Révélé en fin de matinée, le parcours du Tour de France 2017 présente la particularité de visiter tous les massifs montagneux de l’Hexagone. Difficile donc de parler d’un « massif roi », même si leur placement en fin d’épreuve pourrait donner aux deux étapes qui s’achèvent dans les Hautes-Alpes (La Mûre-Serre Chevalier via le Galibier et Briançon – col de l’Izoard) une importance accrue dans la course au maillot jaune.

Avec seulement 23 cols et côtes ou arrivées classés en deuxième, première ou hors catégorie, le Tour de France 2017 s’annonce moins montagneux que les précédentes éditions (28 en 2016 et en 2013, 25 en 2014 et 2015). Le nombre d’arrivées en altitude est lui aussi en diminution, avec seulement trois étapes qui s’achèveront au sommet en 2017, contre quatre en 2016 et cinq en 2015. La Grande Boucle 2017 propose 9 étapes de plaines, 5 étapes dites accidentées (pour « baroudeurs-punchers »), 5 étapes de montagne et 2 contre-la-montre individuels.
Pour autant, à y regarder de plus près, on ne peut pas dire que la cuvée 2017 ne soit pas un tour pour les grimpeurs. Parce que si les montées répertoriées sont moins nombreuses, elles sont aussi plus dures, avec quelques portions extrêmes : jusqu’à 22% dans le col du Grand Colombier, 20 % dans la Planche des Belles Filles, 18 % dans le Mur de Péguère, 16 % dans la montée de Peyragudes, 15 % dans le Mont du Chat ou 14 % dans le col de Peyra Taillade. Et le Tour de France 2017 ne totalise que 36 km de contre-la-montre individuel : 13 km à Düsseldorf (Allemagne) lors de la première étape, et 23 km à Marseille, la veille de l’arrivée, avec des passages à 17 % dans les pentes de Notre-Dame-de-La-Garde !

Le col du Galibier sera l’un des juges de paix du Tour 2017 © Agence Zoom

Les difficultés montagneuses présentent la particularité d’être réparties dans les cinq massifs français (8 dans les Pyrénées, 6 dans les Alpes, 6 dans le Jura, 2 dans le Massif Central et 1 dans les Vosges) ce qui n’était plus arrivé depuis 1992 !  La première explication entre favoris interviendra lors de la cinquième étape (Vittel – La Planche des Belles Filles), avec l’ascension finale redoutable vers cette petite station de ski de Haute-Saône (5,9 km à 8,5 %, dont une portion de 200 m à 20 % dans le dernier kilomètre). Le deuxième gros rendez-vous interviendra lors de la 9ème étape entre Nantua et Chambéry, la plus difficile de ce Tour 2017 sur le papier, avec 4600 m de dénivelé positif cumulé et surtout l’ascension de trois cols hors-catégorie, parmi « les plus hérissés de France », selon Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France : l’inédit Col de La Biche (10,5 km à 9 %), le col du Grand Colombier par son versant le plus difficile (8,5 km à 9,9 %) et le terrible relais du Mont du Chat par Yenne (8,7 km à 10,3 %). Seul bémol : le sommet de cette dernière difficulté du jour se situe à 15 km de l’arrivée à Chambéry.

La carte du Tour de France 2017 © ASO

Les coureurs se dirigeront ensuite vers la Dordogne puis les Pyrénées, avec deux étapes au programme. La première (12ème étape) reliera Pau à Peyragudes, avec cinq ascensions répertoriées : col des Ares (7,4 km à 4,6 %), col de Menté (6,9 km à 8,1 %), Port de Balès (11,7 km à 7,7 %), col de Peyresourde (9,7 km à 7,8%) et la montée finale sur Peyragudes (2,4 km à 8,4 %, dont un passage de 200 m à 16 % dans l’ultime kilomètre). Le lendemain, la 13ème étape entre Saint-Girons et Foix sera la plus courte étape de montagne de l’histoire du Tour (seulement 100 km) mais proposera trois difficultés : le col de Latrape (5,6 km à 7,3 %), le col d’Agnès (10 km à 8,2 %) et le mur de Péguère (9,3 km à 7,9 %). Le sommet de ce dernier étant situé à 27 km de l’arrivée, il est cependant peu probable qu’on assiste à une grosse bagarre entre les favoris.

La 15ème étape, dans le Massif Central (Laissac – Séverac l’Eglise / Le Puy-en-Velay) comporte certes deux ascension répertoriées (Naves d’Aubrac – 8,9 km à 6,4 % – et le col de Peyra Taillade – 8,3 km à 7,4 %), mais beaucoup trop loin de l’arrivée pour influer sur le classement général.

© ASO

Comme en 2015 et en 2016, les Alpes seront abordées en dernier. De ce fait, elles devraient avoir une importance accrue dans la course au maillot jaune. La première des deux étapes alpestres (La Mûre – Serre Chevalier, 17ème étape) s’annonce corsée, avec 4700 m de dénivelé cumulé. Les coureurs escaladeront successivement le col d’Ornon (5,1 km à 6,7 %), le col de la Croix de Fer (24 km à 5,2 %), le col du Télégraphe (11,9 km à 7,1 %) et le col du Galibier depuis Valloire (17,7 km à 6,9 %), dont le sommet se trouve à 28 km de l’arrivée à Serre-Chevalier (La Salle-les-Alpes). La 18ème étape, l’ultime de montagne de cette édition 2017, reliera Briançon au sommet du col de l’Izoard, via Embrun, Barcelonnette, le col de Vars (9,3 km à 7,5 %) et l’arrivée à l’Izoard par son versant le plus prestigieux, celui de la Casse Déserte (14,1 km à 7,3 %).

Martin Léger

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