L’édition 2017 du Critérium du Dauphiné s’élancera dimanche 4 juin de Saint-Etienne, pour s’achever dimanche 11 juin au Plateau de Solaison (Haute-Savoie), avec entre-temps une arrivée à l’Alpe d’Huez et la terrible montée du Relais du Chat, un mois avant le Tour de France. Froome, Bardet, Contador, Porte, Valverde et Aru sont les principaux favoris. Décryptage avec le directeur de l’épreuve, Bernard Thévenet.

Avec deux étapes « accidentées » (comprendre pour baroudeurs, « mais celle d’Arlanc peut éventuellement se finir au sprint » selon Bernard Thévenet), deux étapes de plaine (sprint massif quasiment inéluctable), un contre-la-montre individuel et trois étapes de montagne, le Critérium du Dauphiné 2017 présente un parcours assez équilibré. Comme très souvent, il servira de répétition grandeur nature en vue du Tour de France. Ce qui explique par exemple que la distance du contre-la-montre individuel (23,5 km entre La Tour-du-Pin et Bourgoin-Jallieu lors de la 4ème étape) soit quasiment la même que celle du chrono de Marseille qui sera disputé lors de l’avant-dernière étape du prochain Tour de France. « Le Critérium sert souvent pour les leaders de répétition grandeur nature pour le Tour. Et là, nous avions une demande des équipes engagées d’avoir un contre-la-montre de cette distance, parce que pour beaucoup, le dernier de ce type qu’ils aient disputé remonte au Tour de Romandie, au mois d’avril », précise le vainqueur des Tour de France 1975 et 1977. Qui ajoute : « Nous ne voulions pas faire un chrono plus long, afin de ne pas créer des écarts irrémédiables. Sur un tel parcours, un Romain Bardet peut déjà perdre un peu plus d’une minute sur Froome ».

Bernard Thévenet © ASO

Le Français aura néanmoins l’occasion de rattraper cet éventuel retard à l’occasion du triptyque d’étapes de montagne qui achève la course. « L’arrivée à la Motte-Servolex (6ème étape sur 8), qui ne se trouve qu’à 15 km du sommet du Mont du Chat, peut permettre à un coureur qui aurait fait l’écart dans la montée de conserver son avance jusqu’au bout. Parce qu’il s’agit de la montée la plus dure de toute l’épreuve – avec le pourcentage moyen le plus élevé sur la plus longue distance – et parce que la descente est technique et qu’il n’y a au pied de celle-ci que 4 km de plat avant de franchir la ligne. Et bien sûr, le lendemain, l’arrivée à l’Alpe d’Huez va forcément faire des dégâts. D’autant qu’on y arrive de façon inédite, par le col de Sarenne, et il pourrait y avoir encore plus d’écarts que lorsqu’on escalade les 21 virages depuis Bourg d’Oisans. A condition toutefois que les leaders déclenchent la grande bagarre », juge Bernard Thévenet.

L’Alpe d’Huez avait accueilli une seule fois le Critérium du Dauphiné, en 2010 © Laurent Salino

Il restera encore aux favoris une dernière étape de montagne courte (115 km) mais intense, quasiment sans un km de plat, entre Albertville et le plateau de Solaison. Les coureurs escaladeront successivement les cols des Saisies, des Aravis et de la Colombière, avant la redoutable ascension finale du plateau de Solaison (11,3 km à 9,2 % de moyenne). « Je pense qu’on  y verra des attaques de loin pour ceux qui visent l’étape, alors que les leaders du classement général ne bougeront pas avant la montée finale. Cette dernière étape se résumera pour eux à une course de côte », prédit le directeur de l’épreuve.

Le podium 2016 du Critérium : le vainqueur Chris Froome entouré de Romain Bardet (2ème, à gauche) et Dan Martin © ASO

Quid des favoris ? Même s’il n’a pas encore beaucoup brillé cette saison, Christopher Froome (vainqueur du Critérium du Dauphiné en 2013,2015 et 2016) reste aux yeux de Bernard Thévenet le prétendant numéro un à sa propre succession, un tout petit peu au-dessus de Romain Bardet. Ensuite arrive Alberto Contador – « Il est un petit peu en-dessous cette année, mais ça reste un coureur que j’apprécie parce qu’il fait toujours le spectacle » – Richie Porte et Alejandro Valverde. « Même si Porte et Valverde font un très bon début de saison – victoire au Tour de Romandie et au Tour Down Under pour Porte, au Tour de Catalogne, au Tour du Pays Basque, à la Flèche Wallonne et à Liège-Bastogne-Liège pour Valverde – il y a presque toujours un jour où ils coincent lorsqu’on enchaîne plusieurs étapes de montagne d’affilée. »

Martin Léger

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