalom qui n’était pas utilisée, donc elle n’enlève rien à l’activité courante de ce secteur. Autre nouveauté, la piste Tomorrowland, dont la scénographie va rappeler à nos hôtes qu’ils séjournent dans la station de ce festival électro. La piste de tubbing va enfin faire ses débuts en version hivernale, après un très bon début l’été dernier.

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Plusieurs établissements ouvrent cet hiver. Les plus originaux ?
L’hôtel Pop Alp, en lieu et place du Mariandre dans le quartier du Vieil Alpe. Un hôtel trois étoiles d’une trentaine de chambres à la décoration très pop art, qui va muscler notre offre dans cette catégorie de classement, et redynamiser le bas de la station. Le groupe Cîmehôtel a la volonté de l’ouvrir 10 mois sur 12, un atout supplémentaire pour notre clientèle cycliste et les professionnels (artisans, commerciaux) au printemps et à l’automne. Un nouveau restaurant, Le Camp de base, vient d’ouvrir à la place d’un ancien garage auto au milieu de l’avenue des Jeux. Il amène un concept encore jamais vu en station. Il s’agit du premier « food court » alpin, avec plusieurs corners de restauration (burgers, plats asiatiques, fondue, pizza…). Une table commune, mais à chacun sa cuisine préférée du moment !

Propos recueillis par Sophie Chanaron

Photo de Une ©Laurent Salino

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