Si la grande fête médiévale de Praz-sur-Arly, la légende du dragon, est reportée à 2022, l’esprit fécond du Moyen-Âge sera bien présent dans le village cet été. Avec le 8 août, la Journée du dragon, et la veille, le concert exceptionnel de Luc Arbogast. Révélé au grand public lors de la saison 2 de The Voice, le musicien et chanteur à la voix de contre-ténor contrastant avec un look de bad boy, fera vibrer l’auditoire avec son répertoire médiéval revisité. Interview.

Actumontagne : D’où vous vient votre passion pour la période médiévale ?
Luc Arbogast 
: J’ai eu des profs d’histoire assez charismatiques qui m’ont donné la fibre. Mais c’est aussi une question de karma. Quand j’étais enfant et adolescent, dès que je faisais un spectacle, on me donnait des rôles de moine, de troubadour… C’était donc peut-être prédestiné ! Je reste fasciné par cette période qui a duré 1000 ans. J’aime le rapport que les gens avaient avec les forces de la nature, l’amour courtois, le romantisme, la foi qu’ils exprimaient.

Actumontagne : Vous dites avoir découvert votre voix de contre-haute à 21 ans et de façon fortuite ?
L.A.
 : Oui. A l’époque, je chantais et jouais déjà de la guitare. J’étais chez une amie avec des copains et j’ai décroché une mandoline accrochée au mur. Je l’ai accordée et je me suis adapté à l’instrument. Le lendemain, vers 11h, je suis allé chanter à la cathédrale de Strasbourg, et depuis 26 ans, je chante avec cette voix qui me vient naturellement, sans aucun travail vocal particulier. Je suis un autodidacte et un artiste de rue. J’étonne le public par ce contraste entre ma voix de contre-haute et mon physique de renégat !

Luc Arbogast, artiste de rue, passionné par la période du Moyen-Age ©Produc’Son

Actumontagne : Dans votre carrière, y a t-il un avant et un après The Voice ?
L.A.
 : Ma participation à l’émission de TF1 remonte à bientôt 10 ans ! Elle a incontestablement mis un gros coup de projecteur sur mon travail et celui de mon équipe. Mais je tournais et avais déjà fait des télés et des radios nationales. J’avais aussi collaboré avec Brian Joubert au Mondial du patinage à Courchevel. A la suite de mon passage à The Voice, on a été numéro un des ventes de disques pendant sept semaines, doublant Daft Punk dans les charts ! J’avais des années de spectacle de rue derrière moi, mais cette expérience télé m’a professionnalisé et ouvert l’accès à de nombreuses des collaborations.

Actumontagne : Quelle est votre actualité à part la reprise de l’Alkemyan Tour programmé à Praz-sur-Arly le 7 août prochain ?
L.A. : Mes projets actuels, c’est la création d’hymnes pour les villes historiques. Orléans, Paris, Dourdan, La Rochelle… Je veux aussi garder ce rôle d’ambassadeur de la période médiévale qu’on me prête. Je présente une émission sur Facebook, via Antica, où je fais découvrir des sites prestigieux dans lesquels je chante. Je prépare une émission intitulée Instruments et légendes sur Médiéval TV, une chaîne en cours de création grâce au financement participatif, où je vais à la rencontre de luthiers à travers la France pour mettre en musique des légendes locales. C’est passionnant !

Une voie d’ange dans un corps de bad boy, c’est Luc Arbogast ! ©Maximilien Lombard

Propos recueillis par Sophie Chanaron

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